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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Concert du Budapest Festival Orchestra sous la direction d’Iván Fischer, avec la participation du pianiste Deszö Ránki à la salle Pleyel, Paris.

Bartók et Ránki, frères

Moment fort du concert inégal donné par le Budapest Festival Orchestra sous la direction d’Iván Fischer, le Concerto pour piano n° 2 de Béla Bartók est conduit à ses sommets par Deszö Ránki, son compatriote et grand interprète, après des Chansons paysannes hongroises peu folkloriques et avant une Neuvième Symphonie de Schubert sans grand relief.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 19/03/2012
Claude HELLEU
 



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  • Deszö Ránki remplaçait au pied levé András Schiff souffrant. Le pianiste, lui aussi hongrois et dont on a connu les brillants débuts avec Zoltán Kocsis dans le répertoire de leur compatriote Béla Bartók, en est un des meilleurs interprètes et nous l’a prouvé une fois encore dans son Concerto n° 2.

    Partition particulièrement bienvenue après les Chansons paysannes hongroises pour orchestre, interprétées sans grand dynamisme par le Budapest Festival Orchestra, violons debout derrière les bois assis à gauche, altos derrière les cuivres à droite de même, les six contrebasses à l’honneur surélevées en fond de scène sous la direction d’Iván Fischer.

    Rythmes lourds, légers décalages, cordes peu homogènes, pesanteur des ensembles ne servent pas le folklore des chants populaires collectés par Bartók au gré de ses vacances. On s’en étonne d’autant que voici presque trente ans qu’Iván Fischer et Zoltán Kocsis ont fondé cet Orchestre du Festival de Budapest, ville où il demeure un acteur incontournable de la vie musicale, et, toujours sous la direction d’Ivan Fischer, sert évidemment la musique de Bartók.

    La fanfare d’ouverture du Deuxième Concerto reprise au piano met aussitôt celui-ci au faîte de l’orchestre. Les percussions incisives de Deszö Ránki, d’une magnifique élasticité, commandent les pulsions d’airain, mais les vents de ce premier mouvement semblent avoir quelque peine à le suivre. Un dialogue inégal avec les bois ou les cuivres trop sonores empêche le soliste de se détacher aussi nettement que son jeu le réclame. Une cadence à la technicité enflammée y mettra bon ordre.

    Plus propice aux échanges, l’Adagio permet au pianiste et à l’orchestre de se retrouver dès le chant des contrebasses qui nous plonge dans l’atmosphère mystérieuse de cette musique nocturne. Sur le tapis de cordes et de la percussion en sourdine, la voix du piano s’élève, de plus en plus incantatoire.

    Montée de l’anxiété et soudain épisode fantastique enchaînent leur expressivité, épisode aux difficultés techniques grisantes pour l’auditeur qui les voit ainsi exaltées avant le retour au calme. L’orchestre, parfaitement tenu dans ce mouvement lent, sourd, grave, s’angoisse sous les trilles du piano, partage l’inquiétude de cette note haute répétée que le pianiste dramatise pleinement.

    La tension progresse, inéluctable, entre les deux protagonistes, c’est un vrai suspense que rompt un coup de tonnerre. Attente, sursauts de l’orchestre, l’articulation vertigineuse de Ránki, sa palette sonore et le pouvoir de son autorité inflexible s’allient au Budapest Festival Orchestra enflammé pour un Presto ébouriffant.

    Introduction lente de la Neuvième Symphonie de Schubert. Iván Fischer, gestique simplette, marque les temps. Pupitres indistincts, crescendi basiques, phrasés noyés dans la masse orchestrale, aplatissent le flux sonore continu.

    Même les trois trombones, face au chef devant les contrebasses et précédés des deux cors, n’interpellent guère l’écoute. Clarinettes et hautbois au premier rang du cercle de vents autour du chef hongrois, trompettes et percussion excentrés derrière, y réussiront mieux.

    Scansion de l’Andante, chant juste des cors et des bassons, le climat stagne. L’entrain de l’irrésistible Finale commence par manquer d’éclat, cordes et vents sur le même plan. Mais l’écriture serrée de la partition opère enfin la fusion des instruments, entraînant l’ardeur d’une course haletante vers la conclusion flamboyante de la Neuvième Symphonie alors justement nommée la Grande.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 19/03/2012
    Claude HELLEU

    Concert du Budapest Festival Orchestra sous la direction d’Iván Fischer, avec la participation du pianiste Deszö Ránki à la salle Pleyel, Paris.
    Béla Bartók (1881-1945)
    Chansons paysannes hongroises pour orchestre BB 107
    Concerto pour piano n° 2, Sz 95
    Deszö Ránki, piano
    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n° 9 en ut majeur D. 994 « la Grande »
    Orchestre du Festival de Budapest
    direction : Iván Fischer

     


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