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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2018

Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Jérôme Savary, sous la direction de Daniele Callegari à l’Opéra national de Paris.

Un beau trio vocal
© Christian Leiber

Reprise maintes fois depuis sa création à l’Opéra Bastille en 1996, cette production du Rigoletto de Verdi selon Jérôme Savary bénéficie d’une nouvelle génération de très belles voix dans les trois rôles principaux. La mise en scène s’est malheureusement figée au fil des ans, mais reste plausible dans son ensemble.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 11/02/2012
Gérard MANNONI
 



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  • Il est très difficile à une mise en scène, si réussie soit-elle, de garder le même dynamisme, la même tonicité, la même vie dramatique au fil des reprises. En quinze ans, tout a tendance à s’émousser un peu. Figurative avec une certaine distance, intelligente, dans ses décors évocateurs d’un monde en ruine qui s’est autodétruit, avec un travail classique sur les personnages, cette production de Rigoletto a effectivement perdu de sa fraîcheur.

    Les chœurs, en particulier, paraissent bien statiques, laissant la charge de l’occupation du plateau aux seuls acrobates et aux solistes. Il fallait les voix rassemblées dans cette distribution et la direction raffinée de Daniele Callegari pour que l’on oublie un peu les aspects trop convenus de certains costumes, de certaines postures.

    D’où le reproche que l’on peut faire à Zeljko Lucic dans le rôle-titre de ne pas composer théâtralement un personnage assez typé, voire grotesque. On ne lui demande certes pas d’en faire trop du côté de la bosse ni de la claudication comme cela s’est souvent vu, mais il pourrait tenter quand même de signaler au spectateur que Rigoletto n’est pas un grand et solide gaillard, avec sans doute une épaule un peu bizarre, mais qui passe quasiment inaperçue.

    Cette pudeur dans le jeu se retrouve quelque peu aussi dans l’interprétation vocale qui manque parfois de mordant d’agressivité, de fureur. Mais la voix du baryton serbe est belle, bien tenue, toujours musicale, de taille adéquate dans ce vaste lieu. Une solide incarnation, donc, manquant juste d’un peu plus d’engagement.

    Jeune star internationale entendue désormais sur le grand circuit, la Géorgienne Nino Machaidze a toutes les qualités possibles pour être la plus convaincante et attachante des Gilda. Voix ravissante sur toute la tessiture, avec des aigus tantôt vigoureux tantôt merveilleusement suspendus, un souffle toujours sous contrôle, une silhouette agréable, des déplacements et un jeu sans artifices apparents.

    Très attendu lui aussi, Piotr Beczala, n’a sans doute pas la voix à l’italienne idéale pour le Duc de Mantoue. On le sait inégalable dans le répertoire de l’Est, mais il chante ici quand même à la perfection, avec un timbre franc, clair, une émission égale, une musicalité permanente. Physique de l’emploi aussi, ce qui finit par être presque courant chez les nouveaux ténors, et le comédien reste sobre mais bien présent.

    Les autres rôles sont tenus avec professionnalisme, parfois avec éclat comme le Sparafucile de Dimitri Ivashchenko, parfois avoir un bonheur moindre comme la Maddalena de Laura Brioli, au plumage plus beau que son ramage. Les chœurs sont bons, mais dans un statisme quasi permanent, comme s’ils avaient peur de se déplacer dans tous les recoins sombres et il est vrai peu rassurants du décor.

    Au pupitre, Daniele Callegari privilégie les aspects les plus belcantistes de la partition sans pour autant négliger tout ce qu’elle a plus agressif, de différent dans le traitement de la voix. Mais il se refuse à toute grandiloquence, à toute extériorisation excessive du drame, sans rien forcer, laissant la musique libre de parler d’elle-même, telle qu’elle est écrite. Et c’est très difficile à réussir.

    Le public d’un soir ordinaire à l’Opéra de Paris adore tout et acclame tout le monde avec un enthousiasme réconfortant.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 11/02/2012
    Gérard MANNONI

    Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Jérôme Savary, sous la direction de Daniele Callegari à l’Opéra national de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, melodramma en trois actes
    Livret de Francesco Maria Piave d’après le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Daniele Callegari
    mise en scène : Jérôme Savary
    décors : Michel Lebois
    costumes : Jacques Schmidt & Emmanuel Peduzzi
    éclairages : Alain Poisson
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Piotr Beczala (Il Duca di Mantova), Zeljko Lucic (Rigoletto), Nino Machaidze (Gilda), Dimitri Ivashchenko (Sparafucile), Laura Brioli (Maddalena), Cornelia Oncioiu (Giovanna), Simone Del Savio (Il Conte di Monterone), Florian Sempey (Marullo), Vincent Delhoume (Matteo Borsa), Alexandre Duhamel (Il Conte di Ceprano), Ilona Krzywicka (La Contessa di Ceprano).

     



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