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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Création à l’Opéra de Paris de la Cerisaie de Philippe Fénelon, dans une mise en scène de Georges Lavaudant et sous la direction de Tito Ceccherini.

Mélancolie tchékhovienne
© Andrea Messana

Créée au Bolchoï de Moscou en 2010, la Cerisaie, opéra que Philippe Fénelon (60 ans) a tiré de la pièce de Tchekhov, s’installe au Palais Garnier et propulse la petite musique tchékhovienne dans un maelström musical. Une réussite, relativement plombée par la mise en scène en forme de clownerie de Georges Lavaudant.
 

Palais Garnier, Paris
Le 30/01/2012
Nicole DUAULT
 



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  • Quelle mine d’or que Tchekhov pour les compositeurs de notre époque ! Dans la nostalgie venue du XIXe siècle finissant (La Cerisaie a été créée en 1903), ils retrouvent un écho à la mélancolie grinçante qui assaille et trouble nos sensibilités.

    Après Trois Sœurs inspiratrices d’un formidable succès du compositeur Peter Eötvös, la Cerisaie allait-elle provoquer un miracle identique dans l’œuvre foisonnante de Philippe Fénelon ? La mise en scène de Georges Lavaudant multiplie les effets comiques et plombe le charme de la partition.

    Ce n’est pas dans l’enchevêtrement de troncs d’arbres occupant en frondaison une partie de la scène que l’on comprend mieux l’enjeu de cette Cerisaie perdue. Ce n’est pas dans l’évolution d‘une ballerine en tutu que l’on sent le poids des conventions sur cette famille. Ce n’est pas dans les clowneries de figurants déguisés que l’on sent s’effilocher le destin d’une Russie « qui toute entière est une cerisaie » comme l’affirme l’un des personnages.

    La mise en scène grossit le propos d’une partition qui dit tout de cette fin d’un monde avec une légèreté ironique et annonce l’avenir d’une manière grinçante, parfois persifleuse. En musicien cultivé, Fénelon cite ses grands anciens, de Berg à Messiaen en passant pas Stravinski.

    Fatras stylistique ? Il frôle ce travers mais n’y tombe jamais, même en se référant à la tradition russe et en multipliant les clins d’œil aux compositeurs comme aux chants populaires. Le chef d’orchestre Tito Ceccherini articule cette partition qui, entre l’orchestre à petit effectif, les musiciens de scène et la musique enregistrée, crée un charme obsédant.

    Le vrai plaisir tient à l’écriture vocale. Fénelon aime les voix et nous fait savourer chaque timbre dans les sonorités les plus raffinées. Il dispose d’une distribution de jeunes chanteurs russes exemplaires, comme la mezzo Ksenia Vyaznikova en vieux, ou, autre rôle travesti, la gouvernante allemande de la basse Mischa Schelomianski. Plus intense encore est la chanteuse Elena Kelessidi qui, en Liouba, est tchékhovienne jusqu’au bout des ongles. Elle est en permanence au bord de l’émotion.

    La création d’un opéra demande aux spectateurs une période de maturation. Un jugement définitif serait d’emblée inconséquent. Il faut l’écouter et le revoir. Une mise en scène différente devrait révéler d’autres aspects de la partition de Philippe Fénelon qui, à notre humble avis, est par son intensité, supérieure à ses autres opéras. Sans doute est-ce la magie Tchekhov !




    Palais Garnier, Paris
    Le 30/01/2012
    Nicole DUAULT

    Création à l’Opéra de Paris de la Cerisaie de Philippe Fénelon, dans une mise en scène de Georges Lavaudant et sous la direction de Tito Ceccherini.
    Philippe Fénelon (*1952)
    La Cerisaie, opéra en douze scènes, un prologue et un épilogue
    Livret d’Alexeï Parine d’après Tchekhov

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Tito Ceccherini
    mise en scène & éclairages : Georges Lavaudant
    décors et costumes : Jean-Pierre Vergier
    préparation des chœurs : Patrick Marie Aubert

    Avec :
    Elena Kelessidi (Liouba), Marat Gali (Lionia), Alexandra Kadurina (Gricha), Ulyana Aleksuk (Ania), Anna Krainikova (Varia), Igor Golovatenko (Lopakhine), Misca Schelomianski (Charlotta), Svetlana Lifar (Douniacha), Alexei Tatarintsev (Iacha), Ksenia Vyaznikova (Firs).

     



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