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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Willy Decker à l'Opéra néerlandais d’Amsterdam.

Don Carlo anti-héros

Don Carlo à l'Opéra d'Amsterdam marqua en 2004 la fin de la collaboration de Riccardo Chailly avec l'Orchestre du Concertgebouw dont il était le chef depuis 1988. Dans une mise en scène assez austère de Willy Decker, c’était alors les débuts de Rolando Villazón dans le rôle-titre. Pour cette reprise, l’Opéra néerlandais n’a pas eu la main aussi heureuse.
 

Muziektheater, Amsterdam
Le 30/05/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Il n'existe pas moins de sept versions du Don Carlo de Verdi. C'est la version milanaise de 1884, en italien, excluant le premier acte et le ballet qu’a choisi l’Opéra néerlandais, et encore y a-t-il ajouté quelques coupures de son cru. Véritable champ de questions pour un metteur en scène, l’ouvrage pose principalement le problème de la vérité historique dont Verdi et ses librettistes se sont considérablement éloignés après les auteurs qui leur ont servi de source.

    Willy Decker a cherché dans son travail à revenir vers une vérité historique imprimant à ses personnages des comportements assez excessifs qui ne vont pas toujours dans le sens de la musique et de la dramaturgie verdiennes. Ainsi l'Infant est-il très agité, avec une motricité bizarre aggravée par un costume à culotte bouffante aux airs de couche-culotte, une totale régression pour ce prince de vingt-trois ans au moment de l'action.

    Même si Decker a centré sa régie sur lui, ce qui n'est généralement pas le cas, tout dans la mise en scène tend à faire de lui un anti-héros, voire un héros romantique avant la lettre. Le metteur en scène a aussi levé un peu de la rigueur de la cour d’Espagne estompant ce protocole rigide qui pourtant est la garantie de l'inexorable solitude des personnages et de leur incommunicabilité.

    Sans doute a-t-il voulu tenter aussi de donner une unité à la série de tableaux qui composent l'opéra et d'insuffler plus de relief aux personnages qui sont avant tout des caractères. Le résultat n'est pas toujours convaincant, d'autant qu'une certaine monotonie s'installe rapidement dans le décor unique qui sert de cadre à toute l'action.

    Wolfgang Gussmann a dessiné pour cela un espace semi-circulaire inspiré de la crypte royale de l’Escurial, mausolée de marbre froid et gris qu’un panneau figurant un ciel étoilé vient réchauffer pour les scènes d’extérieur et qui s’ouvre vers l’arrière pour donner plus d’espace à la scène cependant assez peu spectaculaire de l’autodafé. En revanche, les costumes qu’il a cosignés avec Susana Mendoza sont une véritable réussite, hormis celui de Carlo, tant par la fidélité historique de leur coupe que par le choix des couleurs.

    Pour cette reprise huit ans après la première, outre que la mise en scène paraît déjà datée, l’Opéra néerlandais n’a pas eu la main heureuse pour la distribution. Des individualités intéressantes certes, mais bien égarées dans l’opéra italien et ne se fondant en aucun cas en un ensemble.

    Absent de taille, l’infant Carlo ne trouve pas en l’Américain Andrew Richards un interprète possible ni crédible. Une certaine sûreté dans l’aigu ne suffit pas à créer le personnage si le timbre est si ingrat, l’italien à ce point défaillant et la ligne de chant incertaine pour ne pas dire inexistante.

    Ni Christopher Maltman (Rodrigo), ni Mikhaïl Petrenko (Philippe II), tous deux admirables chanteurs, n’ont une idée du phrasé verdien et encore moins de l’italien. Camilla Nylund approche à la rigueur les moyens requis pour chanter Elisabeth, mais elle le fait avec si peu de charme et tellement de froideur que le rôle reste totalement en retrait, comme sacrifié. Ekaterina Gubanova ne manque pas de moyens non plus mais son Eboli reste figée dans une convention et une raideur désespérantes.

    À la tête de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam dont il est le chef principal, le jeune, talentueux et prometteur chef canadien Yannick Nézet-Séguin s’est attaqué ici à un trop gros poisson. Le sens du drame lui échappe complètement. Il se raccroche à certains détails mais ne fait jamais décoller l’orchestre qu’il se contente de diriger trop fort dans les climax sans pour autant créer la tension dramatique. Une bien décevante représentation.




    Muziektheater, Amsterdam
    Le 30/05/2012
    Olivier BRUNEL

    Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Willy Decker à l'Opéra néerlandais d’Amsterdam.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlo, opéra en quatre actes
    Livret de Joseph Méry et Camille du Locle d’après Schiller, adapté en italien par Achille de Lauzières et Angelo Zanardini
    Version milanaise de 1884

    Koor van De Nederlandse Opera
    Rotterdam Philarmonisch Orkest
    direction : Yannick Nézet-Seguin
    mise en scène : Willy Decker
    décor et costumes : Wolfgang Gussmann & Susana Mendoza
    éclairages : Hans Toelstede
    préparation des chœurs : Martin Wright

    Avec :
    Mikhaïl Petrenko (Filippo II), Andrew Richards (Don Carlo), Christopher Maltman (Rodrigo), Sir John Tomlinson (Il Grande Inquisitore), Andrea Mastroni (un Frate), Camilla Nylund (Elisabetta di Valois), Ekaterina Gubanova (Princesse Eboli), Eugénie Warnier (Tebaldo), Maartje de Lint (La Contessa d’Aremberg), Rudi de Vries (Il Conte di Lerma / un Araldo), Lisette Bolle (Una voce del cielo).

     



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