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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Alexander Vedernikov, avec la participation du pianiste Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.

Tsunami russe

Orchestre de Paris et musiciens russes au superlatif : œuvres et interprétation atteignent des paroxysmes au cours de ce concert dirigé par Alexander Vedernikov, avec le Divin Poème de Scriabine tel un raz de marée sonore, après un Deuxième Concerto pour piano de Prokofiev époustouflant sous les doigts de Boris Berezovsky.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 13/06/2012
Claude HELLEU
 



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  • Une sonorité diaprée, quelques minutes, et aussitôt la puissance. D’emblée fusionnels, Boris Berezovsky et le Deuxième Concerto de Prokofiev le seront de la première à la dernière note de l’œuvre hallucinante, on ne peut dire sous les doigts du pianiste russe tant l’influx né du corps immobile les irradie, bras également engagés. Absolue, l’aisance domine dans ses moindres détails le lyrisme éperdu de la partition et ne cessera d’enthousiasmer.

    Orchestre à lui seul, ce piano impératif nous offre une première cadence stupéfiante. Technique et virtuosité ne veulent plus rien dire tant elles sont transcendées par l’expressivité des attaques percutantes, incisives, fracassantes mais colorées, de la vélocité folle et provocante, de l’agilité légère aussi bien que de la profondeur et de l’élasticité de la frappe et de ses emportements.

    L’imminence de la pédale embellit, amplifie, nuance, modifie le toucher sans jamais noyer les traits foudroyants. Et jamais l’Orchestre de Paris, plus ou moins présent selon les mouvements et les moments, ne couvrira non plus ce soliste maître du jeu tant dans ses cadences que dans les tutti où se magnifie sa prépondérance.

    Ainsi le rythme barbare de l’Intermezzo connaît-il une férocité impitoyable avant d’évoluer vers la désinvolture d’un humour capiteux, laissant l’orchestre suivre comme il peut. Rythme sous toutes les formes, déchaînements terrifiants, évasion rêveuse, même avec les cuivres, le piano règne aussi bellement qu’il chante dans la dernière cadence lente et éloquente.

    Et quand l’orchestre, dont la discrétion ne frustre pas tant le soliste nous comble, explose dans le finale, leur apothéose commune ne saurait mieux exalter celle de ces pages grandioses, où défi pianistique de Prokofiev et prouesses de Boris Bezerovsky se rencontrent superbement sous la direction d’Alexander Vedernikov, dont la stature se révèlera dans la Troisième Symphonie de Scriabine.

    Superlatifs là encore. En remplacement de Kirill Petrenko souffrant et pour la première fois à la tête de l’Orchestre de Paris, l’ancien directeur du Bolchoï de 2001 à 2009, spécialiste du répertoire russe, entraîne l’orchestre au plus intense de son engagement dans le déferlement de ce Divin poème, puisque tel est le titre d’une symphonie aux dimensions cosmiques.

    Sans baguette, Vedernikov brasse de tout son être l’énorme effectif orchestral adoubé à la richesse de la partition. Les pupitres s’exaltent dans un élan fusionnel : héroïsme des trombones, trilles des flûtes, personnalités des vents superbement actifs se mêlent à celles des cordes pour soulever un univers de conflits, d’apaisements, d’élans ascensionnels de toutes natures.

    L’Introduction puissante marquée sur la partition Divin, grandiose, les Luttes du premier mouvement, les Voluptés du deuxième, le Lento vivo, avec des pizz chantants sous la mélodie des violons et le solo limpide du premier violon Roland Daugareil, le Jeu divin du Finale déroulent leurs climats tour à tour mystérieux et tragiques, sensuels, d’une vitalité radieuse, transcendés par des interprètes donnant le meilleur de leur art.

    Investi sans réserve par Alexander Vedernikov et l’Orchestre de Paris subjugué, ce foisonnement orchestral aussi audacieux que passionnel, nourri des considérations philosophiques et mystiques du compositeur, atteint des paroxysmes sonores étourdissants sublimés dans une conclusion triomphante. Divine ou pas, une apothéose tel un irrésistible tsunami.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 13/06/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Alexander Vedernikov, avec la participation du pianiste Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, op. 16
    Boris Bezerovsky, piano
    Alexandre Scriabine (1872-1915)
    Symphonie n° 3 en ut mineur op. 43, « Le divin poème »
    Orchestre de Paris
    direction : Alexander Vedernikov

     


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