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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Reprise de la Traviata de Verdi dans la mise en scène de Nadine Duffaut, sous la direction de Luciano Acocella à l’Opéra-Théatre d’Avignon.

La Traviata sous l’Occupation
© Cédric Delestrade

Transcendée par la Violetta magistrale d’une Patrizia Ciofi dont l’interprétation vocale a encore gagné en intensité, la Traviata transposée pendant l’Occupation par Nadine Duffaut, trouve un nouvel élan et une efficacité dramatique indéniable. L’Alfredo généreux et l’idiomatisme de la direction musicale de Luciano Acocella contribuent au succès du spectacle.
 

Opéra-Théâtre, Avignon
Le 25/11/2012
Monique BARICHELLA
 



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  • Depuis Massy en 2006, cette Traviata signée par Nadine Duffaut a été présentée à Metz, Toulon, Vichy et, déjà en Avignon en novembre 2007, avec Inva Mula dans le rôle-titre. Exactement cinq ans plus tard, le spectacle est de retour sur la scène de l’Opéra-Théâtre, avec pour la première fois dans cette relecture située pendant l’Occupation – et la Libération pour la scène finale – Patrizia Ciofi.

    D’évidence, l’adéquation totale de la soprano transalpine, non seulement à un personnage dont elle a exploré toutes les facettes – entre autres dans la production de Robert Carsen lors de la réouverture de La Fenice de Venise ou aux Chorégies d’Orange 2009 – mais au propos spécifique du metteur en scène, apporte une force et une conviction nouvelles à la production.

    L’action se déroule à l’Hôtel Lutétia qui, rappelons-le, avait été réquisitionné par l’armée allemande alors qu’elle occupait Paris. Violetta et ses amis sont donc sinon des collaborateurs, du moins des fêtards qui mènent grande vie sous le regard des forces allemandes omniprésentes bien que discrètes, alors que la majorité du pays vit dans le besoin et la souffrance.

    Pendant le prélude, Violetta titubante et livide, entre dans le hall de l’hôtel un foulard sur la tête, on comprendra pourquoi lors de la dernière scène qui est la suite immédiate de ce prologue. Tout le reste, depuis le I, se déroule en flash-back dans la mémoire de l’héroïne, qui revit sa rencontre avec Alfredo et toute leur histoire.

    Nadine Duffaut respecte scrupuleusement le livret et, pour l’essentiel, sa Traviata est d’autant plus efficace que les superbes décors d’Emmanuelle Favre et les costumes « d’époque » de Gérard Audier (les toilettes de Violetta sont magnifiques) nous installent dans les lieux et l’atmosphère de ces années noires et dramatiques, vues dans un monde de frivolité.

    Dommage seulement qu’elle n’ait pas osé aller au bout de sa démarche et que le contexte historique et même la référence au n° 26 (rue Lauriston, siège de la Gestapo) reste in fine anecdotique.

    Si quelques brassards SS se mêlent aux convives, il aurait peut-être fallu que le baron devienne un officier allemand pour justifier de façon évidente qu’au dernier tableau Violetta se retrouve dans sa chambre la chevelure tailladée, comme un pauvre moineau déplumé, en référence aux images d’actualité de femmes tondues à la Libération, projetées pendant le carnaval.

    Dans ce contexte, la Traviata meurt finalement plus de désespoir et de honte que de maladie. Seule faute véritable : inviter la jeune sœur d’Alfredo accompagnant son père de manière insistante et répétitive, ce qui non seulement n’apporte rien, mais dénature le tête-à-tête avec Germont.

    Depuis Orange, comme on l’avait noté en septembre à Paris pour son concert des Grandes Voix, la voix de Patrizia Ciofi s’est corsée, elle a pris de l’ampleur dans le médium et même dans l’aigu, avec une palette de couleurs encore plus variée.

    Conférant à son personnage un volontarisme et une fébrilité nouvelles, tout en gardant sa fragilité, le personnage gagne encore en intensité et en expressivité. Le public fait d’ailleurs un triomphe mérité à celle qui est probablement la meilleure Traviata du moment.

    Physique avantageux de bel hidalgo, timbre chaud, voix généreuse, Ismail Jordi est un Alfredo vaillant, scéniquement impulsif et plutôt nigaud. Marc Barrard campe un Germont coincé, vocalement sonore mais raide et peu verdien. Tous les seconds rôles sont excellents, avec mention à la Flora de Letitia Singleton.

    Chœurs et orchestre sont remarquables sous la direction alerte, tonique, généreuse mais toujours nuancée de Luciano Acocella qui respire avec la partition de Verdi.




    Opéra-Théâtre, Avignon
    Le 25/11/2012
    Monique BARICHELLA

    Reprise de la Traviata de Verdi dans la mise en scène de Nadine Duffaut, sous la direction de Luciano Acocella à l’Opéra-Théatre d’Avignon.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    La Traviata, opéra en trois actes (1853)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après la Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils

    Chœur de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse
    Orchestre lyrique de Région Avignon-Provence
    direction : Luciano Acocella
    mise en scène : Nadine Duffaut
    décors : Emmanuelle Favre
    costumes : Gérard Audier
    éclairages : Jacques Chatelet
    préparation des chœurs : Aurore Marchand

    Avec :
    Patrizia Ciofi (Violetta), Ismael Jordi (Alfredo), Marc Barrard (Germont), Laetitia Singleton (Flora Bervoix), Ludivine Gombert (Annina), Raphaël Bremard (Gastone), Jean-Marie Delpas (le Baron Douphol), Christophe Gay (le Marquis d’Obigny), Luc Bertin-Hugault (le docteur Grenvil).

     



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