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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Nouvelle production d’Un chapeau de paille d’Italie de Nino Rota dans une mise en scène de Patrice Caurier et Moshe Leiser et sous la direction de Giuseppe Grazioli à Angers Nantes Opéra.

Nino Rota redécouvert
© Jef Rabillon

Alors que la pièce Un chapeau de paille d’Italie revisitée par Giorgio Barberio Corsetti fait un tabac à la Comédie française, Angers Nantes Opéra révèle au public de l’Hexagone le rarissime Il Cappello di paglia di Firenze, opéra à part entière signé Nino Rota, le compositeur de Fellini, avec une verve rossinienne réjouissante.
 

Théâtre Graslin, Nantes
Le 27/11/2012
Monique BARICHELLA
 



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  • Avec notre Maurice Jarre et peut-être Dimitri Tiomkin (le Train sifflera trois fois ; Alamo) et Max Steiner (Autant en emporte le vent), Nino Rota est sans doute le plus célèbre des compositeurs du cinéma classique. À son actif, tous les grands Fellini : la bande son de la Strada ou de la Dolce vita sont même totalement inséparables des images pour tous les cinéphiles.

    Mais on lui doit aussi les partitions de Rocco et ses frères et du Guépard de Visconti, de Plein soleil de René Clément et du Parrain de Francis Ford Coppola. Une activité prolifique au Septième art a sans doute occulté l’œuvre classique de Nino Rota dans la musique sacrée, l’oratorio et l’opéra, depuis Il Principe porcaro (1928) jusqu’à Napoli milionaria (1977, deux ans seulement avant sa disparition).

    Son opéra le plus connu est néanmoins Il Cappello di paglia di Firenze, créé à Palerme en 1955 puis représenté à la Piccola Scala de Milan de 1957 à 1959 dans une mise en scène de Giorgio Strehler. L’ouvrage a également été monté par Pier Luigi Pizzi à Reggio Emilia en 1987 et à la Scala en 1998 avec un Juan Diego Flórez encore inconnu dans le rôle de Fadinard.

    Éminent musicien traditionnel se situant dans la lignée de Rossini et du Verdi comique, deux références largement perceptibles dans son Chapeau de paille d’Italie, dont il a cosigné le livret judicieusement adapté et resserré de la célèbre pièce d’Eugène Labiche, Rota a aussi été directeur du Conservatoire de Bari, de 1950 à sa mort, et le professeur de Riccardo Muti.

    Sans doute, son style musical était-il en décalage avec les tendances avant-gardistes ou modernistes de son époque, ce qui explique peut-être qu’il ait été davantage reconnu dans le monde du cinéma que dans celui de l’opéra où l’on semble petit à petit le découvrir. Pourtant, contrairement à Korngold exilé aux États-Unis se consacrant à la musique de film pour subsister, il assumait sa carrière sans complexe.

    Un an très exactement après le centenaire de la naissance de Nino Rota (décembre 1911), passé inaperçu même en Italie, Angers Nantes Opéra propose un spectacle festif au Théâtre Graslin, avant de le donner à Angers à la mi-décembre.

    Dès l’ouverture, on est conquis par la verve rossinienne d’une partition colorée, pimpante, dont la ligne mélodique et le rythme soutenu collent parfaitement à l’enchaînement endiablé des situations. La filiation avec Falstaff et Gianni Schicchi coule de source, d’autant qu’à la tête d’un orchestre idéalement aérien et expressif, la direction subtile et enlevée de Giuseppe Grazioli privilégie aussi l’ironie de la musique.

    Très homogène, le plateau rend justice à un ouvrage très bien écrit pour les voix. Philippe Talbot est parfait dans le rôle majeur de Fadinard. Elena Zilio est une Baronne croustillante et Claudio Otelli, Beauperthuis falstaffien, fait une composition mémorable. Unique bémol vocal, Elzbieta Szmytka (Anaïde, la dame au chapeau de paille).

    Dans des jolis décors habiles de Christian Fenouillat, Patrice Caurier et Moshe Leiser signent une mise en scène classique et efficace, respectant impeccablement le rythme musical. Les faux nez dont sont affublés tous les protagonistes confèrent aux personnages un look de marionnettes accentué par une gestuelle mécanique stéréotypée, style Guignol ou Muppet Show. La seconde partie, où interviennent de nombreux personnages et les chœurs, est débridée et nettement plus inventive.

    Alors que le spectacle décalé, quasiment surréaliste proposé par la Comédie française avec une troupe épatante tourne à la (fausse) comédie musicale avec le rajout de (trop) nombreuses chansons qui coupent le rythme et rendent la soirée bien longue, le métier et l’inspiration de Nino Rota préservent totalement le génie théâtral de Labiche, tout en s’inscrivant dans la meilleure des traditions lyriques.




    Théâtre Graslin, Nantes
    Le 27/11/2012
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production d’Un chapeau de paille d’Italie de Nino Rota dans une mise en scène de Patrice Caurier et Moshe Leiser et sous la direction de Giuseppe Grazioli à Angers Nantes Opéra.
    Nino Rota (1911-1979)
    Il Cappello di paglia di Firenze, opéra en quatre actes (1955)
    Livret d’Ernesta Rinaldi d’après la pièce le Chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche et Marc-Michel

    Chœur d’Angers Nantes Opéra
    Orchestre national des Pays de la Loire
    direction : Giuseppe Grazioli
    mise en scène : Patrice Caurier & Moshe Leiser
    décors : Christian Fenouillat
    costumes : Agostino Cavalca
    éclairages : Christophe Forey
    préparation des chœurs : Sandrine Abello

    Avec :
    Philippe Talbot (Fadinard), Hendrickje Van Kerckhove (Elena), Peter Kalman (Nonancourt), Boris Grappe (Emilio), Elzbieta Szmytka (Anaïde / la Modiste), Claudio Otelli (Beauperthuis), Elena Zilio (la Baronne), Beau Palmer (Vézinet), Emmanuele Giannino (Achile de Rosalba / Felice), Jean-Louis Meunier (un garde / Minardi), Guy-Étienne Giot (le Caporal).

     



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