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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2018

Version de concert de Tristan et Isolde de Wagner sous la direction de Mikko Franck à la salle Pleyel, Paris.

Un Tristan totalement inspiré
© Tanja Niemann

Alors que la mise en scène tient une place parfois abusive à l’opéra, le succès croissant des versions de concert permet de revenir à la musique et aux voix. Sous la direction magique de Mikko Franck, l’Isolde de Nina Stemme, le Tristan de Christian Franz et la Brangäne lumineuse de Sarah Connolly comblent l’attente d’une salle Pleyel pleine à craquer.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 13/10/2012
Monique BARICHELLA
 



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  • Foule des grands soirs et atmosphère électrique pour le premier événement parisien du bicentenaire de la naissance de Wagner, célébré internationalement tout au long de la saison musicale 2012-2013. Certes, le public français est, après les mélomanes allemands, celui qui comporte le plus de wagnériens, mais la présence de Nina Stemme, Isolde absolue (Bayreuth, Glyndebourne, Londres, Zurich, Vienne) plutôt rare à Paris où elle n’a chanté qu’Elisabeth de Tannhäuser à la Bastille, était déjà un événement incontournable.

    Une fois encore, la soprano suédoise, égale à elle-même et à une réputation d’Isolde idéale hautement méritée, aura médusé le public par l’aisance, la franchise et la confondante maîtrise technique et musicale avec laquelle elle défend un rôle qui ne lui pose aucun problème de tessiture – du bas-médium à un aigu glorieux – ou d’endurance. De plus, le chant est nuancé et expressif.

    Non seulement elle ne force jamais ses moyens naturels, mais chaque note est détaillée, projetée avec une incroyable facilité sans pour autant négliger l’accent sur le texte : si l’engagement dramatique est contrôlé, les sentiments exprimés par l’héroïne sont toujours perceptibles.

    Au niveau strictement vocal, le Tristan méritant de Christian Franz n’atteint certes pas la même plénitude, mais le ténor allemand compense le déficit d’un timbre ingrat par une implication souvent bouleversante : même quand il ne chante pas, chacune de ses attitudes exprime le désarroi et la souffrance vécue par son personnage dont il explore les doutes et les failles.

    Sarah Connolly – qui aborde en ce moment Fricka à Covent Garden – est une Brangäne aussi inattendue et atypique que quasi miraculeuse, d’une incroyable musicalité. On est subjugué par la flexibilité de la voix et par les nuances de son chant. Surtout, alors que tant de chanteuses détonnent dans les appels du II, elle surmonte l’épreuve avec une justesse absolue rappelant l’inoubliable Christa Ludwig et terminant même le premier appel piano. Magnifique !

    Detlef Roth (l’Amfortas de Bayreuth) est un Kurwenal à la voix claire, sans le mordant habituel, mais d’un beau lyrisme, Peter Rose un Roi Marke solide dans la meilleure des traditions et Melot, marin, berger, pilote sont tous irréprochables. Au moins à niveau égal avec cette Isolde de référence, l’Orchestre philharmonique de Radio France en état de grâce, est l’autre star absolue de la soirée sous la direction éblouissante de Mikko Franck.

    Remplaçant tardivement Myung-Whun Chung, dont le fils a été victime d’un grave accident, le jeune chef finlandais, qu’on n’a guère entendu dans l’opéra, sinon pour une Tosca à Orange où sa prestation n’était pas indifférente, se révèle à 33 ans seulement un wagnérien de haut vol. Une telle maîtrise de la partition qu’il n’avait, paraît-il, jamais dirigée auparavant tient du prodige tant tout semble évident : la clarté sonore, la souplesse, la vivacité et la justesse des tempi, l’urgence sans pathos, l’attention aux chanteurs.

    La cohésion est totale, les musiciens se surpassent et la salle est transportée, chavirée. Il est minuit et pourtant les clameurs du public reconnaissant se prolongent longtemps : quel chef, quelle soirée ! Après le Rienzi toulousain, décidément, l’année Wagner commence bien.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 13/10/2012
    Monique BARICHELLA

    Version de concert de Tristan et Isolde de Wagner sous la direction de Mikko Franck à la salle Pleyel, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tristan und Isolde, opéra en trois actes (1865)
    Livret du compositeur

    Christian Franz (Tristan)
    Nina Stemme (Isolde)
    Peter Rose (König Marke)
    Detlef Roth (Kurwenal)
    Sarah Connolly (Brangäne)
    Richard Berkeley-Steele (Melot)
    Pascal Bourgeois (ein junger Seeman)
    Christophe Poncet (ein Hirt)
    Renaud Derrien (ein Steuermann)

    Chœur d’hommes de Radio France
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Mikko Franck

     


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