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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2019

Reprise de Parsifal dans la mise en scène de Stefan Herheim, sous la direction de Philippe Jordan au festival de Bayreuth 2012.

Bayreuth 2012 (1) :
Work in regress

© Bayreuther Festspiele GmbH / Enrico Nawrath

Au terme de cinq années à Bayreuth, le Parsifal de Stefan Herheim est diffusé en direct sur ARTE et dans les cinémas d’Allemagne, parallèlement à sa captation pour le DVD. Une bonne nouvelle en soi, n’était un propos de plus en plus éparpillé à force de remaniement. Philippe Jordan fait quant à lui des débuts sensationnels sur la Colline.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 11/08/2012
Yannick MILLON
 



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  • Comment ne pas ressentir une certaine dĂ©ception en revoyant ce Parsifal si Ă©vocateur, intelligent et musical, amoindri en bout de course par un certain nombre de changements apportĂ©s par Stefan Herheim Ă  sa première mouture tellement rĂ©ussie de 2008, en une volontĂ© affirmĂ©e de privilĂ©gier l’aspect work in progress ?

    Si le spectacle se tient toujours à travers sa triple lecture mêlant histoire de l’Allemagne, histoire du wagnérisme et relation douloureuse à la mère, il apparaît désormais surchargé de petites scories, notamment dans un jeu de figurants éparpillé, parsemé d’outrances affaiblissant le propos global – les souffrances d’Amfortas, de plus en plus extérieures.

    Que font ainsi les déplacés du Troisième Reich à écouter plantés comme des piquets l’affrontement Parsifal-Klingsor ? Pourquoi multiplier les apparitions parasites de la foule, et même à l’occasion chorégraphiées avec un goût douteux, alors que la rigueur physique originelle avait bien plus de force ?

    Il est jusqu’aux changements dans la distribution de compromettre la cohérence scénique, un nouveau Parsifal pas franchement regardable, mélange improbable entre bouledogue et hippie assoiffé de sexe, le disputant à une Kundry surjouant sans cesse.

    Et s’il y a fort à parier que le gros plan sera intraitable sur le DVD, amplifiant même l’affaiblissement notoire de la production, que dire d’une distribution erratique gravée ce soir dans le marbre ?

    L’Amfortas omniprésent sur les scènes européennes de Detlef Roth affiche une voix de plus en plus blanchâtre et étranglée dans l’aigu. Le Gurnemanz de Kwangchul Youn, après des débuts bien encombrés, force sur le vibrato et détimbre chaque piano, mais reçoit tout de même une ovation.

    Avec un timbre idoine, le Parsifal de Burkhard Fritz connaît des hauts et des bas, entre un dernier monologue plutôt bien géré et une fin de II mollement projetée, desservi par une émission imprévisible, souvent courte d’intonation dans le haut-médium, et des intentions musicales limitées.

    Susan Maclean vient Ă  bout de Kundry dans le genre « Ă§a passe mais ça casse Â», sacrifiant tout sur sa route : timbre, homogĂ©nĂ©itĂ©, grave, sensualitĂ©. Criant littĂ©ralement ses aigus, abusant des effets de Sprechgesang, l’AmĂ©ricaine possède de toute manière un instrument beaucoup trop peu sĂ©duisant pour le rĂ´le.

    En revanche, rarement ces dernières années les chœurs de Bayreuth ont sonné avec une telle plénitude dans les épisodes liturgiques, contenus, calibrés au millimètre, sans un vibrato qui dépasse, d’un souffle et d’une puissance dans le crescendo chez les hommes à coller le frisson.

    Il faut dire que Philippe Jordan, pour ses débuts in loco, fait une entrée remarquée avec sa lecture claire et solennelle, posée mais pas empesée (4h10 au total), phrasant tendu mais dans la finesse du son, créant une dramaturgie d’une évidence sonore qui respecte religieusement les données acoustiques du Festspielhaus.

    Après les hésitations de son Ring à Paris, après le sur place des 4h40 de Daniele Gatti, on se souviendra longtemps d’épisodes transitoires suspendus, aux nuances infinitésimales, et de silences parmi les plus forts entendus de mémoire de chevalier du Graal – celui suivant le Lachte de Kundry, tétanisant de longueur.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 11/08/2012
    Yannick MILLON

    Reprise de Parsifal dans la mise en scène de Stefan Herheim, sous la direction de Philippe Jordan au festival de Bayreuth 2012.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, ein BĂĽhnenweihfestspiel en trois actes (1882)
    Livret du compositeur

    Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Philippe Jordan
    mise en scène : Stefan Herheim
    décors : Heike Scheele
    costumes : Gesine Völlm
    Ă©clairages : Ulrich Niepel
    vidéo : Momme Hinrichs / Torge Møller
    préparation des chœurs : Eberhard Friedrich

    Avec :
    Detlef Roth (Amfortas), Diógenes Randes (Titurel), Kwangchul Youn (Gurnemanz), Burkhard Fritz (Parsifal), Thomas Jesatko (Klingsor), Susan Maclean (Kundry), Arnold Bezuyen (1. Gralsritter), Christian Tschelebiew (2. Gralsritter), Julia Borchert (1. Knappe), Ulrike Helzel (2. Knappe), Clemens Bieber (3. Knappe), Willem Van der Heyden (4. Knappe), Julia Borchert, Martina Rüping, Carola Gruber, Christiane Kohl, Jutta Maria Böhnert, Ulrike Helzel (Klingsors Zaubermädchen), Simone Schröder (Eine Altstimme).

     



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