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CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2020

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Heinz Holliger au festival de Salzbourg 2012.

Salzbourg 2012 (8) :
Vienne Ă  rebrousse-poil

© Wolfgang Lienbacher

Pérégrinations à reculons de la Seconde à la Première École de Vienne dans ce programme Berg-Mozart des Wiener Philharmoniker en comité restreint, sous la baguette experte d’un Heinz Holliger admirable conférencier, remplaçant sa création initialement prévue en complément par du répertoire contemporain de belle facture.
 

Mozarteum, Salzburg
Le 21/08/2012
Yannick MILLON
 



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    Après Gergiev, Jansons et Muti dans les artères pléthoriques du grand répertoire, le très polyvalent Heinz Holliger, hautboïste, compositeur, musicologue, conférencier et chef d’orchestre, prend les rênes des Wiener le temps d’une unique soirée faisant la part belle aux vents viennois depuis le Kammerkonzert de Berg jusqu’à la Gran Partita de Mozart.

    Idée lumineuse, d’abord, que de faire précéder le Concerto de chambre d’Alban Berg d’une sorte de conférence équilibrée entre données factuelles, anecdotes et exemples musicaux, mise en condition permettant de pénétrer au mieux la complexité infinie d’un ouvrage tentaculaire.

    L’exécution qui suit exalte les vertus d’une analyse claire, d’une battue lisible, d’une lecture vivante, cursive, sans sécheresse, jouant du couple tension-détente avec un maximum d’efficacité. On a certes connu le Kammerkonzert plus expressionniste, plus noir, mais le dramatisme des oppositions de nuances et de densités emporte l’adhésion.

    Et si dans l’absolu, le piano d’Alexander Lonquich et le violon de Thomas Zehetmair demeurent un rien monochromes, les vents viennois accomplissent ici des miracles, du cor, entre chien et loup, à la trompette bouchée, inouïe de couleur, sorte de mixture opalescente, en passant par un cor anglais très timbré.

    Juste avant la pause, avec la malice qui est la sienne, le chef suisse s’excuse de n’avoir pas terminé à temps la commande que lui avait passée le festival de Salzbourg et annonce en remplacement trois courtes pièces contemporaines qui précéderont Mozart.

    L’occasion de découvrir l’œuvre de Gustav Friedrichsohn, jeune Letton passionné par la culture japonaise, dont la page pour violon et alto From Darkness on a Shadowed Path, basée sur l’œuvre d’une poétesse nippone du XIe siècle, contemplative et hypnotique, exhale un beau climat intérieur dont on aurait aimé profiter sans les incessants bruits de salle d’un public très remuant.

    Lui succèdent deux pièces pour flûte de Holliger, (é)cri(t), exploitant les possibilités techniques de l’instrument, où Walter Auer exhibe de remarquables sons sifflés, et pour Roland Cavin, hommage du maître à un collègue, adjoignant piccolo et flûte en sol à l’instrument habituel dans un équilibre sonore sans dureté.

    Retour enfin au classicisme de la Première École de Vienne pour le plat de résistance, la Gran Partita de Mozart, dans une optique à l’opposé de celle, un peu rigide, que Boulez avait défendue en 2006 au Großes Festspielhaus, Holliger jouant ici la bonne franquette, façon pique-nique champêtre avec nappe à carreaux et ranz des vaches au lointain.

    Beaucoup de décontraction dans cette exécution au tempo fluctuant selon l’humeur, avec des emballements quasi improvisés et des ralentis de toute beauté. Et si la trépidation n’est pas vraiment à l’honneur – un Finale pépère –, les accents sont là, ainsi qu’une très belle mise en valeur des éléments expressifs de la partition.

    N’étaient une première clarinette hâbleuse et des cors de basset franchement à la ramasse – le recours présumé à des musiciens retraités mériterait d’être reconsidéré devant des accidents d’embouchure multiples et des sonorités entre chalumeau rouillé et klaxon –, les Philharmoniker témoignent d’une école de vents sans pareille.

    Le hautbois de Clemens Horak, merveille d’expressivité, de délicatesse, délivre un Adagio planant jusqu’à l’indicible, un Andante à variations d’une tendresse infinie, la contrebasse d'Herbert Mayr une manière de perfection dans l’art de la présence discrète. Et quelle tenue, quelle classe dans ce jeu d’ensemble aux couleurs mordorées uniques !




    Mozarteum, Salzburg
    Le 21/08/2012
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Heinz Holliger au festival de Salzbourg 2012.
    Alban Berg (1885-1935)
    Kammerkonzert pour piano, violon et treize instruments Ă  vent (1927)
    Thomas Zehetmair, violon
    Alexander Lonquich, piano
    Gustav Friedrichsohn (*1976)
    From Darkness on a Shadowed Path (2012)
    Thomas Zehetmair, violon
    Ruth Killius, alto
    Heinz Holliger (*1939)
    (é)cri(t), pour flûte seule (2006)
    pour Roland Cavin, pour piccolo, flûte et flûte en sol (2005)
    Walter Auer, flûte
    Wolfgang Zuser, piccolo
    Dieter Flury, flûte en sol
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sérénade en sib majeur pour 12 instruments à vents et contrebasse K. 361
    Wiener Philharmoniker
    direction : Heinz Holliger

     


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