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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de James Conlon, avec la participation de la soprano Patricia Petibon et du violoniste Gil Shaham à la salle Pleyel, Paris.

Trio gagnant

Un violoniste émérite, Gil Shaham, une soprano de talent, Patricia Petibon, et le maestro James Conlon étaient réunis pour un concert exceptionnel de l’Orchestre de Paris sous le thème de la modernité telle qu’elle surgit à chaque époque, avec cette fois à Pleyel des œuvres de Samuel Barber, Claude Debussy et Francis Poulenc.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 14/11/2011
Nicole DUAULT
 



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  • Voilà trente-deux ans, en février 1980, James Conlon faisait ses débuts à la tête de l’Orchestre de Paris. Revoici le chef qui, dans un parcours sans esbroufe, est sans doute l’un des meilleurs artisans de la baguette de la planète. Aujourd’hui, il est directeur du Los Angeles Opera.

    Pendant neuf ans, de 1995 à 2004, James Conlon a dirigé l’orchestre de la Grande boutique, comme Verdi dénommait l’Opéra de Paris. Il a réussi à dompter puis à séduire les musiciens avant d’imposer ses choix. Depuis son départ de l’Opéra, il est revenu diriger à plusieurs reprises dans la capitale avec le National, mais également avec l’Orchestre de l’Opéra, pour une série de représentations de Don Carlo de Verdi, son compositeur fétiche.

    À la tête de l’Orchestre de Paris, le chef américain a choisi un programme exemplaire de diversité et d’intensité. Deux pièces de son compatriote Samuel Barber en entrée. L’ouverture de The School for Scandal (1933) est l’une des premières œuvres pour orchestre du compositeur : c’est un feu d’artifice de sonorités lyriques, souvent frénétiques. La formation parisienne n’est guère habituée à cette musique. Elle s’en sort un peu pataude.

    Elle est bien plus intéressante dans l’autre pièce de Barber, ce bouquet de fleurs délicates comme on a qualifié le Concerto pour violon créé puis révisé entre 1939 et 1948. Le violoniste israélien Gil Shaham se fond dans cette mélodie romantique, d’une écriture aux épanchements solaires qui lui vont si bien. Il est radieux. Acclamé comme à chacun de ses concerts à Pleyel, il donne en bis la Gavotte en rondeau de Bach.

    Changement de ton et d’atmosphère ensuite avec les Nocturnes de Debussy. Conlon est un passionné de musique française et l’Orchestre de Paris, qui n’a pas joué ce triptyque depuis des années, se love, se moule dans la marche lente des Nuages, danse dans l’éclat de ses vents lors de réjouissantes Fêtes. Le troisième volet, Sirènes, est rarement interprété car il nécessite un petit chœur de femmes.

    Les sirènes sont ici une soixantaine de choristes du Chœur de l’Orchestre de Paris. Ces Nocturnes se dissolvent en un silence troublant. Dans le programme, la musicologue Hélène Cao rapporte un propos de Debussy à Pierre Louÿs : « Finir une œuvre, n’est-ce pas comme la mort de quelqu’un qu’on aime ? » Inachèvement ?

    C’est plutôt la résurrection qui vient ensuite avec le vibrant Gloria de Poulenc. Œuvre pimpante, prenante et jubilatoire, derrière ses clins-d’œil à Stravinski, au jazz, voire à l’accordéon, Poulenc laisse sourdre un brin de mélancolie. Vêtue d’une longue robe noire, cheveux roux tirés en arrière, Patricia Petibon n’est plus la fofolle qu’on connaît si souvent.

    Certes, elle donne à cette pièce en apparence sacrée une dimension opératique. Conlon, l’orchestre et le chœur – remarquablement préparé par son nouveau chef Lionel Sow – sont dans la même veine lyrique. C’est superbe. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 14/11/2011
    Nicole DUAULT

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de James Conlon, avec la participation de la soprano Patricia Petibon et du violoniste Gil Shaham à la salle Pleyel, Paris.
    Samuel Barber (1910-1981)
    The School for Scandal, ouverture
    Concerto pour violon
    Gil Shaham, violon
    Claude Debussy (1862-1918)
    Nocturnes
    Francis Poulenc (1899-1963)
    Gloria
    Patricia Petibon, soprano
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Orchestre de Paris
    direction : James Conlon

     


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