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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel à la salle Pleyel, Paris.

Un hédonisme contrôlé
© Matthias Bothor

Le prodige vénézuélien de la baguette Gustavo Dudamel poursuit l’internationalisation de sa carrière avec un succès pour l’heure à peu près total, comme en témoigne ce concert à Pleyel où la Philharmonie de Berlin sert avec son art inimitable un Beethoven ancienne manière assumé et un Strauss magnifique d’éclat maîtrisé.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 03/05/2012
Yannick MILLON
 



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  • Non content d’être directeur musical, à tout juste trente-et-un ans, de trois formations à la fois (Los Angeles Philharmonic, Göteborg Symphony, Orchestre Simón Bolivar du Venezuela), Gustavo Dudamel est aujourd’hui invité par les phalanges les plus prestigieuses. L’énergie communicative avec laquelle il empoigne les partitions les plus rabâchées a convaincu au fil des ans les musiciens les plus chevronnés.

    Et si son parcours discographique n’est pas pour l’heure à la hauteur de sa réputation, l’entendre en direct reste une expérience à vivre, tant il suscite l’enthousiasme en salle. Programme sans risque ce soir pour ce concert de tournée des Berliner à Pleyel. Soixante-dix minutes de musique, façon époque Karajan, autrement dit une quintessence programmatique loin du gavage proposé presque partout à notre époque de frénésie consommatrice.

    Ceux qui s’attendaient à une exécution explosive de la Cinquième Symphonie de ce cher Ludwig auront eu la surprise d’une première partie où notre jeune maestro, d’ordinaire survolté, se cantonnera à un hédonisme un rien réac. Exécution grand style à l’ancienne en effet, sise sur un tapis de cordes à tomber à la renverse, sculpté, buriné à l’envi, aux basses dantesques, et sur des vents en bloc, un rien monochromes.

    Un hommage sans doute, en moins hénaurme il va sans dire, aux Berliner ronronnants d’autrefois, tant Dudamel privilégie la vision d’ensemble, la longueur des transitions comme des phrasés, les suspensions harmoniques avec un art certes soutenu quant à l’énergie mais d’une hauteur de vue et d’une ampleur un rien à contre courant, surtout pour un chef né les deux pieds dans la révolution baroque.

    On ne peut donc que s’en étonner à l’heure où il est jusqu’à un Bernard Haitink octogénaire d’avoir assimilé la nouvelle donne initiée dès les années 1980, et quasiment généralisée depuis. Reste que ce Beethoven d’une stature impériale a la rectitude admirable. Le mouvement lent y trouve des teintes sœurs de la Pastorale, une tension harmonique et un climat automnal captivants.

    Heureusement d’ailleurs que le timbalier, très discret dans l’ensemble de cette Cinquième comme la section de cuivres, frappe un rien avant le reste de l’orchestre dans les accords très verticaux du Finale, sans quoi la pâte manquerait à la longue de tranchant – une rondouillardise qu’on retrouvera dans le Jardin féérique de Ravel donné en bis.

    En revanche, après l’entracte, le maestrino donnera un Zarathoustra de Strauss absolument inattaquable. Débarrassant l’introduction de tout sentiment de Nacht und Nebel, Dudamel joue au contraire l’acuité, la netteté des timbres, et érige un monument sonore aux angles saillants.

    Wieland Welzel peut dès lors laisser éclater sa force de frappe, jusqu’à des toniques terminales assénées sur deux timbales à la fois. Plus généralement, le pupitre de percussion fascine par la cohésion et la collectivité de son jeu d’ensemble, les quatre instrumentistes veillant par le regard et le geste à délivrer le climax d’une même communauté d’esprit.

    Appuyé sur un orchestre grisant d’engagement, de virtuosité et de puissance jamais outrancière – Chant de la danse –, le petit chef frisé mène de mémoire une exécution sans esbroufe ni effets de manche, respectant le foisonnement de la partition, ses changements de tempo, la gradation de ses dynamiques sans sombrer dans le clinquant – Des joies et des passions.

    Les Berliner se couvrent alors de gloire, et si la pureté du violon solo de Daniel Stabrawa émerge avant tout dans le dénuement des derniers accords, on retiendra surtout la trompette transcendante de Gábor Tarkövi, capable du plus infime pianissimo comme du plus assourdissant raz-de-marée sonore, avec une aisance dans le détaché de l’aigu et un jeu débarrassé de tout vibrato parasite qui laissent pantois.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 03/05/2012
    Yannick MILLON

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel à la salle Pleyel, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 5 en ut mineur op. 67
    Richard Strauss (1864-1949)
    Also sprach Zarathustra, poème symphonique op. 30
    Berliner Philharmoniker
    direction : Gustavo Dudamel

     


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