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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Récital Schubert par Christoph Prégardien et Michael Gees au Festival de Saintes

Un voyageur qui ne ménage pas ses transports
© © Eric Sebbag

Dans les pas du voyageur (Wanderer) de Schubert inspiré par Goethe, personne n'avait laissé une empreinte aussi profonde que Dietrich Fischer Dieskau. Mais en même temps qu'il a balisé l'itinéraire, sa stature l'a rendu presque impraticable. Il reste néanmoins des explorateurs obstinés capables de tracer de nouvelles routes, Christoph Prégardien est de ce ceux-là.

 

Festival de Saintes, Abbaye aux Dames, Saintes
Le 20/07/2000
Eric SEBBAG
 



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  • Heureux qui comme Ulysse ? Dans la représentation des Romantiques allemands, le voyage offre peu de matière à réjouissances. Loin de la terre natale, le voyageur n'est qu'une âme errante en proie à la nostalgie, aux regrets et à une lancinante mélancolie. Tout au long de ses pérégrinations, chaque pas lui extorque un lourd tribut d'affliction.
    Voyageur, le concertiste d'aujourd'hui l'est aussi, le plus souvent par raison sinon par inclination. Est-ce l'explication de la prodigieuse faculté d'identification de Christoph Prégardien ? Il n'est pas de ces ténors à l'émission l'émission facile et au timbre sucré, sa voix est au contraire très timbrée avec une légère couleur nasale qu'il sait cuivrer ou teinter d'amertume à volonté. Pour lui, les notes ne sont pas données mais comme soustraites à un gosier avare, avec autant de résolution qu'il le faut au voyageur rompu pour arracher ses bottes d'une terre humide et poisseuse. Mais de cette lutte intérieure, Prégardien tire une énergie qui compense au centuple le manque de largesse apparent de son organe. S'il paye le prix fort pour chaque son, il rembourse l'auditeur d'une palette expressive dont on ne discerne pas les limites. Combien de nuances entre une voyelle ouverte ou fermée ? À dessein, un souffle quasi palpable ou totalement imperceptible. Un volume tellement étagé que sa seule dynamique semble capable d'imiter toutes les textures de voix, de l'altier contre-ténor à l'ample baryton. Mais surtout, il y a ces légers décrochements qui donnent d'abord l'impression que l'artiste est submergé par son propos, alors qu'il ne fait que l'illustrer avec le sang-froid d'un équilibriste qui franchit un gouffre sans ciller : au final le transport est assuré mais le retour impossible à garantir

    Avec de tels moyens de locomotion, la traversée de ces lieds s'avère aussi captivante que le serait une virée sur une autre planète ; sauf que ce genre tourisme ne coûte qu'un billet de concert. Avec Prégardien comme guide, allez-y, vous n'en reviendrez pas !




    Festival de Saintes, Abbaye aux Dames, Saintes
    Le 20/07/2000
    Eric SEBBAG

    Récital Schubert par Christoph Prégardien et Michael Gees au Festival de Saintes
    Lieder de Schubert sur le thèmes des Adieux et du Voyage
    Chistoph Prégardien (ténor)
    Michael Gees (piano)

    Visiter le site de Chistoph Prégardien et connaitre la date de ses prochains concerts

     


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