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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Récital du pianiste Leif Ove Andsnes au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Le feu sous la glace
© Simon Fowler / EMI

Notre rendez-vous annuel au Théâtre des Champs-Élysées avec le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes est l’assurance d’un programme original et d’une grande concentration, mais aussi d’une sonorité unique, franche, pleine et colorée avec une miraculeuse projection qui sont sa signature pianistique. Le récital 2012 n’aura pas dérogé à la règle.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 26/03/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Combien de pianistes, dans cette génération de quadragénaires, ont-ils montré de constantes preuves de maturation, fait montre d’originalité dans leurs programmes et leurs projets comme le norvégien Leif Ove Andsnes ?

    Si l’on excepte le projet Reframed Pictures sur les Tableaux d’une exposition avec le plasticien Sud-africain Robin Rhode, tout ce qu’il a entrepris l’était sous le signe de la sagesse et de la qualité musicale, sans compter les choix des partenaires – là encore l’exception Ian Bostridge dans un projet de Lieder de Schubert n’était pas des plus heureuses. Si la page du festival de Risør dans son pays natal est tournée pour Andsnes, il vient d’être nommé directeur artistique du festival Ojai Music en Californie.

    Quelques jours avant le Queen Elisabeth Hall de Londres, Leif Ove Andsnes a joué devant une salle du Théâtre des Champs-Élysées pleine un récital faisant contraster dans sa première partie le classicisme de Haydn au modernisme de Bartók et établi des correspondances entre ces deux Hongrois et Debussy. La deuxième partie étant consacrée entièrement à Chopin.

    Avec la Sonate n° 33 de Haydn qu’il fréquente depuis son adolescence, Andsnes établit d’emblée un contact basé sur la richesse de la sonorité, pleine, franche, chantante, projetant merveilleusement bien et toujours à l’affût de nouvelles couleurs. La rigueur du style si souvent annonciateur de Beethoven aussi en impose sans aucune afféterie mais toujours dans les limites de ce moderniste parmi les classiques et avec une clarté qui force l’admiration.

    La Suite op. 14 de Bartók éclate ensuite, riche de jeunesse et d’insolence dans sa recherche tous azimuts sur le rythme, la sonorité, la texture même, le parfum et les couleurs d’un terroir encore inexploré par le piano en ce tout début de XXe siècle.

    Andsnes sait faire jaillir ces contrastes tout comme il sait les faire rejaillir sur la musique de Debussy, particulièrement dans ce Premier Livre d’Images où, toutes recherches de Bartók assimilées, le compositeur français se complait dans un pseudo-classicisme apaisé et ne cherchant qu’à créer des climats comme dans Reflets dans l’eau, des impressions avec Mouvement et du style avec Hommage à Rameau. Un magnifique parcours qu’Andsnes réussit sans esbroufe, avec une espèce de force tranquille qui sait exactement comment créer l’effet sans jamais ne forcer le trait.

    Le choix des pièces de Chopin était aussi très judicieux, permettant grâce aux valses de créer un climat dansant, mais comme en rêve et propice à la confidence pour entrer ensuite dans le vif du sujet avec des pièces de la grande maturité dans lesquels le compositeur permet au pianiste d’exprimer tout un feu que la musique suggère.

    Andsnes, avec une réserve devenue si rare en cette période où le piano se doit d’être clinquant, trouve toujours le feu sous une glace relative et qu’il brise avec lenteur et assurance pour donner tout son panache à la Troisième mais surtout à la Première Ballade et contenir sans jamais passer les limites de le pudeur les plaintes du Nocturne op. 62 n° 1, probablement la perle de cette deuxième partie

    Encore une valse pour rester chez Chopin et une bien inutile Étude-Tableau de Rachmaninov pour s’en éloigner, impression à peine contrariée par un Grieg puis une Danse espagnole de Granados qui n’avaient plus rien à voir avec le reste du programme. Renoncera-t-on un jour à cette habitude ? Prochain récital et rendez-vous pris dans juste un an, le 5 avril 2013, avec Beethoven, Chopin et Liszt.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 26/03/2012
    Olivier BRUNEL

    Récital du pianiste Leif Ove Andsnes au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Joseph Haydn (1732-1908)
    Sonate pour piano n° 33 en ut mineur Hob. XVI.20
    Béla Bartók (1881-1945)
    Suite op. 14 Sz.62
    Claude Debussy (1862-1918)
    Images, livre 1
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Valse en fa mineur op. 70 n° 2
    Valse en sol bémol majeur op. 70 n° 1
    Valse ré bémol majeur op. 70 n° 3
    Grande valse en la bémol majeur op. 42
    Ballade n° 3 en lab majeur op. 47
    Ballade n° 1 en sol mineur op. 23
    Nocturne op. 62 n° 1
    Leif Ove Andsnes, piano

     


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