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CRITIQUES DE CONCERTS 21 novembre 2018

Nouvelle production de Don Pasquale de Donizetti dans une mise en scène de Denis Podalydès et sous la direction d’Enrique Mazzola au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Donizetti dans la joie
© Vincent Pontet

Très belle réussite de l’équipe Podalydès-Ruf-Lacroix-Mazzola pour cette nouvelle production du Don Pasquale de Donizetti au Théâtre des Champs-Élysées. Une bonne distribution vocale, une excellente direction d’acteurs, des décors et costumes astucieux et rigolos, tout fonctionne à ravir. Gros succès sans ombre au tableau.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 13/02/2012
Gérard MANNONI
 



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  • Après tant de déceptions ou d’approximations théâtrales ou vocales vécues ces derniers temps dans les salles d’opéra, on est soulagé de constater que sans faire dans l’hyper-traditionnel ni dans le bêtement provocateur on peut servir une partition comme elle le mérite. À quoi donc tient la réussite de ce Don Pasquale, opéra au livret pourtant très mince et convenu, mais, c’est vrai, à la musique ravissante ?

    À un travail d’ensemble où chacun a compris comment s’insérer dans la démarche des autres et peut-être d’abord au remarquable travail théâtral de Denis Podalydès et Éric Ruf. Être Sociétaire de la Comédie-Française, ce n’est pas une vaine qualification. C’est l’attestation que l’on sait ce que jouer veut dire, avec ce qu’il faut d’impact, de lisibilité pour le spectateur, de fidélité au texte et, ici, également à la musique, tout en restant personnel, inventif, différent.

    Changer l’époque initiale d’un opéra a toujours été fructueux à condition que cela est du sens et n’aille pas contre la vérité de l’œuvre. Dans ce que nous avons vu, tout rentre sans difficulté dans la logique du propos de Donizetti et l’univers visuel conçu par Podalydès, Ruf et Lacroix séduit sans restrictions par sa poésie, ses accessoires hétéroclites et farfelus, ses petites lumières de foire un peu minable, ses costumes et ses gadgets qui relativisent ce qu’il peut y avoir de drame dans cette histoire.

    Car cette intrigue à la Molière pourrait bien être aussi noire que celle de l’Avare ou de toutes ces pièces où un vieillard égrillard tente de voler à son profit la jeune et belle aimée de son fils ou, ici, de son neveu, avec une cruauté mentale doublée d’un odieux chantage financier. Le Don Pasquale que nous voyons est bien un détestable barbon égoïste, lubrique et cruel, mais il est en même temps ridicule, pitoyable, quasi attendrissant dans sa naïveté.

    Un personnage à plusieurs faces, multiple, complexe, parfaitement montré sous tous ses aspects. La gifle qu’il reçoit de Norina est aussi tragique et comique que Falstaff jeté dans les eaux sales de la Tamise par les joyeuses commères de Windsor. Doit-on en rire ou en pleurer ?

    Une formidable direction d’acteurs permet aux chanteurs d’être à chaque seconde un personnage vivant, cohérent, avec une gestuelle de théâtre dramatique sans les stéréotypes des chanteurs d’opéra, comme savait le faire un Strehler, ou encore aujourd’hui un Chéreau et quelques trop rares autres.

    Au milieu d’une sorte de fatras visuel en fait très organisé, tout prend vie, nous intéresse et nous concerne sans cesse. On s’amuse et la musique nous paraît plus belle que jamais, ce qui est le plus grand compliment que l’on puisse faire à un spectacle.

    Car sous la baguette très avisée, très animée et juste assez vive, assez énergique mais aussi onctueuse de Enrique Mazzola très bien suivi par l’Orchestre national de France, toutes les finesses de l’écriture instrumentale de Donizetti apparaissent et aident les voix à s’exprimer librement.

    Vieux routier s’il en est mais avec quel tonus et quel talent, Alessandro Corbelli est Don Pasquale victime et bourreau, pourrait-on dire, incarnation d’un monde qui finit et où les redoutables privilèges de l’âge et de l’argent n’auront bientôt plus cour.

    Désirée Rancatore, voix et technique idéales, est une Norina irrésistible face au touchant Ernesto de Francesco Demuro, jeune ténor à la voix facile, agréable, encore un peu verte mais bon acteur, comme tous, d’ailleurs. Gabriele Viviani en Docteur Malatesta a toute la perfidie bonhomme voulue et une voix adéquate.

    Aucune ombre au tableau, car même Christian Lacroix a su entrer dans la logique de faux bric-à-brac des drôles de décors d’Éric Ruf, sans vulgarité ni faute de goût, sans tomber dans le piège d’un défilé couture rétro. Bref, on passe enfin une excellente soirée d’opéra, même si Don Pasquale, chef-d’œuvre d’orfèvrerie musicale n’est pas Norma, Aïda ou la Walkyrie.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 13/02/2012
    Gérard MANNONI

    Nouvelle production de Don Pasquale de Donizetti dans une mise en scène de Denis Podalydès et sous la direction d’Enrique Mazzola au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Gaetano Donizetti (1797-1848)
    Don Pasquale, opera-buffa en trois actes (1843)
    Livret de Giovanni Ruffini et du compositeur

    Chœur de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Enrique Mazzola
    mise en scène : Denis Podalydès
    décors : Éric Ruf
    costumes : Christian Lacroix
    éclairages : Stéphane Daniel
    préparation des chœurs : Nathalie Steinberg

    Avec :
    Alessandro Corbelli (Don Pasquale), Désirée Rancatore (Norina), Gabriele Viviani (Dr. Malatesta), Francesco Demuro (Ernesto), Richard Tronc (le Notaire), Stéphane Butet, Laurent Podalydès, Jacques Tress (figurants)

     



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