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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Vladimir Ashkenazy avec la participation de Patricia Kopatchinskaja à la salle Pleyel, Paris.

Élans et fête

Vladimir Ashkenazy a galvanisé le Philharmonique de Radio France dans un programme vibrant de vitalité avec trois extraits de la Suite de l’amour des trois oranges de Prokofiev, le Don Juan de Strauss et le Bacchus et Ariane d’Albert Roussel, programme où la violoniste Patricia Kopatchinskaja a quelque peu disparu dans le Deuxième Concerto de Prokofiev
 

Salle Pleyel, Paris
Le 16/12/2011
Claude HELLEU
 



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  • Il arrive sur scène en courant, toujours aussi juvénile avec son col roulé blanc, se reprend, marche et monte sur l’estrade, se penche en avant, et la fête commence. Vladimir Ashkenazy irradie la musique de tout son corps et dirige avec lui. L’Orchestre philharmonique de Radio France suit le chef moins soucieux de sa battue que de galvaniser les musiciens dont il est partie prenante.

    D’où le crescendo de la soirée vers l’apogée d’un Bacchus et Ariane de Roussel transcendant. L’entrain, la chaleur de tous les pupitres s’épanouissent dans la rigueur des rythmes serrés, arrachés par un Ashkenazy alors immobile. Tous vents debout, pourrait-on dire, ceux-ci ont la partie belle.

    Superbe intervention des violoncelles au cœur des effets percussifs. À l’irrésistible danse des harmonies, l’orchestre donne un éclat enthousiasmant. La fête célèbre le bonheur, le bonheur est à la fête, nous sommes tous entraînés vers une Bacchanale à l’ivresse contagieuse.

    Comme une voix a besoin de se chauffer, celle des interprètes de trois extraits de la Suite de l’amour des trois oranges de Serge Prokofiev en ouverture de programme – Marche jubilatoire, Scherzo tourbillonnant, le Prince et la Princesse romantiques – ne l’était pas suffisamment.

    Si l’humour, la tendresse, la vitalité, le lyrisme du séduisant divertissement ne lui ont pas fait défaut, la bonne humeur en était quelque peu brouillonne, principalement aux archets, dominés par des cuivres percutants.

    De Prokofiev à l’honneur, le Concerto pour violon n° 2 s’ensuit. Patricia Kopatchinskaja en est la soliste. Pieds nus sous sa longue robe, bien ancrée sur le sol, penchée en avant la plupart du temps mais prolongeant en grands mouvements des intentions peu audibles, elle compense visuellement une petite sonorité et la platitude de son expressivité, souvent disparue dans l’orchestre.

    Des phrasés à soufflets, des lenteurs lassantes, avec un gros pic d’ennui dans l’Andante assai, des gestes amplifiés : aussi bien la vigueur du premier mouvement que la lumière du deuxième manquent à l’appel. En chambriste patenté, Vladimir Ashkenazy la soutient de son mieux. Un moment de sympathique pagaille passe dans la joie de jouer ce concerto aux mille séductions harmoniques et rythmiques.

    Celles-ci triomphent enfin dans l’Allegro ben marcato, mené de main de maître en totale complicité du chef et du compositeur russes, au grand plaisir des interprètes, Orchestre philharmonique de Radio France et Patricia Kopatchinskaja confondus. Le tempérament physique de celle-ci se révèle ensuite sous son meilleur jour dans deux bis pratiquement mimés, œuvres courtes et originales au titre inconnu.

    Entre les œuvres de Prokofiev et Bacchus et Ariane, le Don Juan de Richard Strauss ressuscite sous la baguette du chef, dont on ne saurait vraiment dire qu’elle bat la mesure mais plutôt qu’elle entraîne et dirige irrésistiblement. Guerrier, fougueux dès son apparition, le héros mythique vit passionnément du début à la fin du poème symphonique.

    Décidément excellent dans la passion et ses élans, Ashkenazy dynamise l’orchestre autant qu’il met en valeur ses solistes. Premier violon élégiaque, bois chantants éclairent la fureur de la partition. Le silence final habité d’humanité a l’évidence d’une vérité : celle de la musique quand on la sert avec autant d’élan, de spontanéité et d’intensité. Et de simplicité, peut-on ajouter.

    Celles de Vladimir Ashkenazy n’ont pas d’égale. L’immense pianiste est un grand chef qui semble vivre la musique comme il respire et en témoigne tout naturellement.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 16/12/2011
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Vladimir Ashkenazy avec la participation de Patricia Kopatchinskaja à la salle Pleyel, Paris.
    Sergei Prokofiev (1893-1953)
    Suite de l’Amour des trois oranges
    Concerto pour violon n° 2 en sol mineur
    Patricia Kopatchinskaja, violon
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Juan
    Albert Roussel (1869-1937)
    Bacchus et Ariane, suite d’orchestre
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Vladimir Ashkenazy

     


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