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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction d'Alain Altinoglu, avec la participation du Chœur de Radio France et de la violoniste Fanny Clamagirand en l’église Saint-Eustache, Paris.

In Paradisum
© DR

Dans le cadre magnifique de l’église Saint-Eustache, le Requiem de Gabriel Fauré s’est élevé dans la sérénité voulue par son auteur, tous ses interprètes en union parfaite, notamment le Chœur de Radio France et le baryton Edwin Crossley-Mercer, après un concerto pour violon de Saint-Saëns d’une expressivité convenue.
 

Église Saint-Eustache, Paris
Le 04/10/2012
Claude HELLEU
 



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  • Messe de Requiem si différente d’autres où l’effroi devant la mort tient une part impressionnante, l’œuvre religieuse de Gabriel Fauré déroule sa prière confiante jusqu’au Paradis où les sopranos conduisent le défunt pour y connaître un repos éternel.

    La harpe et l’orgue accompagnent la plénitude sereine de cet In Paradisum atteint en toute gloire et humilité par le Chœur de Radio France et l’Orchestre national de France sous la direction d’un Alain Altinoglu habité par sa foi.

    Et par l’espérance d’une musique sortie du convenu, celui des grands Requiem romantiques et lyriques, aux visions apocalyptiques du Jugement dernier. Pas de Dies irae dans le Requiem de Fauré, dont l’interprétation réclame ferveur, sourire et recueillement pour nous garder sous son emprise.

    « On a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi devant la mort. Quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je ressens la mort, comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux… »

    Et c’est ainsi que la profondeur des cordes graves en communion avec le chœur, voix claires et expressives, ouvrent la partition sur un Kyrie d’une gravité lumineuse. Si quelque inquiétude perce néanmoins dans ce chant de louange, rien de funèbre ne la souligne.

    L’imploration de l’Offertoire n’en est que plus dramatique, mais toujours avec la même économie instrumentale, d’autant plus éloquente. Pénétré de ses paroles, le baryton Edwin Crossley-Mercer en projette la puissance et l’émotion. Accompagnées par les violoncelles, portées par la droiture de son timbre, elles rejoignent le chœur et peu à peu en dissolvent les couleurs sombres.

    Joie du Sanctus, Hosanna sans accents triomphaux excessifs. La ferveur se passe d’éclats mais n’en habite pas moins chœur et orchestre unis pour le meilleur. Plus prosaïque est le tendre Pie Jesu chanté par la soprano Amel Brahim-Djelloul avant un Agnus dei qui se révèle à chaque écoute hymne d’amour unique, si ses interprètes en pénètrent l’adoration sereine.

    Edwin Crossley-Mercer et le Chœur de Radio France en osmose exaltent ce Libera me où la peur s’efface dans l’attente d’un repos éternel, où la musique apaise les mots et les contredit presque avant de nous mener à cet In Paradisum de rédemption et de paix.

    Alain Altinoglu n’a pas auparavant manifesté le même engagement dans la direction du Troisième Concerto pour violon de Camille Saint-Saëns, et pour causes, au pluriel ! L’élégance de l’œuvre, ses qualités décoratives, sa charmante soliste, Fanny Clamagirand, n’ont guère de poids en cette église de la fin du gothique, haute et superbe. La sensibilité de la jeune violoniste française manque de souffle.

    L’admirable sonorité de son Matteo Goffriller (Venise, 1700) parfois s’efface dans des nuances justes et sages, à peine audible par moments. Un léger vibrato, les attaques précises, la justesse et la précision servent un romantisme à l’expressivité convenue. Moins consciencieuse, plus audacieuse, Clamagirand, 28 ans, a la vie devant elle pour trouver son tempérament.




    Église Saint-Eustache, Paris
    Le 04/10/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction d'Alain Altinoglu, avec la participation du Chœur de Radio France et de la violoniste Fanny Clamagirand en l’église Saint-Eustache, Paris.
    Camille Saint-Saëns (1835-1921)
    Concerto pour violon et orchestre n° 3 en si mineur op. 61
    Fanny Clamagirand, violon
    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Messe de Requiem en ré mineur op. 48
    Amel Brahim-Djelloul, soprano
    Edwin Crossley-Mercer, baryton
    Chœur de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Alain Altinoglu

     


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