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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Récital de la mezzo-soprano Elīna Garanča dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un programme incongru
© Simon Fowler / EMI

Somptueuse démonstration vocale de la mezzo lettone Elīna Garanča, voix parfaite et grand tempérament, mais programme bizarre, mal équilibré, sans grande cohérence, avec trop d’espagnolades clinquantes pour entourer une seconde partie consacrée à Carmen. Présence intéressante du Prague Philharmonia dirigé par Karek Mark Chichon.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 13/10/2012
Gérard MANNONI
 



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  • La voix est aussi belle que la personne. Quel physique de rêve, d’ailleurs bien employé au plus haut niveau international en Carmen sur les plus grandes scènes du monde ! Et puis, trente-cinq ans, n’est-ce pas l’âge idéal pour une cantatrice, celui où la voix atteint sa plénitude sans que le temps ait commencé à faire son œuvre ?

    Si l’on peut parler de voix parfaite, celle d’Elīna Garanča en est bien une. On chercherait en vain le moindre défaut. Le timbre est chaleureux, sensuel, égal sur toute la tessiture, avec des aigus splendides et une grave qui n’a quasiment pas besoin de poitriner pour sonner pleinement. L’émission est contrôlée par une technique permettant toutes les nuances, des attaques pianissimo comme fortissimo, des sons filés, des trilles impeccables, le tout avec une musicalité parfaite et le plus grand soin apporté au mot.

    Alors, on admire la vaillance du rare extrait de la Pucelle d’Orléans de Tchaïkovski, tout comme le phrasé impeccable et aussi onctueux que celui d’une violoncelle de Mon cœur s’ouvre à ta voix du Samson et Dalila de Saint-Saëns. Irrésistible de sensualité et de séduction.

    Rare également, l’air Plus grand dans son obscurité de la Reine de Saba de Gounod vient compléter cet hommage à l’opéra français, exception faite du Tchaïkovski, chanté en russe et non dans la version française. Vaillance, souplesse, richesse du timbre, tout est parfaitement mis en valeur.

    La deuxième partie est vouée à des extraits de Carmen, c’est-à-dire aux quatre solos de l’héroïne, avec pour commencer, la première version de la Habanera, une curiosité qui ne fait pas regretter la seconde. Mais pourquoi les faire précéder de ces trois Pasodobles espagnols aussi clinquants qu’inintéressants à tous égards ? Un vrai cauchemar, caricatural, le contraire de l’Espagne profonde si bien comprise par Bizet et illustrée ensuite, entre chaque air par les plus incomparables passages orchestraux de l’opéra.

    On connaît la Carmen de Garanča, voix et personnalité idéales pour ce rôle et cette musique. Des moments de vrais bonheurs. Mais, à nouveau, pourquoi les faire suivre, en bis, de trois espagnolades, dont l’incontournable Granada, ne montrant que les aspects les plus accrocheurs de l’art de cette exceptionnelle cantatrice ? C’est vrai, le public adore et hurle son enthousiasme aussi fort que les inévitable notes finales de chacune ces bruyantes interventions.

    Et c’est d’autant plus regrettable que cette voix épatante a tout un répertoire à sa disposition, répertoire peu fréquenté à pareil niveau à l’heure actuelle. Regrets aussi pour l’orchestre, le Prague Philharmonia, bien meilleur que ceux entendus souvent dans cette série.

    Si l’ouverture de Ruslan et Ludmila donnait d’emblée, par ses couleurs et sa vivacité, envie d’entrer dans la suite du concert, la Bacchanale de Samson et Dalila paraît bien tonitruante et vulgaire, surtout après la très fine interprétation de la Méditation de Thaïs donnée par le violon solo de l’orchestre.

    Et ne revenons pas sur les Pasodobles de bastringue indignes d’une formation comme celle-ci et d’un chef comme Chichon. On se demande parfois ce qui passe par la tête de ceux qui conçoivent ces programmes, que ce soient les artistes ou les organisateurs.

    Simple démagogie pour s’assurer des applaudissements, en sachant que plus il y a de bruit plus les public crie fort lui aussi ? Ou simple erreur de jugement ? Avec des artistes de la trempe de Garanča et de Chichon, il n’y a pourtant rien à craindre et le succès est a priori assuré.

    Mais chefs d’orchestre et chanteurs ont parfois des goûts étranges en la matière et même la si grande Elisabeth Schwarzkopf ne nous abreuvait-elle pas en bis de chansons folkloriques, bavaroises, espagnoles, scandinaves ou suisses, quand on aurait préféré quelque Schumann, Schubert ou Strauss de plus ?




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 13/10/2012
    Gérard MANNONI

    Récital de la mezzo-soprano Elīna Garanča dans la série des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Glinka, Tchaïkovski, Massenet, Saint-Saëns, Gounod, Bizet
    Elīna Garanča mezzo-soprano
    Prague Philharmonia
    direction : Karel Mark Chichon

     


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