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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2018

Version de concert de Parsifal de Wagner sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Entre ferveur et théâtre
© Silvia Lelli

Annoncé comme Bayreuth au Théâtre des Champs-Élysées, le Parsifal en version de concert de Daniele Gatti à la tête des forces de Radio France propose une interprétation fervente et contrastée, où éclairs théâtraux et pauses mystiques se succèdent. Dommage que la distribution, issue de la troupe de Bayreuth, ne soit pas à la hauteur !
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 09/03/2012
Yannick MILLON
 



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  • Faire succéder à celui de Nagano un nouveau Parsifal en version de concert était risqué pour le Théâtre des Champs-Élysées. Après celles de Munich la saison passée, les forces musicales de Radio France s’attaquent à leur tour à l’ultime opéra de Wagner, sous la houlette du patron du National, qui vient en outre de servir l’ouvrage quatre étés de suite dans la fosse de Bayreuth. L’occasion pour Daniele Gatti d’inviter à Paris l’équipe avec laquelle il a officié sur la Colline.

    On retrouve ainsi un plateau de Filles-fleurs transfiguré, le chaste fol de Christopher Ventris, clair et un brin nasal, toujours anglo-saxon de diction, la Kundry de Mihoko Fujimura et son petit soprano étriqué ignorant toute sensualité, tout poison, toute l’ambivalence d’un rôle parmi les plus riches du répertoire, ainsi que l’Amfortas décidément avare en matière mais phrasé en intériorité de Detlef Roth.

    À défaut de grandeur, ces trois-là chantent au moins avec maintien, ce qui n’est pas le cas du Gurnemanz homme des tavernes de Kurt Rydl, voix charbonneuse jusqu’à la bestialité, qu’achève de défigurer un vibrato épouvantable. Il faudra composer avec ce Hunding à la petite semaine que ne cesse de recadrer le chef, gêné par les écarts de rythme, de tempo et d’intonation de la basse autrichienne. À sa décharge, Kwangchul Youn était programmé au départ.

    Lucio Gallo ne fait guère meilleure impression en Klingsor binaire – forte pleine voix ou piano tout évaporé – pour ne rien dire de la trémulation un peu ridicule du Titurel d’Andreas Hörl. Reste que ce n’était pas un service à rendre aux chanteurs que de les coincer entre le chœur et l’orchestre, les privant ainsi de confort vocal et de contact avec le public.

    Il fallait donc l’énergie et la science de fosse de Daniele Gatti, qui a nettement resserré ses tempi depuis la première année à Bayreuth, pour susciter l’intérêt toute la soirée durant et effacer la déconvenue vocale. Aux oubliettes donc les 4h40 de 2008, au profit d’une trame ramassée – sans atteindre toutefois les 4h05 de l’automne à l’Opéra de Zurich –, conduite de mémoire avec un soin du détail qui force l’admiration.

    Les distensions souvent inhérentes à l’abîme mystique sont ainsi abandonnées au bénéfice d’une narration très contrastée, où demeurent çà et là quelques lenteurs doublées de nuances sublimes – le dévoilement du Graal traduisant tout le mystère de l’Incarnation –, aux frontières de l’arrêt et du silence, mais où les plages plus vives sont abordées avec théâtralité.

    L’entrée de Kundry, l’intrusion de Parsifal, la vision d’enfer du prélude du II, sa conclusion, lapidaire et tranchante, convergent dans ce sens. On ressent même ici une ferveur qu’on serait tenté de qualifier de romaine, une fièvre à chaque moment où le diatonisme cède la place au chromatisme. Et même une souplesse caressante et un discret rubato qui valent l’un des épisodes des Filles-Fleurs les plus envoûtants qu’on ait entendus.

    Les forces de Radio France œuvrent d’ailleurs avec une belle dévotion. L’Orchestre national, notamment, délivre des nuances, des chromos étonnants, avec un rang de cuivres large, où ne détonne qu’une première trompette peu portée sur la discrétion. Quant au Chœur de Radio France, il affiche un fondu remarquable, dont un travail sur les courbes ascendantes ténors-altos à la couleur androgyne.

    Terminons par un petit moment miraculeux, lorsque résonne en coulisse le chœur des voix d’en-haut sur l’Amen de Dresde tenu par une Maîtrise de Radio France à coller le frisson : par la pureté absolue des voix d’enfants, on touche alors du doigt à une grâce qui est probablement le nœud de cette partition testamentaire.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 09/03/2012
    Yannick MILLON

    Version de concert de Parsifal de Wagner sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, festival scénique sacré en trois actes (1883)
    Livret du compositeur d’après le Parzival de Wolfram von Eschenbach

    Christopher Ventris (Parsifal)
    Mihoko Fujimura (Kundry)
    Kurt Rydl (Gurnemanz)
    Lucio Gallo (Klingsor)
    Detlef Roth (Amfortas)
    Andreas Hörl (Titurel)
    Michael Laurenz (Erster Ritter)
    Robert Jezierski (Zweiter Ritter)
    Julia Borchert (1. Knappe / 1. Blumenmächen)
    Katharina Peetz (2. Knappe / 6. Blumenmächen)
    Manuel Günther (3. Knappe)
    Andreas Früh (4. Knappe)
    Martina Rüping (2. Blumenmächen)
    Carola Gruber (3. Blumenmächen)
    Christiane Kohn (4. Blumenmächen)
    Jutta Maria Böhnert (5.Blumenmächen)
    Isabelle Sengès (Alto solo)

    Maîtrise de Radio France
    préparation : Sofi Jeannin
    Chœur de Radio France
    préparation : Matthias Brauer
    Orchestre national de France
    direction : Daniele Gatti

     


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