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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2019

Nouvelle production de la Flûte enchantée de Mozart dans une mise en scène de Mariame Clément et sous la direction de Theodor Guschlbauer à l’Opéra du Rhin.

Une flûte désenchantée
© Alain Kaiser

Guère de magie ou d’atmosphère féerique dans la nouvelle Flûte enchantée de l’Opéra du Rhin, confiée à l’imagination d’une Mariame Clément creusant non sans intérêt dans la veine du désenchantement de l’humanité face à la science. Un propos que vient achever la baguette à la raideur rédhibitoire de Theodor Guschlbauer, annihilant tout merveilleux.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 07/12/2012
Yannick MILLON
 



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  • Il en faut, des efforts, pour tuer dans l’œuf toute fĂ©erie, toute grâce enfantine dans la FlĂ»te enchantĂ©e. C’est pourtant le cas dans la nouvelle production de l’OpĂ©ra du Rhin, tant la baguette raide comme la justice de Theodor Guschlbauer, qui bâtonne tout son saoul en cassant chaque Ă©bauche de phrasĂ©, ruine un spectacle oĂą personne n’aura droit Ă  la souplesse.

    La seule vertu musicale de ce Mozart haché menu est une précision rythmique infaillible, une mise en place impeccable dans les ensembles, Knaben comme Damen. Pour le reste, de l’ouverture, angoissante de verticalité, jusqu’à ce quintette du I mécanique et le cœur sec, point de merveilleux ou d’atmosphères maçonniques.

    Le plateau s’en ressent forcément, et il n’est que le Papageno à la Hermann Prey, élégiaque, touchant de douceur de Paul Armin Edelmann, fils du regretté Otto, inconnu dans nos frontières et semble-t-il fort fêté dans sa Vienne natale – un atout certain pour cet emploi si viennois –, pour s’octroyer le sourire, la tendresse, avec un art de conteur qu’ignorent ses compagnons d’infortune.

    Le ténor clair et élégant de Sébastien Droy semble atteindre en Tamino une limite en largeur qu’on n’avait pas soupçonnée dans ses emplois italiens. Et si le vibrato serre, si la projection reste ténue, n’en demeure pas moins une réelle intelligence musicale, un sens de la phrase et un legato remarquables.

    Difficile toutefois d’atteindre à la félicité totale face à la vocalité chaotique d’Olga Pasichnyk, Pamina hirsute, voix serrée aux aigus tantôt durs, tantôt hululés, et toujours bien anecdotique dans les phrases merveilleuses conçues pour l’un des plus beaux rôles mozartiens.

    © Alain Kaiser

    Entourage variable de surcroît, entre un Sprecher (Raimund Nolte) à la belle présence, des Damen précises, loin des pseudo-Walkyries entendues partout, un Monostatos (Adrian Thompson) mordant, passionnant de couinements, et une Reine de la nuit (Susanne Elmark) très insuffisante – médium inexistant, format riquiqui –, un Sarastro (Bálint Szabó) auquel manque une bonne tierce à la cave.

    Dans d’autres conditions, la mise en scène philosophique de Mariame Clément s’épanouirait, mais la rigidité environnante en renforce l’austérité. Pourtant, la scénographie de Julia Hansen laisse une empreinte durable, entre herbes folles post-apocalyptiques et fougères remisées dans les boiseries d’un laboratoire d’histoire naturelle.

    La dialectique entre le monde naturel de la Reine de la Nuit et le monde des Lumières de Sarastro est d’une Ă©vidente pertinence, occasionnant ici ou lĂ  un Ă©clair de poĂ©sie – la « boĂ®te Ă  Pamina Â», le loup, le fond de scène du I – ou un trait d’humour – le toboggan du II, le jeu sur les langues.

    Seulement, le propos sur l’univers scientiste de Sarastro a essaimé aux quatre coins de l’Europe lyrique, et malgré quelques clins d’œil au monde du cinéma – le décor initial en hommage à Tarkovski, un Monostatos comme sorti d’un Leos Carax –, la magie peine à opérer, et demanderait une équipe musicale plus avenante.

    Une reprise mieux distribuée et surtout mieux dirigée serait sans doute salutaire.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 07/12/2012
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de la Flûte enchantée de Mozart dans une mise en scène de Mariame Clément et sous la direction de Theodor Guschlbauer à l’Opéra du Rhin.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes (1791)
    Livret d’Emanuel Schikaneder

    Chœurs de l’Opéra national du Rhin
    Orchestre symphonique de Mulhouse
    direction : Theodor Guschlbauer
    mise en scène : Mariame Clément
    décors et costumes : Julie Hansen
    Ă©clairages : Marion Hewlett
    vidéo : fettFilm
    préparation des chœurs : Michel Capperon

    Avec :
    Bálint Szabó (Sarastro), Susanne Elmark (Reine de la nuit), Sébastien Droy (Tamino), Olga Pasichnyk (Pamina), Paul Armin Edelmann (Papageno), Gudrun Sidonie Otto (Papagena), Adrian Thompson (Monostatos), Anneke Luyten (Première Dame), Aline Martin (Deuxième Dame), Eve-Maud Hubeaux (Troisième Dame), Raimund Nolte (l’Orateur / Deuxième Homme en armes), Mark Van Arsdale (Premier Prêtre / Premier Homme en armes), Jean-Gabriel Saint-Martin (Deuxième Prêtre).

     



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