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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Récital du ténor Vittorio Grigolo dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Le cinéma Grigolo
© Sony

Ténor encore jeune et très en vogue, Vittorio Grigolo partait à la conquête du public parisien dans un récital des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées. Sa voix seule aurait suffi à lui apporter la victoire, sans toute une agitation scénique excessive, inutile, frisant le ridicule. Apparition moyennement convaincante de la soprano Carmen Giannattasio.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/01/2012
Gérard MANNONI
 



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  • Il est vrai qu’au fil des années et des apparitions des plus grands ténors du moment (et ils sont nombreux), il s’est institué entre ces artistes d’exception et le public des Grandes Voix un rapport particulier. C’est une sorte de convivialité, d’échange chaleureux entre un auditoire avide de grands aigus bien balancés, qui aime qu’on lui parle, qu’on lui manifeste amitié, reconnaissance, affection. Rien à dire contre cela.

    Alagna est le grand maître en la matière, inégalable dans ces échanges spontanés dont il domine la technique avec un évident plaisir et une gentillesse fondamentale. Même Juan Diego Flórez se risque maintenant à parler de ses maux d’estomac et l’on a vu Calleja et Tézier se lancer des duos hardis et savoureux.

    Pour autant, Vittorio Grigolo, nouveau venu au club, n’a pas raison d’en faire tant et tant pour acquérir les bonnes grâces d’une salle de toute évidence conquise d’avance. Il a bien assez de qualités vocales et musicales pour qu’il lui soit nécessaire de se transformer en crooner arpentant la scène, ôtant sa veste – attendait presque aussi une chemise jetée aux premiers rangs qui avaient déjà bénéficié du cadeau d’une partition –, s’agitant sans cesse.

    Révérences de danseuse étoile, saluts genoux en terre, longs discours, apartés avec le chef, ravissante blonde au demeurant, tout cela est un cinéma superflu quand on a le physique et la voix de soleil qu’il possède. Mince comme un fil, belle gueule, timbre chaleureux, émission aisée quand elle n’est pas un peu serrée, a trente-cinq ans, Grigolo a tous les atouts et les plus grands scènes internationales le réclament, ce qui est justice.

    La première partie du concert fut donc vocalement ce qu’on pouvait en attendre. Passant avec aisance du bel canto de Donizetti au Corsaire de Verdi et au vérisme puissant de Puccini (Duc D’albe, Élixir d’amour, Tosca et Bohème), il a fait rayonner une voix d’exception aux couleurs chaleureuses, capable non seulement d’un solide puissance, mais de sons piano qui, sans égaler ce qu’un Kaufmann est le seul à réussir aujourd’hui, soutiennent d’intelligentes intentions d’interprétation.

    Et puis, malheureusement, sans doute pour participer à la communication de son dernier CD, il consacra la seconde partie à tout une série de chansons italiennes dont l’accumulation engendra un ennui irrépressible, même si une grande partie du public, et tant mieux, prit à l’évidence un grand plaisir à ces tonnes de miel vocal et à la gestuelle, y compris quelques secondes de zapateado, les accompagnant.

    Un ou deux airs de ce type en bis, admettons. Ou bien alors, on annonce la couleur totalement comme parfois Alagna ou Villazón et on ne chante que cela. Mais un tel contraste n’est bénéfique ni à ces musiques ni au chanteur.

    Vittorio Grigolo avait aussi choisi d’inviter une de ses partenaires à participer au concert. Carmen Giannattasio a une voix, c’est incontestable. Elle est jolie. Pourtant sa Mimi n’est pas encore à la hauteur de ce que dispense son partenaire, ni techniquement, ni musicalement. De même, on ne peut guère dire que la direction orchestrale de la canadienne Keri-Lynn Wilson, elle aussi taille mannequin, ait été une révélation.

    Une drôle de soirée, donc, avec de vrais moments de joie lyrique et aussi pas mal d’agacement et de lassitude. Il est bien de vouloir dépoussiérer le mythe du ténor monstre sacré inabordable, mais encore faut-il avoir l’art et la manière, comme le savent fort bien les principaux illustres collègues de Vittorio Grigolo.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/01/2012
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Vittorio Grigolo dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Donizetti, Verdi, Puccini et chansons de Leoncavallo, De Curtis, Rossini, Di Lazzaro, Rascel, Falvo, D’Annibale, Cardillo, Dalla
    Vittorio Grigolo, ténor
    Carmen Giannattasio, soprano
    Orchestre Lamoureux
    direction : Keri-Lynn Wilson

     


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