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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Récital du pianiste Maurizio Pollini dans le cadre des Pollini Perspectives à la salle Pleyel, Paris.

Stockhausen révélé
© Philippe Gontier / DG

Des Sonates de Beethoven populaires et sans grand intérêt, des Klavierstücke de Stockhausen méconnus et transcendés devant un public fasciné : le récital de Maurizio Pollini a comblé les mélomanes épris ou curieux de musique contemporaine réunis autour du célèbre pianiste dans le cadre du deuxième concert de son cycle Polllini Perspectives.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 14/02/2012
Claude HELLEU
 



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  • On sait combien les concerts de Maurizio Pollini contribuent à révéler la musique contemporaine. Lors du dernier en date à Paris, c’est avec des Klavierstücke de Stockhausen qu’il a subjugué une salle Pleyel comble et totalement silencieuse avant qu’elle ovationne le célèbre pianiste italien.

    Après la première partie de ce récital, consacrée à des sonates de Beethoven, Polllini est revenu en bras de chemise, les mains gantées de mitaines. C’est que la prouesse physique réclamée par les Klavierstücke de Stockhausen ne le cède en rien à leur difficulté technique ni à leur exigence musicale.

    Avant-bras plaqués en accords monumentaux, isolés ou en séries, brefs ou ouverts sur l’infini d’une pédale de résonance enfoncée, le pianiste italien, parfois couché sur les extrêmes basses du piano, demeure dans une sorte de suspens, poignets immobilisés, doigts agiles dont on ne sait plus à quelle main ils appartiennent au cours de leurs croisements.

    Dextérité de frappes, touches martelées du profil des mains, de poings en aucun cas brutaux, glissandi vertigineux, clusters massifs et percussifs ou planant tels des nuages, sourdines mystérieuses, notes isolées, ruptures, silences, échos… fortissimi et pianissimi, fulgurances en tous genres… un flux de sonorités se propage sur toute la tessiture de l’instrument.

    Maurizio Pollini l’habite d’une intensité qui nous garde suspendus à la discontinuité d’un discours devenu passionnant sous une telle voix. La minutie de son jeu sur le temps, temps des silences, temps des frappes, temps musical bouleversé, enchaîne et relie attentes et « irruptions de l’aléatoire ».

    Une sorte de lyrisme naît des couleurs puisées dans les difficultés implacables. L’exploit de cette interprétation engendre une émotion fascinée et provoque des acclamations que Maurizio Polllini revenu saluer reçoit son veston remis et ses mitaines ôtées.

    Les Sonates n° 24, n° 25, n° 26 et n° 27 de Beethoven constituaient la première partie du concert. Conformément aux programmes du cycle Pollini Perspectives en quatre concerts à Pleyel – les deux prochains auront lieu en janvier et mars 2013 –, le pianiste associe des œuvres récentes aux douze dernières sonates de Beethoven présentées dans leur ordre chronologique.

    Une certain étonnement accueille la courte Sonate n° 24 dite « À Thérèse », en deux mouvements. L’Adagio cantabile d’ouverture a quelque mal à se mettre en place. L’Allegro vivace file à toute allure, comme pressé d’arriver. Foin des détails. De même la Sonate n° 25, « Alla tedesca », nommée sonatine dans l’édition originale, est-elle traitée avec désinvolture, elle aussi jouée d’une seule coulée dans ses mouvements rapides.

    La trajectoire des phrasés importe plus que leur contenu et nombre de notes y disparaissent. Le pianiste qui sculptera si bellement le son dans Stockhausen n’y prête guère attention dans les traits virtuoses presque brouillés qui dévalent sous ses doigts.

    Sous de tels déferlements, les sonates se banalisent et se ressemblent. Certes, la balance idéale entre les deux mains nous vaut quelques très beaux moments quand la gauche épouse la droite. D’une façon générale, l’expressivité du toucher reviendra dans les mouvements lents.

    Et témoignera de sa sensibilité dans la Sonate n° 26 « les Adieux ». Mélancolie sobre et couleurs des modulations, tension, élan d’une énergie conquérante, tristesse de l’Absence, andante espressivo, allégresse victorieusement gagnée sur cette dernière dans le Vivacissimamente final : Pollini suscite ces sentiments avec justesse, sans exagération ni transcendance.

    Avant que la Sonate n° 27 à nouveau ne montre guère sa personnalité. Mais on espère déjà la suite…




    Salle Pleyel, Paris
    Le 14/02/2012
    Claude HELLEU

    Récital du pianiste Maurizio Pollini dans le cadre des Pollini Perspectives à la salle Pleyel, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n° 24 en fa# majeur op. 78 « À Thérèse »
    Sonate pour piano n° 25 en sol majeur op. 79 « Alla tedesca »
    Sonate pour piano n° 26 en mib majeur op. 81a « Les Adieux »
    Sonate pour piano n° 27 en mi mineur op. 90
    Karlheinz Stockhausen (1928-2007)
    Klavierstücke
    Maurizio Pollini, piano

     


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