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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Récital anniversaire du contre-ténor Andreas Scholl accompagné au clavecin et au piano par Tamar Halperin à la salle Gaveau, Paris.

Vingt ans déjà…
© James McMillan

Accompagné par Tamar Halperin, le contre-ténor allemand Andreas Scholl vient de fêter à la salle Gaveau à la fois ses quarante-cinq ans et vingt ans de vie professionnelle, une très belle carrière commencée à Paris en 1993. Concert convivial au programme très varié allant de Dowland à des compostions contemporaines.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 08/11/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Paris peut s’enorgueillir d’avoir été la première capitale à inviter le jeune Andreas Scholl alors étudiant à Bâle à se produire au Théâtre Grévin, alors le fief des Concerts rares. Bonne idée que de reproduire dans le programme de la soirée la feuille de garde du premier récital du 24 janvier 1993 dans laquelle René Jacobs annonçait que, souffrant, il se faisait remplacer par l’un des plus brillants élèves de sa classe à la Scola Cantorum de Bâle, allant même jusqu’à comparer sa voix à l’idée qu’il se faisait de celle des jeunes chanteurs alto qui chantaient sous la direction de Bach à Leipzig.

    On sait la suite de cette soirée. Vingt ans après, Andreas Scholl revient en gloire à la salle Gaveau, celle de Grévin n’étant hélas plus utilisée pour des concerts, pour donner un florilège de son répertoire qui depuis s’est largement étendu jusqu’aux opéras de Haendel.

    La voix d’Andreas Scholl a toujours ce même pouvoir de séduction immédiate grâce à une rigueur et un contrôle absolus. Le souffle est devenu un peu plus court comme le montre un peu cruellement Du bist die Ruh’ qui ouvrait la seconde partie classico-romantique accompagnée au piano.

    Mais les couleurs sont toujours là et le volume qui n’a jamais été énorme reste cependant quasi intact. La maturité, elle, est au rendez-vous et le chanteur est beaucoup plus à l’aise sur scène, parfaitement décontracté même au point de parsemer son récital de savoureuses explications musicologiques et pédagogiques propres à détendre tout à fait l’atmosphère.

    Une première partie consacrée à la musique de la Renaissance anglaise, aux compositeurs John Dowland, Tomas Campion, Robert Johnson et Henry Purcell, en gros le répertoire de musique élisabéthaine et de la Cour des premiers Stuart d’Alfred Deller, permet d’apprécier avec une prononciation anglaise exemplaire le cheminement fait par Scholl dans cette musique, pas seulement les tubes que sont O Solitude ou Music for a While, mais dans les bijoux plus rares et merveilleux que sont Have you seen the Bright Lily grow de Robert Johnson ou encore I saw my Lady weep de Dowland.

    A propos de O Solitude, Scholl annonce que ses recherches lui ont permis de connecter cette chanson aux paroles pas toujours explicites à la Solitude, très long poème strophique de 1617 du Français Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, un ami de Cyrano de Bergerac qui serait une ode du poète à un ami du même sexe.

    Beaucoup plus variée, la seconde partie qui va de Haydn à Brahms montre Andreas Scholl dans de nombreux Lieder et permet de constater qu’il n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il raconte une histoire comme dans Das Veilchen et Abendempfindung de Mozart et les très colorés Volkslieder de Brahms Da unten im Tale et même dans des Lieder dramatisés comme un étonnant Der Tod und das Mädchen de Schubert où sa voix lui permet de chanter la première strophe de la jeune fille en falsetto et la seconde de la mort en voix de baryton.

    Il faut aussi parler de l’entente parfaite avec son accompagnatrice Tamar Halperin, Israélienne et elle aussi élève de la fameuse Scola Cantorum Basiliensis où Andreas Scholl enseigne aujourd’hui à son tour. Aussi à l’aise au clavecin qu’au piano, elle ménage des pauses de récupérations pour le chanteur avec de belles interprétations de Purcell (Suite en sol mineur) et de Brahms (Intermezzo op. 118 n° 2) et aussi accommodé de petites transitions instrumentales pour changer de climat entre deux chansons.

    Très acclamé, le récital se termine par une troisième partie incluant le gâteau du 45e anniversaire apporté sur scène par le producteur Philippe Maillard et des bis d’une grande originalité. Rappelant que depuis l’âge tendre il avait tâté de la pop music, le contre-ténor chante une de ses compositions, une belle ballade dans le style du musical sur un souvenir familial.

    Aussi une chanson qui reprend les paroles de In stiller Nacht, poème du fond romantique allemand dont il venait de chanter la version de Brahms. Puis un succès du chanteur israélien Idan Raichel et I will give my Love an Apple, chanson du folklore anglais arrangée par Tamar Halperin. Un kaléidoscope de styles et de passions.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 08/11/2012
    Olivier BRUNEL

    Récital anniversaire du contre-ténor Andreas Scholl accompagné au clavecin et au piano par Tamar Halperin à la salle Gaveau, Paris.
    Dowland, Campion, Johnson, Purcell, Haydn, Mozart, Brahms, Schubert
    Andreas Scholl, contre-ténor
    Tamar Halperin, clavecin et piano

     


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