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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Reprise de Didon et Enée de Purcell dans la mise en scène de Deborah Warner et sous la direction de William Christie à l’Opéra Comique, Paris.

Dans leur plus bel amour
© Elisabeth Carecchio

Soixante-dix minutes de bonheur que cette reprise de Didon et Enée selon Deborah Warner à l’Opéra Comique. La fluidité des trois actes enchaînés sans rupture nous offre l’un des plus séduisants spectacles que l’on puisse rêver, orchestre et chanteurs unis dans une interprétation musicalement et théâtralement parfaite.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 05/03/2012
Claude HELLEU
 



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  • Subtil et naturel comme à l’accoutumée, William Christie dirige de son clavecin au milieu des Arts florissants l’un des plus séduisants spectacles que l’on puisse rêver sur la Didon et Énée de Purcell. Tragédie, certes, mais aussi délicieuse fantaisie, ses héros en vêtements d’antan – longue et prestigieuse robe d’or pour Didon – s’aiment, s’amusent et se quittent en soixante-dix minutes d’enchantement sur le plateau sobrement changeant de l’Opéra Comique.

    Les entourent une suivante confidente en tenue de la même époque et des hommes et des femmes habillés comme vous et moi, qui vont et viennent au gré de l’action contée, s’assoient sur de simples bancs à cour et à jardin, s’en lèvent ou s’y retrouvent en chantant – chœur qui n’apparaît jamais tel mais l’est avec autant d’éclat que d’expressivité.

    S’y mêlent le temps d’irruptions délicieuses une ribambelle de petites filles en uniforme bleu marine, chemisier et culotte petit-bateau blancs, celles-ci parfois aperçues au cours de danses partagées dans une joie communicative. Six acrobates complètent leurs ballets à l’occasion.

    Ainsi la mise en scène de Deborah Walter multiplie-t-elle charmants détails et pertinentes trouvailles au service d’une remarquable direction d’acteurs sur un plateau au sol de mosaïques d’une sobriété à l’égale de celle des échanges amoureux, honteux, passionnés, divertissants ou douloureux entre la superbe reine de Carthage et le héros de passage.

    Spontanéité, chaleur et retenue tant des gestes que des voix servent l’efficacité dramatique d’un drame dont le comique n’est pas absent et qui l’allège si joliment. Baiser enfin consenti, pique-nique trépidant d’élans et d’émotions (où les joints n’ajoutent rien à la bonne humeur des complicités), bonheur, et soudain malheur à l’instigation d’une magicienne irrésistiblement sensuelle, maîtresse de sorcières irrésistiblement méchantes.

    Frissons, lamentations et fureurs s’épanouissent en airs sublimes, ellipses et virtuosités avec une élégance dictée par la musique. William Christie voit dans celle-ci l’influence française probable de Charpentier, dont il est à peu près certain que Purcell avait pu étudier des partitions : « mêmes effectifs restreints, même structure des soli, des ensembles, des chœurs et des danses », note-t-il. Inutile de préciser le rôle tenu par son orchestre, idéalement présent.

    En tête d’une distribution homogène, Malena Ernman assortit l’ampleur d’un timbre chaleureux à sa beauté physique. Souveraine dans tous les sens du mot, la mezzo l’est diversement selon les moments, bouleversante dans son choix des ténèbres.

    Nikolay Borchev, Enée quelque peu empesé quand il se présente à Didon, exagérant des basses puissantes et moins vrai que ne l’est la reine, évolue vers une aisance, disparaîtra un léger vibrato, qui s’accordera de mieux en mieux à celle de sa partenaire.

    Dans le rôle de la suivante et confidente Belinda, Judith van Wanroij ravit, vive, sensible et tonique, voix et corps à l’unisson. Quant à l’Enchanteresse, magnifique Hilary Summers, la couleur sombre de son contralto attire plus qu’elle n’effraye.

    Avec ses deux acolytes, Lina Markeby et Céline Ricci, sorcières piquantes à l’envi, le trio infernal galvanise un acharnement destructeur dont s’oubliera l’humour leur dessein accompli, les amants séparés à jamais, Enée contraint de partir, Didon résolue à s’éteindre.

    La musique composée pour le prologue de Didon et Enée ayant été perdue, Deborah Warner a choisi de remplacer le texte de Nahum Tate par un choix de poèmes dont certains contemporains, dits par Fiona Shaw, nous offrent un grand moment d’intensité théâtrale avant les trois actes de l’opéra enchaînés dans une fluidité idéale.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 05/03/2012
    Claude HELLEU

    Reprise de Didon et Enée de Purcell dans la mise en scène de Deborah Warner et sous la direction de William Christie à l’Opéra Comique, Paris.
    Henry Purcell (1659-1695)
    Didon et Enée, opéra en un prologue et trois actes.
    Livret de Nahum Tate d’après Virgile

    Maîtrise des Hauts de Seine
    Chœur et Orchestre Les Arts Florissants
    direction : William Christie
    mise en scène : Deborah Warner
    décors et costumes : Chloe Obolensky
    éclairages : Jean Kalman

    Avec :
    Malena Ernman (Didon), Nikolay Borchev (Énée), Judith van Wanroij (Belinda), Hilary Summers (l’Enchanteresse), Lina Markeby & Céline Ricci (Sorcières), Marc Mauillon (l’Esprit), Ben Davies (le Marin), Fiona Shaw (prologue).

     



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