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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin avec la participation de la soprano Anna Catarina Antonacci au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Ravel en majesté
© Marco Borggreve

Audace payante pour l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et son chef Yannick Nézet-Séguin. Présenter un programme tout Ravel au Théâtre des Champs-Élysées équivaut à se soumettre à de dangereuses comparaisons. Le triomphe remporté tant la version intégrale de Daphnis et Chloé que dans les mélodies de Shéhérazade apparaît comme une victoire méritée.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/01/2012
Gérard MANNONI
 



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  • D’abord, il y a la qualité de l’orchestre. C’est souvent le cas avec les formations néerlandaises, qui ont le secret d’une sonorité d’ensemble totalement agréable à l’oreille, quels que soient les pupitres. Ici, à l’onctuosité lumineuse et claire des cordes s’ajoute la puissance sans brutalité, les couleurs incroyable de l’harmonie, sa virtuosité, que le chef fera d’ailleurs longuement acclamer à la fin du concert en invitant plusieurs fois chaque pupitre à se lever.

    Fondé en 1918, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam a aussi bénéficié d’une succession de grands chefs à sa tête, avec notamment, depuis 1968, Jean Fournet, Edo de Waart, David Zinman, James Conlon, Jeffrey Tate et Valery Gergiev à qui Yannick Nézet-Séguin a succédé en 2008. C’est un ensemble de personnalités fortes mais très diverses qui ont certainement contribué à élargir les possibilités de musiciens d’un niveau de base déjà très haut.

    Et puis, il y a de la part de Yannick Nézet-Séguin une manière assez enivrante d’approcher la partition tellement complexe de la version intégrale du Daphnis et Chloé de Ravel. On sait que le compositeur dut s’adapter en partie aux désirs de Fokine, chargé de la chorégraphie pour cette commande de Diaghilev pour les Ballets Russes et qui fut créée en juin 1912 au Châtelet.

    Si cela lui imposa quelques contraintes dans le choix des rythmes et des tempi, il put déployer, avec l’appui de la masse chorale, son incomparable art de l’orchestration, dans la mouvance permanente d’une sensualité aux couleurs infinies. Des nuances de dynamique extrêmes, des piani les plus ténus aux forte les plus subjuguants, le chef doit maîtriser l’énorme masse orchestrale et vocale en gardant toute la clarté du propos, puisque la thématique est en grande partie proche du Leitmotiv.

    Dans une splendeur sonore permanente, en prenant son temps, en laissant toujours respirer la musique, en parvenant à mettre en lumière toute l’habileté de l’écriture de Ravel avec ses références à la tradition comme avec ses audaces modernisantes et souvent d’avant-garde, en trouvant à créer une matière sonore d’une soyeuse sensualité très française, si l’on peut dire, et en tout cas bien différente de celle mise à la mode par les musiques orientalisantes souvent pratiquées par les Ballets Russes, le chef sait donner vie à tout un univers d’une richesse magnifique, à laquelle contribue largement le chœur de la Wiener Singakademie.

    Une fête sonore dont l’éclat éveille aussi mille images, souvenirs du ballet, ou simplement fruit de l’imaginaire de l’instant. La courte première partie du concert était consacrée à Shéhérazade, du même Ravel, avec Anna Caterina Antonacci en soliste.

    Vêtue d’une incroyable robe à traine semblant sortir d’une maquette de Bakst, la belle cantatrice a donné une très attachante interprétation tout en finesse de ces pages où il est si facile de décevoir. Timbre clair et fruité, bel agencement de nuances fidèles tant au texte qu’à la musique, c’était la Antonacci au meilleur d’elle-même et un Ravel d’une appréciable exactitude.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/01/2012
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin avec la participation de la soprano Anna Catarina Antonacci au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Shérérazade, trois poèmes pour voix et orchestre sur des poèmes de Tristan Klingsor
    Anna Caterina Antonacci, soprano
    Daphnis et Chloé, ballet intégral
    Wiener Singakademie
    Orchestre philharmonique de Rotterdam
    direction : Yannick Nézet-Séguin

     


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