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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2020

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Zubin Mehta, avec la participation du violoncelliste Johannes Moser Ă  la Philharmonie de Berlin.

Étrange dualité

On a rarement entendu une telle dissociation entre l’intérêt des deux parties d’un concert des Berliner Philharmoniker avec une première au choix audacieux mais de réalisation rigide et une seconde avec la plus brillante Première Symphonie de Mahler entendue cette année. Aux commandes, Zubin Mehta trois semaines après son passage à Paris.
 

Philharmonie, Berlin
Le 30/09/2011
Olivier BRUNEL
 



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  • Il est aujourd’hui de bon ton et de bonne tactique de marketing de donner aux concerts comme aux enregistrements un thème, un titre. Celui-ci, neuvième de la saison des Berliner Philharmoniker Ă  la Philharmonie de Berlin, regroupe sans aucune justification sous le pompeux dĂ©nominateur commun (Natur-) Welt und Sehnsucht deux concepts bien germaniques intraduisibles en français, (au plus proche : monde de la nature et nostalgie) des Ĺ“uvres aussi Ă©loignĂ©es que Orchestermusik op. 9 de Gottfried von Einem, le Concerto pour violoncelle de Schumann et la Première Symphonie de Mahler.

    Probablement l’un des programmes les plus hétéroclites entendus par cette formation depuis de nombreuses années, certainement depuis les débuts de Zubin Mehta, aujourd’hui âgé de 75 ans, à la tête des Berliner Philharmoniker en 1961.

    L’Autrichien Gottfried von Einem (1918-1996) restera sans doute plus dans l’histoire comme le compositeur de la Mort de Danton d’après Büchner et de la Visite de la vieille dame d’après Dürrenmatt que par sa production symphonique. Créée à Vienne en 1948 par Karl Böhm et les Wiener Symphoniker, la courte Orchestermusik avait fait son apparition à Berlin en 1956.

    Œuvre talisman ou devoir de mémoire de l’orchestre, Von Einem ayant été répétiteur de cette phalange ? On ne peut pas dire que l’on ait été convaincu par le pouvoir de mise en oreille de ce morceau de facture traditionnelle (voire néo-classique), même et surtout pour l’immédiat après-guerre, de petit effectif orchestral et à la polyphonie si peu audacieuse.

    Le Concerto pour violoncelle de Schumann n’a pas le pouvoir de séduction que possède son Concerto pour piano en la mineur. Ni même la même texture orchestrale et il est de ce point de vue assez peu attrayant, même entre les mains d’une formation aussi prestigieuse. Tout repose sur la personnalité du soliste.

    Le violoncelliste d’origine germano-canadienne Johannes Moser, prix Tchaïkovski de Moscou en 2002, fait partie des solistes ayant le vent en poupe et semble présent ces dernières saisons au programme de toutes les grandes formations symphoniques qui comptent. C’étaient ses débuts avec les Berliner Philharmoniker.

    Considère-t-il le concerto de Schumann comme une œuvre baroque pour en donner une interprétation aussi peu enflammée et surtout avec une sonorité si peu généreuse ? Dans cette salle à l’acoustique magique légendaire, on n’a jamais à ce point tendu l’oreille pour entendre la ligne mélodique d’un instrument, surtout soliste.

    Ce type de sonorité et de phrasé à l’articulation hachée convenait mieux à l’Allemande de la Première Suite de Bach jouée en bis. On attendra une autre occasion pour se laisser convaincre par ce talent naissant.

    Après l’entracte, on se plonge avec délice dans le son et la chaleur retrouvée des Berliner avec la très romantique Première Symphonie de Gustav Mahler que Mehta a choisi de diriger dans sa version primitive avec en seconde position Blumine, le petit intermède pour trompette et formation restreinte que Mahler avait supprimé après les premières auditions de l’œuvre (alors nommée Titan) à Budapest puis Hambourg.

    On peut émettre quelques réserves sur la propension du chef indien à se complaire à détailler un peu trop, surtout dans les deux premiers mouvements, avec de petits ralentis ou effets un peu trop soulignés. Mais passé ce cap, la conduite de la symphonie est superlative, ménageant tous les effets de surprise placés par Mahler notamment au cours du trio recht gemächlich et du long final Stürmich bewegt.

    Quel orchestre aussi bien que les berlinois peut s’enorgueillir d’un rang de cuivres à la sonorité si belle et à la technique si infaillible ? Quel orchestre peut aujourd’hui peut faire preuve d’autant de cohérence et de transparence dans une œuvre à l’orchestration aussi touffue ? C’est certainement l’une des plus belles des symphonies de Mahler entendues au cours d’une année pourtant si riche dans ce répertoire.




    Philharmonie, Berlin
    Le 30/09/2011
    Olivier BRUNEL

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Zubin Mehta, avec la participation du violoncelliste Johannes Moser Ă  la Philharmonie de Berlin.
    Gottfried von Einem (1918-1996)
    Orchestermusik op. 9
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur op. 129
    Johannes Moser, violoncelle
    Gustav Mahler (1860-1911) :
    Symphonie n° 1 en ré majeur
    Berliner Philharmoniker
    direction : Zubin Mehta

     


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