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CRITIQUES DE CONCERTS 21 novembre 2018

Récital de la soprano Anna Netrebko accompagnée au piano par Elena Bashkirova dans le cadre des Grandes Voix à la salle Gaveau, Paris.

Netrebko à pleine voix
© Kasskara

Le public qui se pressait très nombreux dans le minuscule et idéal écrin pour la voix de la salle Gaveau était venu principalement pour entendre une diva, Anna Netrebko, rare à Paris et encore plus en récital. Même si peu l’ont remarqué, ils en ont eu deux pour le prix d’une car Elena Bashkirova qui l’accompagnait au piano valait tout autant le déplacement.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 03/05/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Est-ce la mission du critique de fustiger le public ? Il le faut pourtant car la foule qui se presse à Gaveau pour entendre l’une des plus belles et éclatantes voix, et en meilleur santé vocale, du moment est un public d’opéra, la diva en question étant Anna Netrebko qui fait un tabac incontestable dans les plus grands temples élevés à l’art lyrique de ce monde.

    Ce soir, Madame Netrebko a décidé de consacrer la soirée à des mélodies russes, une vingtaine de petites vignettes soigneusement ordonnées et rangées par petits groupes avec un sens et une volonté de réunir manifestement très au point s’agissant d’un récital qu’elle a déjà donné, et gravé aussi, à Salzburg avec au piano Daniel Barenboïm.

    Le public, par le biais d’un feuillet disposé gracieusement sur chaque siège par l’organisateur les Grandes Voix, est informé de la prière des artistes de ne pas être applaudis après chaque mélodie et encore moins photographiés pendant le concert. Las ! Les applaudissements fusent comme si de rien n’était, même pendant les mélodies, en tous cas avant la fin du piano… Et les téléphones portables n’auront cessé de crépiter (et même de sonner) tout au long du concert.

    On ne peut pas dire qu’Anna Netrebko s’en soit beaucoup formalisée, jouant un peu à la petite fille cabotine d’un bout à l’autre d’un récital qui la vit passer de l’émeraude au marron glacé au gré des deux parties, pas vraiment dans les standards de l’élégance parisienne.

    Salle acquise d’avance, mi-parisienne mi-russe avec quelques huiles du monde musical dont Daniel Barenboïm (du presque jamais vu tant ses soirées libres annuellement doivent se compter sur les doigts d’une main,) mais en supporter de son épouse Elena qui accompagne comme à Saint-Pétersbourg en 2010 ce même programme.

    Et la musique, demanderez-vous, après ces considérations sociales ? On l’a dit, la voix en glorieuse santé, mais constamment utilisée à plein volume comme pour de l’opéra, la diction on s’en doute superlative, une présence scénique immense, parfois trop racoleuse, mais sachant regarder chaque spectateur dans les yeux au point que l’on ait individuellement l’impression de se sentir reconnu. Du grand art médiatique !

    Mais d’émotion purement musicale, peu. Ces petits chefs-d’œuvre de Rimski-Korsakov et de Tchaïkovski demandent plus que de la voix et même l’intelligence du texte, un talent de médiateur qui passe par le domptage de l’instrument afin de le rendre plus à même de traduire les mots plus que la mélodie. Les bis alignent une Berceuse tzigane de Dvořák magnifiquement intime (comme quoi la chose n’est pas impossible) et deux Lieder de Richard Strauss (Cäcilie et Morgen) de nouveau à plein régime et sans les qualités de phrasé requises.

    Au piano, la Netrebko avait la chance, après Daniel Barenboïm aux lancements berlinois et salzbourgeois de ce programme en 2009 et 2011, de rester en famille avec l’épouse du chef et pianiste Elena Bashkirova qui, comme son nom l’indique, est aussi la fille de l’immense pianiste et pédagogue Dmitri Bashkirov et qui maîtrise, elle, chaque nuance mélodique et dynamique de ce répertoire.

    Elle lui apporte un soutien magnifique et infaillible, mais aucun pianiste ne peut contrôler le volume vocal de son chanteur. Dommage, sans rancune et rendez-vous en septembre pour la rare Iolanta de Tchaïkovski que les Grandes Voix lui offrent de chanter en version de concert à la salle Pleyel.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 03/05/2012
    Olivier BRUNEL

    Récital de la soprano Anna Netrebko accompagnée au piano par Elena Bashkirova dans le cadre des Grandes Voix à la salle Gaveau, Paris.
    Nikolai Rimski-Korsakov (1840-1903)
    Ce dont je rêve en secret, op. 40 n° 3
    Pardonne ! Oublie les jours d'agonie, op. 27 n° 4
    Ce n'est pas le vent, soufflant des hauteurs, op. 43 n° 2
    Le chant de l'alouette, op. 43 n° 1
    Les monts de Géorgie, op. 3 n° 4
    Au royaume de la rose et du vin, op. 8 n° 5
    Chanson de Suleika, op. 26 n° 4
    Captivé par la rose, op. 2 n° 2
    Le cortège aérien des nuages, op. 42 n° 3
    La Nymphe, op. 56 n° 1
    Songe d'une nuit d'été, op. 56 n° 2
    Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893)
    Dis, qui chante à l'ombre des branches, op. 57 n° 1
    Oublier si vite
    Nuits de folie, op. 60 n° 6
    Pourquoi ?, op. 6 n° 5
    Sérénade, op. 63
    J'étais pourtant comme un brin d'herbe, op. 47 n° 7
    Parmi les jours de spleen, op. 73 n° 5
    Que règne le jour, op. 47 n° 6
    Anna Netrebko, soprano
    Elena Bashkirova, piano

     


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