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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

Nouvelle production d’Ariane et Barbe-Bleue de Dukas mise en scène par Lilo Baur et sous la direction de Daniel Kawka à l’Opéra de Dijon.

Des ténèbres au plein midi

Sage mise en scène pour l’Ariane et Barbe-Bleue audacieusement programmée par l’Opéra de Dijon, qui donne, grâce à la baguette de Daniel Kawka, sa richesse à un ouvrage encore trop méconnu. Une production où l’orchestre captera toute l’attention, en raison d’une diction française comme toujours défaillante dans l’unique opéra de Dukas.
 

Auditorium, Dijon
Le 11/12/2012
Yannick MILLON
 



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  • Finira-t-on par se faire une raison ? Faut-il qu’à chaque nouvelle confrontation avec l’Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, on accepte de ne pas quitter des yeux le surtitrage pour en saisir les mots et la richesse du livret de Maeterlinck ? Si l’on en juge par nos trois expĂ©riences les plus rĂ©centes, Ă  l’OpĂ©ra Bastille, Ă  la salle Pleyel, et cette fois Ă  l’Auditorium de Dijon, on serait tentĂ© de baisser les bras.

    Et pourtant, contrairement aux deux précédentes exécutions, on se réjouissait d’une distribution ne comptant que des natifs, à l’exception de l’Ariane anglophone, comme son nom ne l’indique pas, de Jeanne-Michèle Charbonnet. On en vient à mettre en cause les méfaits de la technique de chant américaine, friande de voyelle vague et désormais généralisée.

    Au surplus, les ravages de l’hiver auront valu un refroidissement aux deux rôles-clé de la Nourrice et d’Ariane. Difficile donc de juger convenablement une Delphine Haidan pourtant guère différente du souvenir de Pleyel, et une Jeanne-Michèle Charbonnet conforme à toutes ses dernières apparitions, médium blindé mais aigu vertigineux de vibrato et d’instabilité.

    Parmi les libérées, Carine Séchaye affiche un beau potentiel en Sélysette, timbre bien concentré, face au petit rai de lumière ravissant de la Mélisande d’Emmanuelle de Negri, tandis qu’on pardonnera à Damien Pass de ne guère marquer le rôle on ne peut moins exposé de Barbe-Bleue.

    Les chœurs, parfaitement incompréhensibles eux aussi, restent cantonnés à la fonction coloriste, à la nappe sonore enrichissant une texture orchestrale absolument captivante. Car la direction de Daniel Kawka accomplit de nouveau des miracles dans la fosse dijonnaise, transcendant comme jamais l’Orchestre Dijon Bourgogne, ce soir ouvragé, solide et parfaitement homogène.

    Fort d’un éventail dynamique aussi large que l’ouverture de scène, appuyé sur une acoustique de rêve dont il domestique les possibilités – des silences calés à la perfection sur la résonance –, le chef français aborde la partition en nuancier de climats, des étranges mixtures d’orgue brucknériennes initiales à la fièvre exploratrice des portes, des glauques souterrains dans la lignée des étendues lacustres du Pelléas de Karajan à une conclusion du II aveuglante de lumière, annonçant le Saint François de Messiaen.

    Cette variété d’atmosphères – le prélude du III, véritable manteau d’arlequin – permettant de creuser la donnée psychologique, jamais on n’avait senti à ce point chez les filles d’Orlamonde la peur teintée de dévotion à l’égard du tyran meurtri, leur hésitation et leur fidélité à Barbe-Bleue, leur incapacité à le quitter, traduite à merveille par des tenues de cordes impalpables, nimbées de tristesse.

    Un accomplissement orchestral rehaussant le sobre premier degré de la mise en scène symboliste de Lilo Baur, très décemment dirigée quant au jeu scénique, illustrant de belle manière grâce à des panneaux pivotants le jeu des portes, et dont l’immense plafond descendu des cintres insinuant des ténèbres suffocantes se fera un instant ouverture vers le plein soleil de midi.




    Auditorium, Dijon
    Le 11/12/2012
    Yannick MILLON

    Nouvelle production d’Ariane et Barbe-Bleue de Dukas mise en scène par Lilo Baur et sous la direction de Daniel Kawka à l’Opéra de Dijon.
    Paul Dukas (1865-1935)
    Ariane et Barbe-Bleue ou la DĂ©livrance inutile, conte en trois actes (1907)
    Livret de Maurice Maeterlinck

    Chœur de l’Opéra de Dijon
    Orchestre Dijon Bourgogne
    direction : Daniel Kawka
    mise en scène : Lilo Baur
    décors : Sabine Theunissen
    costumes : Greta Goiris
    Ă©clairages : Gilles Gentner
    préparation des chœurs : Mihàly Zeke

    Avec :
    Jeanne-Michèle Charbonnet (Ariane), Damien Pass (Barbe-Bleue), Delphine Haidan (La Nourrice), Carine Séchaye (Sélysette), Gaëlle Méchaly (Ygraine), Emmanuelle De Negri (Mélisande), Daphné Touchais (Bellangère), Erifili Stefanidou (Alladine), François Echassoux (le vieux paysan), Jean Fischer (deuxième paysan), Jocelyn Desmares (troisième paysan).

     



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