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CRITIQUES DE CONCERTS 28 septembre 2020

Propheten de Kurt Weill au Festival de Radio-France, Montpellier.

La camarde, sa vie ses oeuvres

Voici un programme qui, une fois encore à Montpellier, mélange le connu à l'inconnu avec comme fil conducteur deux illustrations du thème de la mort.
 

Opéra, Montpellier
Le 20/07/2000
Olivier BERNAGER
 



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  • Propheten (" Les proph√®tes ") est la quatri√®me partie d'un drame biblique, Der Weg der Verheissung (" La voie de l'esp√©rance ") qui occupa Kurt Weill pendant plusieurs ann√©es √† partir de 1934. Celui-ci d√©crit une communaut√© religieuse juive menac√©e de pogrom qui trouve r√©confort dans le r√©cit par le Rabbin des actes des Proph√®tes juifs, Isa√Įe et J√©r√©mie. Cette partition qui signe le retour de Kurt Weill vers le juda√Įsme au moment m√™me du d√©but des √©v√®nements tragiques que l'on sait, est dans la droite ligne des grands oratorios fran√ßais des ann√©es trente, comme Le Roi David ou Jeanne au b√Ľcher d'Arthur Honegger. Kurt Weill y m√©lange l'h√©ro√Įsme du peuple juif √† diff√©rents moments de son histoire, au nationalisme sioniste qui aboutira en 1948 √† la naissance de l'Etat h√©breu. Le prologue de Propheten est ainsi une instrumentation habile de l'hymne isra√©lien, la Hatikvah (l'espoir), lui-m√™me une version de la Moldau de Bedrich Smetana. Cette perspective messianique selon laquelle Isra√ęl est l'aboutissement de la parole des proph√®tes est un acte de reconnaissance du sionisme pour un compositeur dont la pens√©e a toujours oscill√© entre un id√©al de justice sociale incarn√©e par le socialisme ainsi que l'exprime la parabole de son op√©ra Mahagonny, et une foi inalt√©rable en l'individu comme source de toute libert√© comme le chante Lady in the Dark. Entre l'Allemagne et le nouveau monde, entre le monde chr√©tien et le monde juif, Kurt Weill a anticip√© dans cette partition le martyre des juifs d'Europe. Avoir sorti de l'oubli Propheten appara√ģt dans ce contexte comme un parmi tant d'actes destin√©s √† perp√©tuer la m√©moire.
    L'oeuvre est basée sur un procédé pédagogique qui, depuis Jean-Sébastien Bach, a prouvé son efficacité : le récitant. Lambert Wilson ici était parfait : ni trop larmoyant, ni trop sec. Le Choeur Letton donnait une leçon de clarté et d'engagement, tout comme la direction de Friedmann Layer. À l'image du peuple du Livre, on entendait dans la salle restée allumée le bruissement des pages du livret.
    Tr√®s √©trangement, la version Franz Peyer choisie pour l'ex√©cution du Requiem de Mozart donn√© en seconde partie, sonnait petit. Non que l'orchestre f√Ľt insuffisant o√Ļ que l'interpr√©tation manqu√Ęt de foi, simplement, les pauvres mortels que sont les m√©lomanes en avaient peut-√™tre eu assez avec la premi√®re oeuvre !




    Opéra, Montpellier
    Le 20/07/2000
    Olivier BERNAGER

    Propheten de Kurt Weill au Festival de Radio-France, Montpellier.
    Kurt Weill : Propheten
    D'après un texte allemand basé sur les Saintes Ecritures, de Franz Werfel
    Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem
    Peter J√ľrgen Schmidt, Piotr Beczala, Carsten Sus, t√©nors
    Monte Peterson, Ralf Lukas, barytons
    Ulrike Helzel, mezzo-soprano
    Lambert Wilson, récitant
    Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
    Choeur de la Radio Lettone
    Friedemann Layer, direction

     


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