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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Tristan et Isolde au Festival de Salzbourg

Le Tristan qu'aurait
aimé Bayreuth


Waltraud Meier

À mise en scène identique, une coproduction qui change souvent d'orchestre et de chef peut modifier considérablement un spectacle. Après les Berliner Philharmoniker et Abbado pour Pâques à Salzbourg, l'Orchestre du Maggio Musicale et Mehta à Florence, c'est Maazel qui a pris brillamment la relève du Tristan de Salzbourg.

 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 06/08/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Coproduction entre le Festival de Pâques, le Maggio Musicale Fiorentino et Festival d'Ă©tĂ© de Salzbourg, ce Tristan und Isolde a beaucoup Ă©voluĂ© au fil des changements de baguette. Après le dĂ©sistement d'Abbado cet Ă©tĂ©, c'est Maazel qui a repris le flambeau avec les Wiener Philharmoniker. Et tout a basculĂ© dans cette lĂ©gendaire atmosphère sensuelle qui a fait sa rĂ©putation. La prĂ©sence de Waltraud Meier y est pour beaucoup. Elle porte l'oeuvre avec musicalitĂ© et fièvre, suscitant l'onirisme souhaitĂ© par la mise en scène de Klaus MichaĂ«l GrĂĽber, toute de simplicitĂ© dans les gestes et les rapports humains.

    Sur un navire imaginé par Arroyo et dont seule la carcasse est visible, mais que les lumières de Vinicio Cheli habillent tantôt d'une coque, tantôt rendent fantomatique, Tristan conduit Isolde auprès de son oncle, le roi Marke, pour qu'il l'épouse. Mais Isolde tient à se venger des agissements de Tristan en l'empoisonnant, et mourir avec lui. Sa suivante, Brangäne (Marjana Lipovsek, aux cris incroyables), remplace le poison par un filtre d'amour. Ce sera le drame, en fait un deuxième acte chef-d'oeuvre de passion déchaînée, soudain interrompue par l'arrivée de Marke, incarné avec talent par Matti Salminen, tout de douleur contenue.

    Tristan blessé en duel, se retire à Karéol avec son fidèle Kurwenal (Falk Struckmann, au timbre empreint de noblesse), attendant désespérément Isolde. Son agonie – la folie de Tristan – peut être un instant d'intense théâtralité. Ce ne le fut pas avec Jon Fredric West, qui vint sauver le spectacle (après le désistement en dernière heure de Ben Heppner) et imposa un costume rendant sa petite taille ridicule. Plus héroïque que lyrique, il ne put jamais se hisser à l'altitude de son Isolde. Car Isolde est en scène, du début de l'oeuvre à la fin du 2e acte, mène le jeu. Qu'elle chante ou se taise, Waltraud Meier impose son rythme, sa ferveur, sa personnalité radieuse et douloureuse à la fois. Puis elle ne revient que pour la mort de Tristan et mourir à son tour, " se fondant dans le tout infini ". C'est le célèbre " Mild und leise
    " dont elle distille la beauté et le mystère, tout enrobée par les frémissements de l'orchestre survolté par Maazel. Et dire que Bayreuth vient de décider de se passer de cette Isolde là
    On n'en croit pas ses oreilles !





    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 06/08/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Tristan et Isolde au Festival de Salzbourg
    Tristan et Isolde de Richard Wagner
    Wiener Philharmoniker
    Direction musicale : Lorin Maazel
    Mise en scène : Klaus Michael Grüber
    DĂ©cors : Eduardo Arroyo
    Costumes : Moidele Bickel

    Tristan (Jon Fredric West), Roi Marke (Matti Salminen), Isolde (Waltraud Meier), Brangäne (Marjana Lipovsek), Kurwenal (Falk Struckmann), Melot (Ralf Lukas), un berger et un jeune marin (Charles Workamn), le pilote

     


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