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CRITIQUES DE CONCERTS 13 décembre 2019

Iphigénie en Tauride de Gluck au festival de Salzbourg

Du sang sur les robes blanches
© Rittershaus-Festival de Salzbourg

Gluck représente pour l'opéra classique le pendant de Berlioz pour l'opéra romantique. Il était donc fort intéressant que le Festival de Salzbourg mette en parallèle les Troyens et cette Iphigénie en Tauride dirigé par un baroqueux.

 

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Le 05/08/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Entre l'opera seria et le drame romantique, IphigĂ©nie en Tauride est un chef d'oeuvre Ă  l'image de son Ă©poque : en pleine mutation. Dans la mĂŞme pĂ©riode, Mozart compose Mithridatemais ne rivalisera avec l'Ă©criture chorale de Gluck qu'en 1780 avec Idomeneo. Est-ce pour souligner ce caractère de " transition " de IphigĂ©nie ? Salzbourg a placĂ© cette annĂ©e un spĂ©cialiste du rĂ©pertoire baroque Ă  la tĂŞte de l'orchestre du Mozarteum : Ivor Bolton. Dès l'ouverture, ce dernier montre pourtant qu'il s'accommode parfaitement des instruments moderne et il affime au fil des airs et rĂ©citatifs un sens aigu de la caractĂ©risation psychologique des personnages.



    On attendait beaucoup moins de Claus Guth, dont la première mise en scène salzbourgeoise avait déçu, l'an dernier, pour la création de Cronaca del Luogo de Luciano Berio. A tort car son travail pour Iphigénie montre bien qu'il est un des metteurs en scène de pointe de la jeune génération germanique. Avec le concours de Christian Schmidt pour la scénographie, Guth a résumé le parcours de Gluck, enrobant la scène de velours frappé d'un dessin viennois, avec un parquet à la Versailles, et habillant Iphigénie et ses compagnes de longues robes blanches de tragédie grecque stylisée. En contrepoint de l'action, des figurants portant de gros masques rappellent ce qui se chante - le drame des Atrides - à coup de poignards et de sang. Du sang, il y en a sur les robes blanches, il y en aura beaucoup autour de cette Iphigénie, à laquelle Susan Graham confère une exceptionnelle grandeur tragique. Sa voix est claire, ample et pathétique, mais sans pathos. Elle incarne la définition de l'opéra selon Gluck, " simplicité, vérité et naturel ". De surcroît sa prononciation française est si claire que chaque vers est intelligible.


    Trois hommes s'acharnent autour d'Iphigénie. D'un côté le roi Thoas, tyrannique et angoissé, auquel la voix noble de Philippe Rouillon apporte une présence inquiétante. De l'autre, Oreste et Pylade alias Thomas Hampson et Paul Groves, deux amis qui détiennent la clé du drame. Ces deux voix, baryton et ténor, se mêlent en un dessin d'une harmonie infinie. Ainsi ce quatuor vocal, par la beauté même du chant, rend encore plus poignant l'âpre destin des êtres voués à la colère des Dieux. Claus Guth éclaire sa mise en scène par une chorégraphie à l'intention des figurants qui doublent le choeur de l'Opéra de Vienne et le rendent présent et efficace. Car les choristes viennois sont incapables de chanter et de bouger en même temps, conservant un côté XIXè siècle, ridicule à souhait. Malgré eux, Iphigénie est un grand spectacle.


    Iphigénie en Tauride de Christoph Willibald Gluck
    Opéra en cinq actes sur un livret de Nicolas François Guillard

    Orchestre du Mozarteum
    Choeurs de l'Opéra de Vienne
    Direction musicale : Ivor Bolton
    Clavecin : Robert Howarth
    Mise en scène : Claus Guth
    DĂ©cors et costumes : Christian Schmidt
    Direction des choeurs : Donald Palumbo
    Assistante chorégraphique : Helge Letonja

    Avec Iphigénie (Susan Graham), Oreste (Thomas Hampson), Pylade (Paul Groves), Thoas (Philippe Rouillon), Diane (Olga Schalaeva), une femme grecque (Elena Belova-Nebera), deux prêtresses (Christiane Kohl et Astrid Hofer), un Scythe (Patrick Arnaud), un serviteur du temple (Walter Zeh).




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    Le 05/08/2000
    Antoine Livio (1931-2001)



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