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CRITIQUES DE CONCERTS 09 juillet 2020

Première au Théâtre du Capitole de Toulouse du Trouvère de Verdi dans la mise en scène de Gilbert Deflo, sous la direction de Daniel Oren.

Entre furia et stylisation
© Patrice Nin

Ouvrage réputé indistribuable, le Trouvère de Verdi fait son retour au Théâtre du Capitole dans une mise en scène dépouillée et avec un un plateau qui ne s’économise à aucun moment, débordant d’une énergie quasi vériste. Entre furia latine et stylisation japonaise, un Trovatore brûlant servi sur un plateau vide.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 05/02/2012
Pierre CADARS
 



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  • Cette mise en scène du Trouvère avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e une première fois au Liceu de Barcelone en dĂ©cembre 2009. Nous n’en gardions pas, Ă  vrai dire, le meilleur souvenir. Depuis, Gilbert Deflo lui a apportĂ© quelques retouches, qui lui permettent de s’imposer nettement mieux sur la scène moins vaste du Capitole. La proposition d’ensemble n’a pas changĂ© pour autant et ce que l’on nous montre ici reste toujours aussi dĂ©pouillĂ©, aussi minimaliste.

    Point de tours crénelées ni de couvent ni de prison pour une intrigue réduite à des personnages de Playmobil ou de jeu vidéo : ceux marqués en bleu (Luna, Ferrando) s’opposent à ceux marqués en rouge (Manrico et ses compagnons) pour la conquête d’une toute blanche (Leonora). Ces rares couleurs n’apparaissent en fait que comme de discrets insignes sur des vêtements presque uniformément noirs.

    Tout aussi importante est l’opposition entre la lune et un soleil de feu sur les grandes toiles de soie qui tombent des cintres afin de caractériser chaque tableau. Dans un tel cadre, sur un plateau vide mais où les éclairages ont un rôle essentiel, les déplacements des chœurs et des protagonistes obéissent à des géométries rigoureuses. On peut être irrité par cette volonté têtue de replacer l’opéra de Verdi dans un contexte intemporel, plus proche du Japon que de l’Espagne médiévale.

    Cela permet néanmoins de simplifier au maximum les péripéties du livret et surtout de concentrer toute l’attention du spectateur sur la présence des voix. Elles sont ici, dans cette première distribution – car il y en a deux en alternance – presque entièrement italiennes. C’est là un atout incontestable qui contribue à donner à cette représentation son unité de style et sa marque d’authenticité.

    Certes, nous n’avons pas devant nous les quatre ou cinq artistes d’exception dont on rêve toujours pour le Trouvère. À plus d’un moment, on se croit revenu, il y a plus de cinquante ans en arrière, dans quelque théâtre lyrique italien de province. Les tempéraments sont généreux et les gosiers ne s’économisent guère.

    À ce régime-là, Verdi paraît plus regarder du côté du vérisme que du bel canto. Il n’en reste pas moins que Carmen Giannattasio (séduisante Leonora malgré la disparité évidente de ses registres vocaux), Marco Berti (Manrico plus à l’aise dans l’éclat que dans la demi-teinte), Luciana D’Intino (Azucena impressionnante, fût-ce au prix de graves exagérément poitrinés) ou Roberto Frontali (Luna agressif et sans grande noblesse de style) brûlent constamment les planches et offrent à ce Trouvère une furia toute latine, à défaut de le parer d’atouts plus raffinés.

    À côté d’eux, Nahuel Di Pierro est un Ferrando fort convenable et l’on remarque aussi l’excellente discipline des chœurs, superbement préparés par Alfonso Caiani. Chef lyrique de grande expérience, Daniel Oren sait s’adapter au tempérament ardent des principaux chanteurs, tout en obtenant de l’Orchestre du Capitole de très savantes nuances. Le public applaudit sans réserves, trop content de retrouver un opéra aussi mythique servi avec autant de passion.




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 05/02/2012
    Pierre CADARS

    Première au Théâtre du Capitole de Toulouse du Trouvère de Verdi dans la mise en scène de Gilbert Deflo, sous la direction de Daniel Oren.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Il Trovatore, opéra en quatre parties (1853)
    Livret de Salvatore Cammarano d’après la pièce de Gutiérrez

    Chœur et Orchestre du Capitole de Toulouse
    direction : Daniel Oren
    mise en scène : Gilbert Deflo
    décors : William Orlandi
    éclairages : Joël Hourbeigt
    préparation des chœurs : Alfonso Caiani

    Avec :
    Carmen Giannattasio (Leonora), Luciana D’Intino (Azucena), Marco Berti (Manrico), Roberto Frontali (Le Comte de Luna), Nahuel Di Pierro (Ferrando), Eve Chistophe-Fontana (Inès), Alain Gabriel (Ruiz).

     



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