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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2018

Création française des Deux veuves de Smetana dans une mise en scène de Jo Davies et sous la direction de Mark Shanahan à Angers Nantes Opéra.

L’une pleure et l’autre rit
© Jef Rabillon

En 1982, l’Opéra de Marseille proposait la première française de Rusalka de Dvořák. Aujourd’hui, c’est à nouveau à une scène de province que revient l’honneur d’importer les Deux veuves, le cinquième opéra de son aîné, Smetana. Une comédie piquante et typée, présentée ici sans excès d’imagination mais avec probité.
 

Le Grand T, Nantes
Le 19/10/2012
Olivier ROUVIERE
 



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  • Alors que Rusalka, ainsi que les œuvres de Janáček, sont désormais régulièrement données chez nous, les huit opéras de Smetana restent quasi inconnus du public français : le plus célèbre, la Fiancée vendue, bien que déjà applaudi dans le monde entier, n’a-t-il pas dû attendre 2008 pour faire son entrée à l’Opéra de Paris ?

    C’est pourtant à Smetana que l’on doit la fondation de l’école d’opéra (en) tchèque, l’apparition sur les scènes lyriques de ces divines cantilènes moraves, mariant mélancolie et énergie rythmique – dont le poème symphonique la Moldau constitue l’exemple le plus prégnant. Peut-être le handicap majeur de ces opéras réside-t-il dans leur forte composante symphonique : comme chez Wagner, la mélodie y chante souvent à l’orchestre, tandis que la ligne vocale se fait volontiers déclamatoire, dramatique.

    L’opéra les Deux veuves se distingue néanmoins par son caractère pétillant, évoquant parfois Rossini et l’opérette viennoise. Inspiré d’un vaudeville français, le livret apparaît considérablement trop long : cette histoire d’une veuve éplorée, finalement convaincue par sa cousine – qui est, elle, une veuve joyeuse – d’épouser celui qu’elle aime en secret ne méritait pas tant de détours.

    D’autant que, d’abord conçue en 1874 sous forme d’opéra-comique, la partition a été élargie quatre ans plus tard, intégrant désormais des récitatifs et deux nouveaux rôles (Tonik et Lidunka), inutiles à l’action mais propres à introduire de savoureuses scènes populaires. Emaillés de danses (polka, valse) et d’échos sylvestres, scandés de superbes ensembles, les deux actes semblent avoir immédiatement séduit le public nantais.

    © Jef Rabillon

    La scénographe anglaise Jo Davies en propose une lecture très classique, voire un peu popote, inscrivant toute l’action dans le salon cossu de Karolina, surmonté d’un immense escalier hélicoïdal (propice aux jeux de scène) et parsemé d’animaux empaillés.

    Cette ambiance poussiéreuse, néo-proustienne, rend bien compte de la torpeur qui s’est emparée des deux héroïnes, devenues veuves (selon Jo Davies) durant la Grande Guerre – le propos étant efficacement résumé par un film d’actualités projeté durant l’Ouverture.

    Si la direction d’acteurs manque d’originalité, et si décors et costumes évoquent davantage la fin du XIXe que les Années folles envisagées par le metteur en scène, les évolutions sont réglées de façon très efficace, notamment lors des finales.

    Pareillement, la direction ample et sans temps morts de Mark Shanahan contribue à faciliter l’accès à une œuvre dont l’alacrité n’est cependant pas assez soulignée – il faut dire qu’en dépit d’une audible préparation, l’Orchestre national des Pays de Loire (aux bois superbes) peine à rendre la foultitude de doubles croches nichées dans la partition.

    Le rôle de la veuve joyeuse a été écrit pour soprano léger ou colorature, celui de la veuve éplorée pour soprano lyrique : précise, pétillante, percutante bien qu’assez monochrome, Lenka Macikova nous convainc davantage dans le premier rôle que Sophie Angebault, au timbre plus riche et large mais à l’émission parfois floue et entachée de vibrato, dans le second.

    Seul élément tchèque de la distribution, le ténor Aleš Briscein déçoit par sa voix exagérément ouverte, plate, mal soutenue, dans la partie pourtant ravissante de Ladislav, tandis que la jeune basse slovaque Ante Jerkunica campe au contraire un fort séduisant garde-chasse, rond et sonore, dont on déplore que l’air rossinien ait été amputé de moitié.

    Deux corrects seconds rôles et un chœur très engagé (dont la diction manque sans doute de consonnes) complètent une production perfectible mais de bonne tenue, qui mériterait de tourner.




    Le Grand T, Nantes
    Le 19/10/2012
    Olivier ROUVIERE

    Création française des Deux veuves de Smetana dans une mise en scène de Jo Davies et sous la direction de Mark Shanahan à Angers Nantes Opéra.
    Bedřich Smetana (1824-1884)
    Dvě Vdovy, opéra en deux actes (1874)
    Livret d’Emmanuel Züngel d'après la pièce éponyme de Pierre Jean Félicien Mallefille

    Création française

    Chœur d’Angers Nantes Opéra
    Orchestre national des Pays de la Loire
    direction : Mark Shanahan
    mise en scène : Jo Davies
    décors et costumes : Joanna Parker
    éclairages Simon Corder
    vidéo : Andrzej Goulding
    préparation des chœurs : Sandrine Abello

    Avec :
    Lenka Macikova (Karolina), Sophie Angebault (Anežka), Aleš Briscein (Ladislav), Ante Jerkunica (Mumlal), Robin Tritschler (Toník), Khatouna Gadelia (Lidunka).

     



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