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CRITIQUES DE CONCERTS 25 septembre 2020

Début de mandat de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde avec une reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène d’Uwe Eric Laufenberg.

Des débuts magistraux
© Matthias Creutziger

Même si l’arrivée de Christian Thielemann à Dresde a été officiellement célébrée en septembre avec la Septième Symphonie de Bruckner, la vraie prise de fonction du chef allemand était sa première présence dans la fosse du Semperoper pour la reprise d’un Chevalier à la rose montrant une symbiose parfaite entre la Staatskapelle et son nouveau directeur musical.
 

Semperoper, Dresden
Le 21/11/2012
Hermann GRAMPP
 



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  • Dès le mois d’aoĂ»t, la ville de Dresde a commencĂ© Ă  accueillir son nouveau directeur musical avec une campagne d’affiches suggĂ©rant le retour d’un chef qui a toujours appartenu Ă  la Staatskapelle, suite Ă  trois premières annĂ©es vĂ©cues comme une vĂ©ritable idylle.

    Rappelons qu’en septembre 2009, Thielemann remplaçait Fabio Luisi à la tête de l’orchestre dans une éblouissante Huitième Symphonie de Bruckner, peu avant que soit annoncé que le chef allemand allait prendre la suite de Luisi au poste de Generalmusikdirektor de la Semperoper de Dresde à partir de 2012.

    Dans l’intervalle, Thielemann a dirigé l’orchestre à plusieurs reprises, uniquement dans du répertoire symphonique. Néanmoins, l’enthousiasme n’est jamais retombé, allant jusqu’à célébrer l’inauguration d’une nouvelle ère, avec l’annonce du remplacement de la Philharmonie de Berlin par la Staatskapelle de Dresde au festival de Pâques de Salzbourg à compter de 2013, les Berliner migrant à Baden-Baden, entorse à une tradition vieille de quarante ans.

    On attendait donc avec d’autant d’intérêt les vrais débuts de Thielemann dans la fosse du Semperoper pour une reprise du Chevalier à la rose, et l’on n’a pas été déçu. La mise en scène d’Uwe Erich Laufenberg, vieille de douze ans déjà, représente le meilleur du goût conservateur incrusté dans la capitale de Saxe. Travail classique, anti-Regietheater, bien fait, dans des décors historiques, même si l’action est censée se dérouler dans la Vienne des années 1950.

    Un formidable trio donne à ce Rosenkavalier la saveur typique de l’écriture straussienne pour les voix féminines. Soile Isokoski dispose en Maréchale d’une tessiture idéale et sait exprimer parfaitement la transition de la femme en plein épanouissement à la conscience amère que le vieillissement n’échappe à personne.

    Son contrepoids naturel est la Sophie de Daniela Fally, d’une légèreté inouïe et d’une clarté, d’une beauté de la ligne qui laissent rêveur. En Octavian, Daniela Sindram donne à son mezzo sombre et chaud l’ardeur du jeune aventureux connaissant les premiers tourments de l’existence. L’expression fragile du chant, surtout dans la splendide scène finale, est en outre secondée par une présence scénique créant des vrais moments de théâtre.

    Le reste de la distribution s’avère moins éclatant : le valeureux Hans-Joachim Ketelsen, membre de la troupe depuis trente ans, interprète Faninal en ambitieux un peu simpliste, et Wolfgang Bankl campe un Ochs presque anodin car chanté trop beau, trop déclamé à la manière du Lied, sans la bête brutalité inhérente au personnage.

    Même si l’ambiguïté du Baron ne peut qu’être souhaitable (n’oublions pas qu’il est tout de même un habile séducteur), il est regrettable de disposer d’un chanteur natif de Vienne qui fasse tout son possible pour éviter l’accent viennois, privant le rôle d’une grande partie de sa saveur.

    Mais dans le fond, cela ne change rien à la grandeur d’une soirée qui scelle le mariage idéal entre Thielemann et la Staatskapelle dans une forme de symbiose. L’orchestre, qui semble vivre parfois sur une réputation flatteuse et que l’on a déjà entendu nonchalant, voire imprécis, a certainement trouvé son maître en le chef berlinois.

    Depuis bien longtemps on n’avait plus entendu la phalange saxonne jouer avec une telle joie, un tel brillant et une allure aussi radieuse. Thielemann semble avoir retrouvĂ© les couleurs de « vieil or Â» dont parlait Karajan quand il a choisi la Staatskapelle pour son enregistrement des MaĂ®tres chanteurs en 1970.

    Et plus que cela : chaque pupitre est lisible, d’une clarté absolue, sans nuire d’aucune manière au son homogène et plein dans les moments de longues montées au climax que nul ne sait aujourd’hui produire dans Wagner et Strauss aussi bien que Thielemann. Un accomplissement.




    Semperoper, Dresden
    Le 21/11/2012
    Hermann GRAMPP

    Début de mandat de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde avec une reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène d’Uwe Eric Laufenberg.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Der Rosenkavalier, comédie en musique en trois actes (1911)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Sächsische Staatskapelle Dresde
    direction: Christian Thielemann
    mise en scène : Uwe Eric Laufenberg
    décors : Christoph Schubiger
    costumes : Jessica Karge
    préparation des chœurs : Pablo Assante

    Avec :
    Soile Isokoski (la Maréchale), Wolfgan Bankl (le Baron Ochs), Daniela Sindram (Octavian), Hans-Joachim Ketelsen (Faninal), Daniela Fally (Sophie), Irmgard Vilsmaier (Marianne Leitmetzerin), Aaron Pegram (Valzacchi), Helene Schneiderman (Annina), Atalla Ayan (un chanteur italien), Peter Lobert (un comissaire de police), Kenneth Robertson (le majordome de la Maréchale), Gerald Hupach (le majordome de Faninal), Matthias Henneberg (un notaire), Tom Martinsen (un aubergiste), Nadja Mchantaf (une modiste), Elizabeth Zharoff, Norma Nahoun, Christel Lötzsch (trois nobles orphelines), Mert Süngü (un dresseur d'animaux), Ullrich Märker, Andreas Heinze, Jun-Seok Bang, Friedrich Darge (les quatre laquais de la Maréchale), Rafael Harnisch, Torsten Schäpan, Norbert Kleese, Thomas Müller (quatre serveurs), Alexander Födisch, Michael Wettin, Thomas Müller, Mirko Tuma, Werner Harke, Holger Steinert (les gens du baron), Amala Boashie (le serviteur), Holger Steinert (Leopold).

     



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