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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du baryton Matthias Goerne à la salle Pleyel, Paris.

Lyrisme fluctuant
© Marco Borggreve

Schumann, Schubert et Strauss dans un répertoire choisi pour son lyrisme, connaissent des réussites diverses sous la baguette de Paavo Järvi à la tête de l’Orchestre de Paris, dans une soirée où le meilleur est le fait de Matthias Goerne dans des Lieder orchestrés, sélectionnés pour leur lumière et leur délicatesse.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 11/04/2012
Claude HELLEU
 



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  • Selon les programmes, ou selon les jours ? Sous la direction de Paavo Järvi, l’Orchestre de Paris offre des concerts auxquels notre adhésion n’est pas la même. Difficile a-t-elle été aux deux œuvres de Schumann qui encadraient ce soir les Lieder de Schubert et de Strauss chantés par Matthias Goerne.

    Que l’ouverture Manfred est peu romantique pour inaugurer une soirée placée sous l’éclairage du lyrisme ! Réorchestrée par Mahler dans le respect des lignes et des rythmes thématiques du maître rhénan, l’interprétation ignore cette subtilité, de même que la dualité propre à l’être de Byron. Si le défi et la mélancolie se partagent les tourments du héros dans l’inspiration de Schumann, celle-ci n’apparaît guère.

    Les brusques accords des premières mesures perdurent en énergie combattive. La battue raide garde les musiciens dans une masse sonore, cordes et vents confondus, d’où les chants sortent à peine. Heureusement, un moment de lumière éclaire les derniers instants de la partition sous l’archet du violon solo Roland Daugareil.

    Première page orchestrale de Schumann, composées dans la joie de son mariage tant attendu avec Clara Wieck, la Symphonie n° 1 est tout allégresse. Placé en exergue, le vers d’un poème de Böttiger, « Dans la vallée le printemps fleurit », légitime son titre. L’appel triomphal des trompettes célèbre l’éveil de la nature. On connaît la qualité des cuivres de l’Orchestre de Paris, qui ensoleilleront un parcours inégal.

    Les bois s’y mêleront plus ou moins distinctement avant de reprendre le pouvoir dans le Finale, au terme d’une trajectoire à l’enthousiasme jubilatoire certes, mais sans grâce, aux élans répétitifs et martelés. Pause d’un Larghetto enfin nuancé dans les sonorités piano.

    Dans la même veine, légendaire est la maîtrise de Matthias Goerne dans l’art du Lied, récemment encore consacré par les cycles de Schubert donnés en récital avec Christoph Eschenbach au piano dans la même salle Pleyel.

    L’apport de son orchestration par quelques uns de ses admirateurs ne se montre guère probant, si bon partenaire soit Paavo Järvi à la tête d’un orchestre attentif au soliste, et mieux à même de prolonger ou sertir sa voix dans la richesse de coloris des poèmes symphoniques de Strauss, conçus comme tels par leur auteur.

    Ces lieder de Schubert et Strauss, choisis par Matthias Goerne pour leur intériorité, alternent des climats de même nature, magnifiquement née d’un timbre à l’ampleur, la profondeur et la précision infaillibles.

    Un art exceptionnel d’attaquer la note, de la prendre pour l’épanouir aussitôt, qu’elle soit ténue ou projetée magnifiquement, peut tout et donne tout de poèmes dont le caractère contemplatif entraîne une certaine similitude des atmosphères, renforcée par la gestuelle du baryton.

    Son balancement, bras et mains légèrement ouverts, semble bercer rêves et contemplations. Aussi nous changent la passion à laquelle nous invite Heimliche Aufforderung de Strauss, ou le dramatisme d’un Ruhe, meine Seele bouleversant. Mais si l’on peut trouver dommage que le baryton nous ait mesuré de tels élans, la lumière dont il a éclairé ses évocations n’a cessé de rayonner.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 11/04/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du baryton Matthias Goerne à la salle Pleyel, Paris.
    Robert Schumann (1810-1850)
    Manfred, ouverture op. 115
    Orchestration de Gustav Mahler
    Franz Schubert (1797-1828)
    An Silvia, D 891
    Greisergesang, D 778
    Im Abendrot, D 779
    Tränenregen, extrait de la Belle Meunière, D 795.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Traum durch die Dämmerung, op. 29, n° 1
    Das Rosenbad, op. 36, n° 1
    Freundliche Vision, op. 48, n° 1
    Heimliche Aufforderung, op. 27 n° 3
    Ruhe, meine Seele, op. 27 n°1
    Allerseelen, op. 10, n° 8
    Morgen, op. 27, n°4
    Matthias Goerne, baryton
    Robert Schumann (1810-1856)
    Symphonie n° 1 en sib majeur op. 38, « le Printemps »
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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