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CRITIQUES DE CONCERTS 19 décembre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Dang Thai Son à la salle Pleyel, Paris.

Fantastique et galvanisant
© Mathias Bothor

Transcendés par leur chef dans la Symphonie fantastique, les musiciens de l’Orchestre de Paris ont refusé de se lever pour mieux l’applaudir. Paavo Järvi fait feu de tout bois dans Berlioz, après des Offrandes oubliées de Messiaen un peu âpres et le Concerto en la mineur de Schumann sous les doigts incohérents de Dang Thai Son.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 09/11/2011
Claude HELLEU
 



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  • Méditation symphonique en trois volets titrés sur de sonnets du compositeur, les Offrandes oubliées d’Olivier Messiaen par l’Orchestre de Paris répondent à l’intention de ce triptyque, même si la partition réclame une ferveur plus exigeante.

    La gravité douloureuse de la Croix aux cordes et vents pourrait l’être davantage avec l’homogénéité des violons et altos. La soudaineté du Péché saisit : « Poussés par la folie et le dard du serpent… », le grand orchestre suit la course effrénée des pécheurs vers l’abîme, dominé par l’éclat de cuivres haletants.

    Et l’émotion qui habite la paix de l’Eucharistie compense là aussi le manque de velouté des cordes seules, jusqu’à leur pianissimo disparu dans le silence religieux où nous a conduit Paavo Järvi.

    Célèbre pour ses interprétations de Chopin, Dang Thai Son n’a pas l’air en forme ce soir : en bis, sa Mazurka est à peine mieux maîtrisée que le Concerto de Schumann qui nous a menés d’étonnements en surprises, mauvaises hélas pour certaines.

    À quoi bon des accords clairs, une jolie sonorité quand un sens de la mesure imprévu et imprévisible multiplie accélérations frénétiques et ralentissements, pour ne pas dire alanguissements dans son duo avec la clarinette, où le pianiste s’écoute jouer des notes privilégiées au hasard ?

    On lui pardonnerait qu’il y en ait parfois des fausses si l’ennui ne s’installait, conforté par une cadence appliquée et brouillonne ; si l’Andantino grazioso n’était maniéré et soporifique dès son ouverture, au prétexte de son esprit chambriste, si le Finale ne fonçait inconsidérément comme pour rattraper le temps perdu.

    Les notes défilent, les arpèges se ressemblent, les accords sont identiques, mais la partition ne laissant plus place à la moindre initiative préserve enfin Dang Thai Son de ses foucades. Incohérence et frénésie disparaissent dans la vitalité du dernier mouvement.

    « La musique est l’art d’exprimer des sentiments par l’intensité des émotions », disait Charles Munch. Cette citation du fondateur de l’Orchestre de Paris, qui avait mis la Symphonie fantastique de Berlioz à son programme inaugural en 1967, mérite d’être rapportée après la récente interprétation de cette œuvre par Paavo Järvi.

    Que celui-ci obtienne un engagement de plus en plus passionné de ses musiciens mérite leur enthousiasme et celui des auditeurs, emportés dans les mille agitations de l’Idée fixe développée, répétée au cours des scènes amoureuses de l’œuvre imagée au livret écrit par le compositeur.

    Les premiers phrasés quelque peu soufflés, les accents excessifs, les pupitres peu distincts, premiers violons sans guère de couleur, contrebasses sans ampleur, peinent à trouver l’équilibre des plans sonores dans les Rêveries du premier mouvement.

    La valse du Bal manque de légèreté. Mais la magie apparaît dans le duo cor anglais-hautbois au début de la Scène aux champs. Dialogues des solistes, premier violon lumineux, bois et percussion chaleureux mais contrebasses toujours discrètes. Le climat s’alourdit, la tension monte, la percussion gronde, la clarinette s’inquiète.

    Et la Marche au supplice entraîne les pupitres complices derrière leur chef dans un drame intensément vécu. Ses appuis sur la barre de mesure spectaculaires, Järvi arrache le son à l’orchestre. Les cuivres règnent, inquiétants, dans un Songe d’une nuit du sabbat qui nous tient en haleine.

    Fugue hallucinée, cordes soudées par l’intensité de la direction, Dies irae parodié, vision infernale : l’orchestre galvanisé mérite le triomphe qui lui répond.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 09/11/2011
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Dang Thai Son à la salle Pleyel, Paris.
    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Les Offrandes oubliées, méditation symphonique
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour piano en la mineur op. 54
    Dang Thai Son, piano
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Symphonie fantastique, épisode de la vie d’un artiste op. 14
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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