altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 02 juillet 2020

Propheten de Kurt Weill au Festival de Radio-France, Montpellier.

La camarde, sa vie ses oeuvres

Voici un programme qui, une fois encore à Montpellier, mélange le connu à l'inconnu avec comme fil conducteur deux illustrations du thème de la mort.
 

Opéra, Montpellier
Le 20/07/2000
Olivier BERNAGER
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Des tĂ©nèbres Ă  la lumière

  • RĂ©chauffement climatique

  • Pas si muet

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Propheten (" Les prophètes ") est la quatrième partie d'un drame biblique, Der Weg der Verheissung (" La voie de l'espĂ©rance ") qui occupa Kurt Weill pendant plusieurs annĂ©es Ă  partir de 1934. Celui-ci dĂ©crit une communautĂ© religieuse juive menacĂ©e de pogrom qui trouve rĂ©confort dans le rĂ©cit par le Rabbin des actes des Prophètes juifs, IsaĂŻe et JĂ©rĂ©mie. Cette partition qui signe le retour de Kurt Weill vers le judaĂŻsme au moment mĂŞme du dĂ©but des Ă©vènements tragiques que l'on sait, est dans la droite ligne des grands oratorios français des annĂ©es trente, comme Le Roi David ou Jeanne au bĂ»cher d'Arthur Honegger. Kurt Weill y mĂ©lange l'hĂ©roĂŻsme du peuple juif Ă  diffĂ©rents moments de son histoire, au nationalisme sioniste qui aboutira en 1948 Ă  la naissance de l'Etat hĂ©breu. Le prologue de Propheten est ainsi une instrumentation habile de l'hymne israĂ©lien, la Hatikvah (l'espoir), lui-mĂŞme une version de la Moldau de Bedrich Smetana. Cette perspective messianique selon laquelle IsraĂ«l est l'aboutissement de la parole des prophètes est un acte de reconnaissance du sionisme pour un compositeur dont la pensĂ©e a toujours oscillĂ© entre un idĂ©al de justice sociale incarnĂ©e par le socialisme ainsi que l'exprime la parabole de son opĂ©ra Mahagonny, et une foi inaltĂ©rable en l'individu comme source de toute libertĂ© comme le chante Lady in the Dark. Entre l'Allemagne et le nouveau monde, entre le monde chrĂ©tien et le monde juif, Kurt Weill a anticipĂ© dans cette partition le martyre des juifs d'Europe. Avoir sorti de l'oubli Propheten apparaĂ®t dans ce contexte comme un parmi tant d'actes destinĂ©s Ă  perpĂ©tuer la mĂ©moire.
    L'oeuvre est basée sur un procédé pédagogique qui, depuis Jean-Sébastien Bach, a prouvé son efficacité : le récitant. Lambert Wilson ici était parfait : ni trop larmoyant, ni trop sec. Le Choeur Letton donnait une leçon de clarté et d'engagement, tout comme la direction de Friedmann Layer. À l'image du peuple du Livre, on entendait dans la salle restée allumée le bruissement des pages du livret.
    Très étrangement, la version Franz Peyer choisie pour l'exécution du Requiem de Mozart donné en seconde partie, sonnait petit. Non que l'orchestre fût insuffisant où que l'interprétation manquât de foi, simplement, les pauvres mortels que sont les mélomanes en avaient peut-être eu assez avec la première oeuvre !




    Opéra, Montpellier
    Le 20/07/2000
    Olivier BERNAGER

    Propheten de Kurt Weill au Festival de Radio-France, Montpellier.
    Kurt Weill : Propheten
    D'après un texte allemand basé sur les Saintes Ecritures, de Franz Werfel
    Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem
    Peter Jürgen Schmidt, Piotr Beczala, Carsten Sus, ténors
    Monte Peterson, Ralf Lukas, barytons
    Ulrike Helzel, mezzo-soprano
    Lambert Wilson, récitant
    Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
    Choeur de la Radio Lettone
    Friedemann Layer, direction

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com