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CRITIQUES DE CONCERTS 24 janvier 2020

Nouvelle production de Macbeth de Verdi dans une mise en scène d'Ivo van Hove et sous la direction de Kazushi Ono à l’Opéra de Lyon.

De Goldman Sachs aux Indignés
© Jean-Pierre Maurin

Multinationales et luttes de pouvoir, salles de marché et mouvement des Indignés, le nouveau Macbeth ouvrant la saison de l’Opéra de Lyon parie sur l’actualité et la dénonciation de l’emprise de la finance sur les peuples. Une transposition davantage portée par la direction à la pointe sèche de Kazushi Ono que par un plateau assez moyen.
 

Opéra national, Lyon
Le 25/10/2012
Yannick MILLON
 



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  • Comme nous l’évoquions en aoĂ»t Ă  propos du Vaisseau fantĂ´me de Bayreuth, la crise Ă©conomico-financière sĂ©vissant depuis quatre ans n’a jamais autant irriguĂ© la sphère culturelle, des sujets de romans aux essais, jusqu’aux mises en scène d’opĂ©ra, filon on ne peut plus parlant pour le spectateur contemporain.

    Dans le cas du Macbeth d’Ivo van Hove ouvrant la saison de l’Opéra de Lyon, les luttes de pouvoir à la tête des multinationales, le cynisme absolu érigé en doctrine, les manigances, coups bas et autres assassinats les plus lâches, la révolte finale du peuple pacifique façon Indignés, épargnant jusqu’à l’usurpateur, passent plutôt bien l’épreuve de la relecture.

    Seule la composante occulte de la dramaturgie coince un peu, de simples employées d’une salle de marché endossant le rôle des sorcières oraculaires du livret. On aurait pu pousser plus loin encore la logique, imaginer par exemple la commission d’une agence de notation prédisant le destin de l’entreprise, courbes de la bourse à l’appui.

    Pour le reste, même si la direction d’acteurs connaît des hauts et des bas – entre l’omniprésence d’une femme de ménage noire n’aboutissant au final pas à grand-chose et des phases de statisme, notamment à la scène du somnambulisme –, le spectacle démonte avec habileté les rouages dramatiques originaux.

    Il est même jusqu’à un suspense de bon thriller de s’instiller dans les scènes de préparation – appartements de Duncan vus en coupe puis garage souterrain en infrarouge pour le meurtre de Banco arraché à son ado à casquette de fils, dans le décor unique d’une scénographie servant bien son sujet, en recourant à de nombreux écrans et à autant de projections vidéo.

    © Jean-Pierre Maurin

    La direction à la pointe sèche de Kazushi Ono ne manque ni de tranchant ni d’impact, favorisant les épisodes exacerbés – annonce de la mort de Duncan, chœur du peuple affligé –, non sans privilégier dans les pages mystérieuses une lenteur et un climat d’attente prenants. Au final, seule la cavatine d’entrée de la Prima donna traîne vraiment les pieds.

    Il faut dire que Iano Tamar est une Lady exsangue, dont le pernicieux des intentions dans des piani subtils ne compense en rien une pleine voix sourde, rentrée, sans projection, dont seul l’aigu crié bas parvient à instiller la noirceur des desseins. On sait le rôle indistribuable, mais une émission plus franche est absolument nécessaire, au risque de perdre comme ici toute la tension d’un emploi parmi les plus ardents de Verdi.

    On ne s’attardera pas sur le Banco terne, en retard sur l’orchestre et en manque d’italianità de Riccardo Zanellato, pourtant seul natif du plateau, pour retenir le Macbeth lui aussi sans couleur latine d’Evez Abdulla, au moins d’une morgue, d’une homogénéité et d’une conduite de la phrase et de l’aigu sans faille.

    Le Macduff de Dmytro Popov n’a pas non plus le timbre gorgé de soleil attendu, mais une couleur à la Lenski finalement attachante par sa froide lumière dans son air de déploration, secondé par le Malcolm bien dardé de Viktor Antipenko.

    N’oublions pas enfin le chœur de l’Opéra de Lyon, d’une précision diabolique comme à l’accoutumée, réalisant toutes les intentions et micro-nuances de la partition avec un impact du texte jubilatoire, malgré une présence vocale plus affirmée chez les hommes que chez des sorcières manquant parfois de mordant.




    Opéra national, Lyon
    Le 25/10/2012
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Macbeth de Verdi dans une mise en scène d'Ivo van Hove et sous la direction de Kazushi Ono à l’Opéra de Lyon.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Macbeth, opéra en quatre actes (1847)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce de Shakespeare

    Version révisée de 1865

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Lyon
    direction : Kazushi Ono
    mise en scène : Ivo van Hove
    décors & éclairages : Jan Versweyveld
    costumes : Wojciech Dziedzic
    vidéo : Tal Yarden
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Evez Abdulla (Macbeth), Riccardo Zanellato (Banco), Iano Tamar (Lady Macbeth), Kathleen Wilkinson (Suivante de Lady Macbeth), Dmytro Popov (Macduff), Viktor Antipenko (Malcolm), Ruslan Rozyev (Un médecin), Kwang Soun Kim (Un serviteur), Jean-François Gay (Un assassin), Paolo Stupenengo (Une apparition), Marie Cognard (Une apparition), Charles Saillofest (Un héraut).

     



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