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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Récital du pianiste Jean-Efflam Bavouzet à la Cité de la musique, Paris.

Une maîtrise remarquable
© Guy Vivien

Dans le cadre du cycle l’Esprit Debussy à la Cité de la musique, Jean-Efflam Bavouzet donne un récital d’une maîtrise remarquable, à commencer par l’intelligence de son programme avec la Première Sonate de Boulez entre Images et la version pour piano de Jeux, puis les Trois Études de Bartók avant un choix de celles de Debussy.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 04/02/2012
Claude HELLEU
 



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  • Les œuvres du XXe siècle que Jean-Efflam Bavouzet a choisies pour son récital en clôture du cycle Claude Debussy à la Cité de la musique démontrent le rôle du compositeur dans l’évolution de la musique moderne.

    Outre l’intelligence de ses interprétations, le pianiste veille avec une attention extrême sur leur matière sonore. L’approche de son toucher, la délicatesse et la précision de ses attaques aussi bien que son jeu au fond des touches donnent couleurs et clarté à ses lectures.

    Reflets dans l’eau chatoyants de mille nuances, peu à peu soulevés de gerbes d’accords puissants, fluidité d’un Hommage à Rameau lent et solennel, bonds de Mouvement et densification progressive de sa texture presque immatérielle, articulation de son ostinato : la première série des Images de Debussy laissent respirer les suggestions de leur esthétisme. Qui serait parfaites si sa main gauche trop souvent en retrait de sa main droite n’affaiblissait alors le fascinant équilibre de leurs timbres.

    La Sonate n° 1 de Boulez est un moment rare. Sensualité d’une musique là aussi toute en timbres et résonances. En deux mouvements contrastés, chaque note, chaque accord, chaque attaque et chaque silence, chaque appoggiature a son importance et s’inscrit dans la portée de l’œuvre.

    Son interprète en rend la trajectoire évidente, visionnaire d’une partition aux découpes et ponctuations fascinantes, qui s’intensifiera et se rassemble en toccatas énergiques ici souplement martelées.

    S’adonner aux Jeux de Debussy, d’abord écrits pour le piano par leur auteur avant de l’être pour orchestre en poème dansé à la demande de Serge Diaghilev, représente un tel tour de force qu’ils ne trouvent guère de soliste pour affronter leur difficulté.

    Jean-Efflam Bavouzet a commencé par transcrire pour deux pianos la version originale, réduisant ce qu’il estime injouable, étoffant quelques mesures moins riches que dans leur version pour orchestre. C’est cette version qu’il a ensuite adaptée au piano seul. Elle n’y aura ni l’éclat ni le scintillement ni le chatoiement ni la visualité de la version orchestrale.

    La rythmique subtile autour d’une balle de tennis recherchée, ballet d’un homme et de deux jeunes filles, s’alourdit vite. Ses élans bientôt se ressemblent. Une certaine monotonie dans les forte banalise les ébats suggérés. La pédale estompe quelque peu la luxuriance de la partition, opacifie ses éclairages.

    Les ruptures de cet univers mouvant, là aussi privilégié par la main droite, décidément prépondérante, perdent leur charme fantasque. Un moment d’âpreté y met une surprise bienvenue avant qu’une sorte de tutti du clavier n’en épaississe les couleurs. La fin de l’aventure permet le retour à des pianissimi exemplaires de légèreté.

    Martèlement de la première des Trois Études op. 18 de Bartók en un mouvement continu, kaléidoscope de ses accords percutants et précis, ondoiements de la deuxième et vagues de ses harmonies audacieuses, ostinato délié et rythmique pleine d’imprévus de la troisième, phrasés irréguliers et tension de leur discontinuité, exploitation méticuleuse d’un univers dissonant : un merci particulier à Jean-Efflam Bavouzet pour cette partition d’une redoutable difficulté technique, rarement pour ne pas dire jamais jouée.

    Retour à Debussy pour terminer ce passionnant programme. Sept de ses Études permettent au pianiste de retrouver une palette autrement nuancée. Coloris ombrés, irisés ou vivifiés, humour sous-jacent, poésie acide ou fantasque, ombres nostalgiques d’exercices devenus gageures techniques mais aussi musicales. Un récital d’un intérêt exceptionnel.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 04/02/2012
    Claude HELLEU

    Récital du pianiste Jean-Efflam Bavouzet à la Cité de la musique, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Images pour piano (premier cahier)
    Pierre Boulez (*1925)
    Sonate pour piano n° 1
    Claude Debussy
    Jeux
    Béla Bartók (1881-1945)
    Trois Études pour piano op. 18
    Claude Debussy
    Etudes (extraits)
    Jean-Efflam Bavouzet, piano

     


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