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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Concert de rentrée de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Lang Lang.

De la prière à l’orgie
© DG / Kasskara

Ainsi Parvo Järvi semblait-il résumer le concert d’ouverture de saison de l’Orchestre de Paris, où la ferveur des Litanies à la Vierge Noire et du Stabat Mater de Poulenc et la liesse finale de l’Oiseau de feu de Stravinski encadraient le Troisième Concerto de Prokofiev sous les doigts hallucinés de Lang Lang.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 12/09/2012
Claude HELLEU
 



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  • C’est à un compositeur français et au Chœur de l’Orchestre de Paris que Paavo Järvi avait confié l’ouverture du premier concert de sa saison. Les Litanies à la vierge noire, pour voix de femmes et orgue, par la suite arrangées par Poulenc avec accompagnement de timbales et orchestre à cordes, sont sa première œuvre d’inspiration religieuse.

    Le chœur des femmes y rayonne dans une homogénéité qui domine celle, relative, des cordes, prêtant ferveur et sobre clarté aux invocations d’une prière que son auteur voulait sans la moindre grandiloquence. Mise à l’honneur de tout le chœur, ensuite, dans le Stabat Mater, témoignage de fidélité à la mère du Fils de Dieu.

    À la douleur, aux éclats, au recueillement, à l’extase, à la béatitude, hommes et femmes donnent toute leur lisibilité. La répartition des voix trame les suggestions changeantes de la partition, éclaire ses contrastes. Complices de leur expressivité, les interventions des cuivres et des bois exaltent la spiritualité d’un parcours de l’ombre à la lumière simplement inspiré.

    Mireille Delunsch remplaçait au pied levé Patricia Petibon souffrante, et venait de déchiffrer la partition à quinze heures ! On ne peut donc qu’admirer sa performance, plus à l’aise dans les forte, au cours d’une interprétation dominée par le Chœur et les vents de l’Orchestre de Paris. L’occasion de rappeler que cette formation chorale, dirigée depuis septembre 2011 par Lionel Sow, est constituée d’amateurs.

    Clarinette idyllique, climat aussitôt créé du Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev. Impressionnant staccato des cordes. Lang Lang y entre avec son aisance habituelle, s’emporte irrésistiblement. Les accords flamboient, s’opposent, impeccables, la fulgurance des traits se nuance, les rafales d’octaves en éclairent chaque note, les arpèges explosent en feu d’artifice. Le pianiste chinois mène le jeu et Paavo Järvi réussit à suivre les provocations de cette virtuosité sidérante.

    Leur entente se réalise pleinement dans l’Andantino. Jeux et répons de sonorités entre les cuivres solistes et le piano avant que les bois ne prennent le relai, échanges en tous genres, poétiques, ardents, syncopés, méditatifs, avec un orchestre à l’unisson, ce mouvement enchaîne superbement ses variations.

    Que dire du Finale ? Quels superlatifs pour une telle aisance dans les extraordinaires défis ? Impassible autant qu’étourdissant, Lang Lang les transcende d’un lyrisme puissant, fusionné avec l’orchestre jusqu’à l’apothéose de leur course vers les sommets. Délire justifié du public dès la dernière note jouée avant une valse de Chopin en bis incroyable d’audace, vertigineuse, rythmée, enlevée, légère, ivre de sentiment amoureux.

    Oiseau de feu, suite, dans sa version de 1919 pour conclure. Introduction prenante, gravité homogène des violoncelles et des contrebasses, gravité éloquente des bassons, cors et trombones, Danse de l’Oiseau de feu prometteuse, glissando de toutes les cordes, Järvi nous emmène dans les enchantements de la légende russe mise en ballet par Stravinski.

    Après la langueur de la Ronde des princesses, réveil fracassant des percussions. La Danse infernale de Katscheï et ses rythmes irrésistiblement syncopés galvanisent ses interprètes. La Berceuse, merveilleusement chantée par le basson, nous amène au crescendo d’un Finale à la liesse communicative.

    L’orchestre et son chef atteignent les sommets où s’épousent dans l’ivresse, tous pupitres solistes et confondus, les maléfices et lumières du conte décidément magique. Et bissent ce Finale pour le bonheur de tous, sur scène et dans la salle.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 12/09/2012
    Claude HELLEU

    Concert de rentrée de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Lang Lang.
    Francis Poulenc (1899-1963)
    Litanies à la Vierge Noire
    Stabat Mater
    Mireille Delunsch, soprano
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    Serge Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 3 en ut majeur op. 26
    Lang Lang, piano
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Oiseau de feu, suite
    Version 1919
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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