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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Récital de la pianiste Zhu Xiao-Mei au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'essence de la musique

Loin du tapage médiatique si répandu aujourd’hui, la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei poursuit une vaste carrière internationale. Professeur au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle vient de donner au Théâtre des Champs-Élysées un récital riche de qualités précieuses. Avec un beau succès.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/01/2012
Gérard MANNONI
 



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  • Née à Shangaï, victime comme tant d’autres de la Révolution culturelle maoïste, mais fort heureusement rescapée de cette honteuse époque, émigrée d’abord aux États-Unis puis fixée en France depuis maintenant un quart de siècle, Zhu Xiao-Mei est une personnalité particulièrement attachante. Elle est discrète, presque effacée, mais ses qualités d’exceptionnelle musicienne se sont imposées dans le monde entier, on voudrait dire presque malgré elle.

    Le très beau récital qu’elle vient de donner dans le cadre de Piano aux Champs-Élysées en témoigne. Elle a toujours manifesté une passion pour Bach, dont elle a enregistré l’intégrale du Clavier bien tempéré, mais cette soirée est nettement tournée vers le romantisme.

    De Mozart, la Fantaisie en ut mineur KV 396, l’Adagio en si mineur KV 540 et même les plus ludiques Douze variations en ut majeur sur Ah ! vous dirai-je maman KV 265 voulaient à la fois montrer certains aspects particulièrement nostalgiques et pudiquement angoissés du compositeur, tandis que les variations annonçaient les images d’enfance des Scènes d’enfants de Schumann qui venaient ensuite.

    Délicatesse du toucher, élégance du phrasé, maîtrise du temps exempte de toute précipitation, recherche de tout ce qui peut transmettre ces aspect intimes de l’âme que Mozart a choisi d’exprimer ici dans un langage bien éloigné des flamboyantes splendeurs de ses opéras ou du lyrisme de ses concertos. La nature même du rapport au clavier, de la frappe de la touche s’est révélée d’une adéquation idéale.

    Avec les Scènes d’enfants de Schumann, le romantisme et ses rêves, ses fantasmes et ses délicieuses angoisses sont naturellement présents de manière plus franche encore. Beaucoup d’intelligence et de finesse ici aussi pour transmettre avec une belle économie de moyens les très subtiles nuances de cet univers impalpable, finalement très abstrait malgré les titres si descriptifs de ses pièces.

    En deuxième partie, comme Stephen Kovacevich la veille salle Pleyel, Zhu Xiao-Mei jouait, précédée de l’Allegretto en ut mineur D915, la grande Sonate en sib majeur D960 de Schubert. La pianiste explique ce choix par une volonté de mettre en opposition l’enfance contée par Schumann et la fin de la vie vécue par Schubert dont cette sonate est l’une des œuvres ultimes.

    Avec des moyens différents de ceux de Kovacevich mais chargés aussi d’une très vaste expérience humaine, la pianiste met en exergue les multiples contrastes d’humeur des deux premiers mouvements, avec leurs tentatives d’évasion vers un rêve réconfortant vite bridées par des élans de révolte et même de terreur et ce climat si différent des deux derniers mouvements tellement ludiques, optimistes, évacuant dans l’instant les quelques pensées plus sombres, plus négatives qui affleurent sournoisement de temps à autre.

    Comme la veille salle Pleyel, on reste profondément touché par la pratique d’une musique aussi purifiée, aussi authentique.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/01/2012
    Gérard MANNONI

    Récital de la pianiste Zhu Xiao-Mei au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Fantaisie en ut mineur K. 396
    Adagio en si mineur K. 540
    Douze variations sur « Ah ! Vous dirai-je maman » K. 265
    Robert Schumann (1810-1856)
    Scènes d’enfants op. 15
    Franz Schubert (1797-1828)
    Allegretto en ut mineur D915
    Sonate n° 21 en sib majeur D960
    Zhu Xiao-Mei, piano

     


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