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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph von Dohnányi avec la participation de Matthias Goerne, Elena Zhidkova et András Bálint à la salle Pleyel, Paris.

Sombre incandescence
© Terry ONeill / Decca

Poignant duo entre l’une des plus belles Judith du moment, Elena Zhidkova, et un Barbe-Bleue tragique, Matthias Goerne superbement angoissé, dans ce Château de Barbe-Bleue recréé par Christoph von Dohnányi à la tête d’un Orchestre de Paris totalement engagé dans son édification. Après une Symphonie Italienne de Mendelssohn à la dynamique moins convaincante.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 10/10/2012
Claude HELLEU
 



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  • « Lointains mystères… Écoutez bien, regardez bien… » Au seuil de ce Château de Barbe-Bleue où va nous emmener Christoph von Dohnányi, le récitant András Bálint nous conditionne. Et nous prévient : « Voyez dans l’ombre… »

    Nous verrons donc tout ce que la curiosité de Judith veut découvrir. Tout ce que l’angoisse amoureuse de Barbe-Bleue voudrait empêcher. Toutes les images découvertes derrière les sept portes l’une après l’autre déverrouillées. Plus besoin de mise en scène tant la musique suggère, impose, saisit, exalte, magnifie, creuse sentiments et évocations picturales.

    Sous la direction de Dohnányi, chef ô combien familier et pénétré de l’œuvre de Béla Bartók, l’Orchestre de Paris atteint ses sommets. L’éblouissante immédiateté de tous les pupitres, leur osmose, les interventions des bois solistes, les stridences des cuivres, la concentration de l’intensité dramatique happent et subjuguent.

    Barbe-Bleue a demandé à sa femme de le suivre avant de pénétrer dans sa lugubre demeure. Mathias Goerne, la voix noire, trahit d’emblée son désir et sa peur. Elle, Elena Zhidkova, le timbre lumineux, lui répond sa passion. Mais à peine le couple entré dans l’obscurité de la salle sans fenêtres ni balcons, c’est Judith qui questionne.

    Recherche et anxiété progressent en un dialogue dont la concision poignante s’appuie à la richesse de l’orchestre saisissant d’expressivité. Au fur et à mesure des secrets terrifiants mis au jour – chambre de torture, armes impressionnantes, tâches de sang –, les sentiments se tendent, paradoxalement insaisissables et contradictoires.

    Barbe-Bleue s’effraie, Matthias Goerne l’incarne sans un geste. Les mots précis du baryton s’emplissent de leur sobre tragédie dans la profondeur de basses en accord avec la nuit qui avance inexorablement, il le redoute et le pressent. Mais en vain implore-t-il, son épouse ne veut rien ignorer de lui.

    De même immobile de l’autre côté du chef, belle, déterminée, Elena Zhidkova repousse les alertes, s’éblouit aussi, tant de joyaux, de fleurs, malgré ce sang, là, encore, continuer, savoir, derrière la cinquième porte un torrent de lumière enfin…

    Quand la sixième porte révèle l’eau limpide d’un lac de larmes, la plainte qui monte de l’orchestre et le baiser tendre et désespéré si bien chanté du couple proche de la fin valent toutes les représentations. La dernière porte condamne l’adorée à la résignation et Barbe-Bleue à la solitude dans la nuit retombée d’un parcours aux résonances inouïes.

    En ouverture de ce concert au programme contrasté, la Quatrième Symphonie de Mendelssohn s’était envolée à vive allure et quelque peu cafouilleuse. Moment plein d’un entrain aux accents impératifs, l’œuvre de jeunesse de Mendelssohn – qui mourut à 37 ans –, souligne l’hédonisme de ses évocations souvent dites italiennes de préférence à son enjouement.

    Après un Andante con moto d’une mélancolie chaleureuse, le climat du Scherzo se refuse à la légèreté. Mais il y a les cors et le bonheur de leurs sonneries pour en habiter la poésie, avant que les bois ne se surpassent dans un Finale endiablé dont la dynamique accentuée se démarque de son allant habituel. Une interprétation évidemment brillante, à l’éclairage parfois trop insistant.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 10/10/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph von Dohnányi avec la participation de Matthias Goerne, Elena Zhidkova et András Bálint à la salle Pleyel, Paris.
    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
    Symphonie n° 4 en la majeur op.90, « Italienne »
    Béla Bartók (1881-1945)
    Le Château de Barbe-Bleue
    Drame lyrique en un acte sur un livret de Lela Balazs op. 11, Sz. 48
    Matthias Goerne, baryton
    Elena Zhidkova, mezzo-soprano
    András Bálint, récitant
    Christoph von Dohnányi, direction

     


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