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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du violoncelliste Truls Mørk à la salle Pleyel, Paris.

Verve et lourdeurs

C’est dans la Huitième Symphonie de Dvořák que la bonne humeur du programme de l’Orchestre de Paris, sous la direction de Manfred Honeck, s’est le mieux réalisée ; après des Joyeuses commères d’Otto Nicolai privées de leur truculence et un Don Quichotte de Strauss aux aventures fantasques plus ou moins ressuscitées avec le violoncelliste Truls Mørk.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 22/03/2012
Claude HELLEU
 



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  • Les Joyeuses Commères de Windsor ne l’étaient guère, l’autre soir à Pleyel. Sous la direction de Manfred Honeck, l’Orchestre de Paris donne une version bruyante de l’ouverture d’Otto Nicolai, censée reposer sur la dernière scène de l’opéra qu’avant le Falstaff de Verdi la pièce de Shakespeare lui avait inspiré.

    Verve théorique, truculence absente, ni le ridicule Sir John évoqué, ni les coquines décidées à s’en venger n’apparaissent dans un orchestre lourdement chargé de cuivres et percussions aux grosses nuances, pas plus que les violons n’ont créé au début de l’œuvre la moindre atmosphère magique.

    Envolées légères et staccatos aériens annoncés ne sont pas au rendez-vous. En revanche, une fin en fanfare correspond mieux à l’interprétation martiale qui a écrasé cette musique dès lors privée de ses fées et de ses fantaisies.

    Et Don Quichotte, est-il venu nous interpeller ? Une sonorité en retrait ne sert pas la présence du violoncelliste, trop souvent noyée dans le grand orchestre voulu par Richard Strauss. Après l’Introduction d’une polyphonie pesamment structurée par Manfred Honeck, Truls Mørk impose plus ou moins le chevalier fantasque au fil des Variations qui reprennent les épisodes du roman de Cervantès.

    Perdue dans son combat avec les moulins à vent où les violons ne brillent pas d’homogénéité, sous les trémolos de bois et cuivres censés imiter le bêlement des moutons et pour une fois décevants, sa redoutable partition ne se projette guère mieux dans ses dialogues avec sa bien-aimée imaginaire Dulcinée, premier violon généralement frustrant.

    Face à Sancho Pança, en revanche, l’excellent premier alto de l’Orchestre de Paris, l’échange existe. Et quand les trois héros s’expriment de concert, c’est l’alto qui domine ses partenaires. Il faut attendre la Variation V, Veillée d’armes de Don Quichotte, pour jouir pleinement du chant magnifique du violoncelle.

    Le retrouver ici et là au gré d’aventures où bassons et hautbois nous ravissent quand ils sont à l’honneur, ou le reperdre, et pas seulement dans l’ultime bataille qui l’oppose difficilement à l’orchestre entier, mené à la baguette, c’est le cas de le dire, par Manfred Honeck. L’instrument principal, ainsi l’a qualifié Richard Strauss, nous revient dans toute son éloquence avec le retour de Don Quichotte à la sagesse. L’ampleur contemplative d’un souffle superbement porté nous communique alors son émotion.

    Lumière du solo de la flûte sur l’introduction lente de la Symphonie n° 8 de Dvořák, éclat de l’orchestre : l’allégresse du premier mouvement le rassemble. Vents personnalisés et cordes enfin serrées, son expressivité ne faiblira plus. Sérénité, tension des coups de timbale, rêverie, fierté des cuivres, calme inspiré de la direction du chef, l’Adagio rayonne des variations de son climat.

    Vitalité populaire de l’Allegretto grazioso, aux rythmes entraînants et nuances élémentaires, trompettes triomphantes pour annoncer l’Allegro final : altos et violoncelles seuls dans leurs plus belles couleurs, personnalités des bois, cors magistraux, accords cinglants et fortissimo l’Orchestre de Paris implose sous la direction de Manfred Honeck dans l’apothéose de l’irrésistible symphonie du maître tchèque.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 22/03/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du violoncelliste Truls Mørk à la salle Pleyel, Paris.
    Otto Nicolai (1810-1849)
    Les Joyeuses Commères de Windsor, ouverture
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Quichotte, poème symphonique avec violoncelle principal op. 35
    Truls Mørk, violoncelle
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 8 en sol majeur, op. 88
    Orchestre de Paris
    direction : Manfred Honeck

     


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