altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Première au Théâtre des Champs-Élysées de la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par William Kentridge, sous la direction de Jean-Christophe Spinosi.

La Flûte perdue
© Alvaro Yanez

Si la défection de Laurent Pelly a permis au TCE de présenter enfin à Paris la Flûte enchantée mise en scène par William Kentridge, la direction de Jean-Christophe Spinosi reste en deçà du langage graphique foisonnant de l’artiste sud-africain, comme privée de cet élan ludique que le chef imprimait au dernier opéra de Mozart en 2005 en version de concert.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/12/2011
Mehdi MAHDAVI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Tristan entre en régression

  • Grande musique,
    grands interprètes

  • Une leçon de piano

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • C’est donc à la faveur du retrait de Laurent Pelly que Paris aura vu la Flûte enchantée à travers la camera obscura de William Kentridge, merveille d’invention qui depuis sa création à la Monnaie de Bruxelles en 2005 a fait le tour du monde. Exemple rare d’appropriation des codes du genre lyrique, en même temps que de l’histoire de la représentation d’une œuvre, où la singularité de l’artiste et de son univers graphique s’exprime à chaque instant.

    C’est une scène baroque, perspectives et toiles peintes, revivifiée par les techniques du film d’animation. Une féérie, du cinéma muet, du théâtre d’ombres. Et qui ne néglige pas, sans didactisme aucun, de déjouer le manichéisme maçonnique sur lequel ont achoppé tant de metteurs en scène – et qui est une des clés de l’ouvrage, du moins de son mystérieux équilibre – en présentant Sarastro comme le parangon d’une civilisation persuadée de sa supériorité, à travers les bienveillants méfaits du colonialisme.

    Et pourtant quelque chose s’est perdu, qui entrave notre souvenir. Si le pianoforte commente toujours les dialogues parlés, ainsi que René Jacobs l’avait imaginé à la création de la production, les bruitages sont moins fréquents, moins judicieux aussi. Il manque en somme un pendant musical à cette imagerie foisonnante.

    Jean-Christophe Spinosi aurait certes pu être l’homme de la situation, mais quelque chose s’est perdu, aussi, dans son rapport ludique à l’ultime opéra de Mozart, sur lequel il avait fait souffler un vent de fraîcheur revivifiant en version de concert, voici six ans. Peu vigoureux dans ses attaques, l’Ensemble Matheus peine à emplir l’acoustique du Théâtre des Champs-Élysées de ses sonorités étiques. Et la direction se perd en effets agogiques, qui engendrent plus d’une incertitude rythmique. Dès lors le discours se distend, et le théâtre s’absente. Reste à glaner, ici l’évidence d’un phrasé, là le charme d’une couleur.

    Le plateau vocal ne tient pas non plus ses promesses. Le chœur se cherche une cohésion, et les trois Garçons de la Maîtrise de Radio France ne sont pas, loin s’en faut, ceux du Tölzer Knabenchor – question d’esprit, plus que de justesse ou de maturité musicale. En Monostatos, Steven Cole a la tête, les mimiques de l’emploi, mais la voix n’est plus qu’un souvenir. Et plutôt que de gorger les notes de Sarastro de son timbre basaltique, Ain Anger devrait prendre exemple sur l’Orateur de Robert Gleadow quant à la culture de la ligne.

    Reine de la Nuit sans caractère ni projection, Jeannette Vecchione exhibe un suraigu facile, au point d’en rajouter dans son deuxième air, non sans mauvais goût. Plus vocal d’abord que théâtral, le Papageno idiomatique de Markus Werba finit par tirer une épingle de son jeu au II, quand Topi Lehtipuu déçoit en Tamino. Musicien et poète pourtant, dont le ténor précieux se crispe dès les éclats de Zu Hilfe !

    Sandrine Piau, dont Pamina est le meilleur emploi de théâtre peut-être, n’en est que plus évidente, tutoyant, selon sa propre expression, la racine de l’émotion. Et puis deux perles tout de même. La Première Dame de Claire Debono, du galbe et du tranchant dans le timbre, et du tempérament à revendre. Emmanuelle De Negri surtout, dont le charme et la pulpe mérite bien mieux que le numéro d’actrice, certes gratifiant, de Papagena.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/12/2011
    Mehdi MAHDAVI

    Première au Théâtre des Champs-Élysées de la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par William Kentridge, sous la direction de Jean-Christophe Spinosi.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes K. 620 (1791)
    Livret d’Emanuel Schikaneder

    Chœur du Théâtre des Champs-Élysées
    Ensemble Matheus
    direction : Jean-Christophe Spinosi
    mise en scène, scénographie, vidéo : William Kentridge
    metteur en scène associé : Luc de Wit
    co-scénographe : Sabine Theunissen
    costumes : Greta Goiris
    éclairages : Jennifer Tipton

    Avec :
    Ain Anger (Sarastro), Topi Lehtipuu (Tamino), Robert Gleadow (Sprecher), Jeannette Vecchione (Königin der Nacht), Sandrine Piau (Pamina), Claire Debono (Erste Dame), Juliette Mars (Zweite Dame), Élodie Méchain (Dritte Dame), Solistes de la Maîtrise de Radio France (Drei Knaben), Emmanuelle de Negri (Papagena), Markus Werba (Papageno), Steven Cole (Monostatos), Alexander Swan (Erster geharnischte Mann / Zweiter Priester), Renaud Delaigue (Zweiter geharnischte Mann / Erster Priester).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com