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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Concert autour d’Olga Neuwirth dans le cadre du festival d’Automne au Palais Garnier, Paris.

Beaucoup de bruit pour rien
© Philippe Gontier

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est la question que l’on pouvait se poser face au spectacle original mais confus et prétentieux présenté par l’Autrichienne de quarante-trois ans Olga Neuwirth au Palais Garnier. Un véritable salmigondis que ces Kloing ! pour piano automatisé et Hommage à Klaus Nomi qui partent en tous sens.
 

Palais Garnier, Paris
Le 24/10/2011
Nicole DUAULT
 



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  • Depuis des années, la compositrice, en adepte de la performance, augmente, comme elle dit, sa musique avec du cinéma, de la vidéo, du dessin animé, de la guitare électrique. Elle fait également appel à la technique des DJ. Les deux pièces qu’elle vient de présenter au festival d’Automne poussent loin le mélange des genres, bouleversant nos habitudes avec des sonorités brutales, hybrides et souvent horripilantes.

    Chacun des concerts de l’Autrichienne attire la foule des grands jours, depuis qu’elle a eu le flair d’écrire une œuvre pour les 75 ans de Pierre Boulez. Déconcertant, le spectacle qui a rempli de curieux le Palais Garnier ressemble plutôt à une prestation de bas-bleu avec des références tous azimuts. Il a fallu supporter un fastidieux exposé filmé sur le premier automate musical mécanique, le piano Welte-Mignon : sur ses rouleaux, de grands noms comme Camille Saint-Saëns ou Richard Strauss ont gravé leurs œuvres.

    C’était l’entrée en matière de Kloing !, pièce où le valeureux pianiste Marino Formenti doit se battre contre un piano automatisé et désaccordé dont les touches sont programmées, le Bösendofer CEUS dernier cri. L’instrument transforme des sons – ici les relevés sismiques des profondeurs d’une grotte – grâce à l’informatique.

    Le pianiste esquisse le début du Concerto pour la main gauche de Ravel mais il doit lutter contre l’électronique envahissante et bruyante. Peine perdue, d’autant qu’une vidéo superpose des images de grands interprètes en concert ainsi qu’un dessin animé des farceurs Tom et Jerry. Il paraît que c’est humoristique !

    Pour son Hommage à Klaus Nomi (1944-1983), la compositrice a convoqué ses souvenirs d’enfance. Elle combine avec sa musique des sons pop-rock de batterie et de guitare électrique mêlés aux airs extravagants qu’interprétait Nomi. Dans ce melting-pot, on reconnaît Purcell réorchestré ainsi que des mélodies qu’Olga Neuwirth a écrites à partir de Lewis Caroll, aussi bien Alice au pays des merveilles que la Chasse au snark.

    Le contre-ténor Andrew Watts déjoue tous les pièges vocaux de cette musique redoutable. Les airs sont accompagnés d’une vidéo digne d’un documentaire bas de gamme et scandés par l’image d’un personnage, héros du snark, devenu ici un insupportable capitaine qui ressemble à Haddock et agite sa cloche à chaque épisode. Tout cela amplifié, à outrance comme un concert rock, devrait être dévastateur de non-sens et de rire.

    C’est beaucoup de bruit pour rien, et d’autant plus regrettable qu’il y a une semaine, Olga Neuwirth avait créé à la Cité de la musique un angoissant Concerto pour alto joué par Antoine Tamestit et l’Orchestre du Conservatoire de Paris sous la baguette de Patrick Davin. C’est dans cette pièce savamment déconstruite que réside son vrai talent.




    Palais Garnier, Paris
    Le 24/10/2011
    Nicole DUAULT

    Concert autour d’Olga Neuwirth dans le cadre du festival d’Automne au Palais Garnier, Paris.
    Olga Neuwirth (*1968)
    Kloing !
    Marino Formenti, pianiste
    réalisation sonore et informatique : Peter Plessas – IEM Graz
    Hommage à Klaus Nomi – Songplay in Nine Fits
    Andrew Watts, contre-ténor
    création images et vidéo en direct : Lillevan
    réalisation sonore : Paul Jeukendrup
    Ensemble Musikfabrik
    direction : Gerry Cornelius

     


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