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CRITIQUES DE CONCERTS 19 juillet 2018

Version de concert des Puritains de Bellini par les forces de l’Opéra de Lyon sous la direction d’Evelino Pidò au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Des Puritains énergiques

Entre deux Puritani concertants à l’Opéra de Lyon, les forces du théâtre au grand complet faisaient une escale parisienne au Théâtre des Champs-Élysées avec l’ultime chef-d’œuvre de Bellini défendu avec fougue mais rudesse par Evelino Pidò et un quatuor vocal efficace sinon totalement convaincant pour les deux rôles principaux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/11/2012
Monique BARICHELLA
 



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  • Décidément, l’opéra en version de concert a le vent en poupe ! Après Tristan, Fidelio et Iolanta, les trop rares Puritains de Bellini ont attiré un public nombreux et enthousiaste au TCE accueillant à nouveau l’Opéra de Lyon dans le répertoire du bel canto.

    On a le souvenir de plusieurs soirées mémorables, en particulier pour deux autres Bellini de haut vol, la Sonnambula avec Dessay et, la saison dernière, I Capuleti e i Montecchi avec le Roméo d’Antonacci et la révélation d’Olga Peretyako en Juliette, affichée ce soir en Elvira.

    Reste que ce dernier rôle nécessite de tout autres moyens et une voix sinon plus dramatique (Callas), du moins plus charnue, plus étoffée dans le médium et plus large (Sutherland) que celle de la jeune soprano russe. Certes, le timbre est aussi ravissant que son visage et sa silhouette gracile, ressemblant à s’y méprendre à la Netrebko à ses débuts.

    On apprécie une musicalité irréprochable, mais Elvira exige une autre dimension vocale, plus d’intensité, un aplomb qui fait défaut, comme la projection du texte caractérisant le véritable bel canto, qui n’est pas que du beau chant mais aussi expressivité des mots et variation des couleurs. Pour le moment du moins, Peretyako est une Adina idéale, une Gilda, une Fiorilla, pas vraiment une Elvira, même si elle fait les notes sans jamais démériter.

    Son compatriote Dmitri Korchak, qu’on avait beaucoup aimé en Nemorino dans l’Elisir d’amore signé par Laurent Pelly à la Bastille, défend bravement et sans faillir Lord Arturo, un des rôles les plus périlleux du répertoire de ténor créé par Rubini. La tessiture est souvent trop tendue pour lui, ce qui l’oblige parfois à forcer, mais après un air d’entrée un peu crispé, sa prestation généreuse force le respect.

    Mais si l’on est admiratif de la manière étonnante avec laquelle les chanteurs russes de la nouvelle génération ont assimilé le chant italien et le style du bel canto en particulier, au niveau de l’expression dramatique et de l’émotion, comme pour sa partenaire, on reste sur sa faim.

    L’idiomatisme belcantiste, où le texte est inséparable de la musique, on le retrouve grâce aux deux vétérans éminents spécialistes de ce répertoire, le baryton Pietro Spagnoli (Sir Riccardo Forth) et la basse Michele Pertusi (Sir Giorgio Walton), donnant tous deux une leçon d’authenticité vocale et dramatique dans leur formidable duo Suoni la tromba, grand moment de la soirée, où, enfin, il se passe quelque chose de fort.

    Peu importe que le timbre de Pertusi accuse parfois l’usure du temps car l’essentiel demeure. Quant à Spagnoli, modèle d’élégance stylistique et d’autorité, on reste stupéfaits qu’il puisse être la victime d’un mauvais noceur le huant de manière sonore en plus fin connaisseur que tout le monde au moment des saluts individuels alors que la salle acclamait unanimement tous les protagonistes.

    Bravo aussi aux rôles secondaires impeccables, Rame Lahaj, Ugo Guagliardo, avec une mention spéciale pour l’Enricchetta de Daniela Pini. Compliments également aux chœurs lyonnais, toujours aussi remarquables. En revanche, cette fois, on n’est pas pleinement convaincus par la direction certes nerveuse mais souvent trop énergique voire brutale d’Evelino Pidò, à la tête d’un orchestre qu’on a connu plus moelleux et nuancé.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/11/2012
    Monique BARICHELLA

    Version de concert des Puritains de Bellini par les forces de l’Opéra de Lyon sous la direction d’Evelino Pidò au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Vincenzo Bellini (1801-1835)
    I Puritani, opéra en trois actes (1835)
    Livret de Carlo Pepoli, d’après Têtes rondes et cavaliers de Jacques-François Ancelot et Joseph Xavier Boniface
    Olga Peretyako (Elvira)
    Dmitri Korchak (Lord Arturo)
    Pietro Spagnoli (Sir Riccardo Forth)
    Michele Pertusi (Sir Giorgio Walton)
    Rame Lahaj (Sir Bruno Robterson)
    Daniela Pini (Enricchetta di Francia)
    Ugo Guagliardo (Lord Gualtiero Walton).
    Chœurs de l’Opéra de Lyon
    préparation : Alan Woodbridge
    Orchestre de l’Opéra de Lyon
    direction : Evelino Pidò

     


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