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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert du Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam sous la direction de Valery Gergiev, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.

Fabuleux Concertgebouw
© Joachim Ladofaged

Trois moments exceptionnels dans une salle Pleyel comble : les Métaboles d’Henri Dutilleux, magistralement interprétées en présence du maître par le Royal Concertgebouw Orchestra et Valery Gergiev, le Concerto pour violon de Sibelius entre cet orchestre extraordinaire et un Leonidas Kavakos au sommet de son art, et la Symphonie n° 5 de Prokofiev au faîte de sa hardiesse.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 17/03/2012
Claude HELLEU
 



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  • Henri Dutilleux était là. Mais le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, venu sur scène (et copieusement hué avant de prendre la parole) pour rendre hommage à la princesse des Pays-Bas présente, a tout simplement oublié le maître, pourtant assis à-côté d’elle aux places d’honneur ! Dommage pour ce ministre, s’il ignore à quel génie nous devons la première œuvre au programme d’un concert fabuleux.

    Dès les premières mesures de Métaboles, la beauté des sonorités du Royal Concertgebouw Orchestra éblouit. Sous l’impulsion de Valery Gergiev, remonté sur une estrade pour le diriger, cette « joie du son » avouée par Henri Dutilleux ne cessera de s’épanouir au fil du mouvement et de ses métamorphoses en cinq moments, titrés par le compositeur.

    Incantatoire met à l’honneur les bois rois, Linéaire les cordes enchanteresses, Obsessionnel les cuivres maîtres, Torpide la percussion incantatoire, et Flamboyante, ô combien, la réunion de tout l’orchestre.

    Éclat solaire alors de l’ascension fusionnelle des pupitres, dont l’homogénéité comme les solistes magnifient chaque métabole et donnent un relief saisissant à leurs transformations, non seulement instrumentales mais aussi mélodiques, rythmiques et harmoniques. Et révélation d’un chef-d’œuvre pour nombre de bienheureux.

    Autre sonorité somptueuse, celle du Stradivarius Abergavenny qui s’élève sur un nuage de cordes aigües à l’orchestre. Leonidas Kavakos et la formation amstellodamoise entrent dans le Concerto pour violon de Sibelius.

    La rectitude de l’archet du soliste, son articulation éblouissante, sa virtuosité acérée, grisantes dès la première et courte cadence, sidérantes dans la seconde, la profondeur du timbre, la pureté du son effilé, ses tenues si longues, droites, habitées d’un sobre lyrisme dans l’immense phrase de l’Adagio, l’insolent défi des rythmes syncopés et de la danse barbare, irrésistible, de l’Allegro final, cette incroyable aisance nourrit de sa sobre perfection et non moins merveilleuse musicalité l’expressivité d’une œuvre vécue avec un orchestre également exceptionnel, interlocuteur à part entière.

    En provoquant la splendeur du Royal Concertgebouw, Gergiev, remarquable accompagnateur, entoure Kavakos, l’interpelle, le sollicite, le provoque ou lui répond. La maîtrise impassible d’une même exaltation chez les deux partenaires se partage les thèmes dans une entente exemplaire.

    Quel autre superlatif trouver pour la Cinquième Symphonie de Prokofiev, entendue en conclusion de ce concert mémorable ? Mémorable ? Portée à son apogée par le chef russe, l’enthousiasme idéologique de la partition, composée en 1944, traverse ses épisodes sans jamais faillir. Derrière le souffle épique, la rigueur.

    Espoir et victoire riment avec trajectoire pour soutenir l’épopée sur « la grandeur de l’esprit humain », précise le compositeur, qui ne se contente pas de « l’héroïque et noble image du peuple russe en temps de guerre » prônée par l’Union des Compositeurs.

    Gergiev puise dans les qualités du Concertgebouw la richesse des évocations imagées, pousse l’orchestre aux limites de sa dimension. L’Andante initial, dense, martial, plein de bruit et de fureur, hymne grandiose que la flûte et le basson humanisent, garde sa clarté harmonique grâce à la personnalité conjuguée de cuivres et de bois transcendants.

    Leurs éclats percutent un Allegro marcato aux rythmes conquérants, imparables. Le caractère funèbre de l’Allegro giocoso, sa tension, le martèlement de son final nous gardent suspendus, abasourdis par le pouvoir d’une telle expressivité. L’excellence du Concertgebouw glorifie « l’homme libre et heureux, sa force extraordinaire et sa noblesse », comme le voulait Prokofiev.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 17/03/2012
    Claude HELLEU

    Concert du Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam sous la direction de Valery Gergiev, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.
    Henri Dutilleux (1916)
    Métaboles
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Concerto pour violon en ré mineur op. 47
    Leonidas Kavakos, violon
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Symphonie n° 5 en sib majeur op. 100
    Royal Concertgebouw Orchestra
    direction : Valery Gergiev

     


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