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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2020

Don Giovanni au Festival de Salzbourg

Les vingt-quatre heures de Don Giovanni

L'an passé, la mise en scène de Luca Ronconi pour Don Giovanni n'avait pas convaincu. Repensée et appuyée cette année d'un nouveau chef – Valery Gergiev- et d'une distribution sans failles, elle trouve sa propre dimension, plus giocoso que dramma.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 14/08/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Avant tout homme de théâtre, le metteur en scène Luca Ronconi sait surprendre dès qu'il aborde l'opéra. Ainsi de Don Giovanni, fait-il paradoxalement un hommage au cinéma italien si l'on en juge à la dégaine des personnages : Masetto est un garagiste, Don Giovanni arrive dans une grosse cylindrée en panne, alors Detlef Roth - Masetto plus vraie nature - ôte sa veste de marié et répare l'auto, pendant que Don Giovanni fait la cour à Zerline, à laquelle Sophie Koch prête son charme et son humour. Bientôt enceinte, elle aura trois enfants de Masetto, à l'issue du repas de Don Giovanni, dont elle s'empresse de ramasser les reliefs pour sa petite famille.

    Ronconi confère à Don Giovanni l'unité de temps chère au théâtre classique : tout se passe d'une nuit à l'autre, la première s'achève quand meurt le Commandeur, la nuit suivante commence quand Don Giovanni meurt. Or ces vingt-quatre heures de la vie d'un homme sont pour Ronconi le procès d'une société. Les personnages sont jeunes au lever du rideau, ils sont chenus, appuyés sur des cannes ou en voiture de handicapé au final. Avec au gré des scènes, ponctuant le décor, une ou plusieurs horloges, montres, ou morbiers


    Cette lecture se fait donc à plusieurs niveaux, et il faut toute la musicalité dramatique de Valery Gergiev pour nouer les fils de l'histoire. Mais ce n'est pas si facile, et il y a bien quelques décalages entre la fosse et la scène. L'an dernier, la mise en scène de Ronconi n'avait guère convaincu. Repensée, adaptée à une nouvelle distribution, soutenue par un chef d'orchestre à la veine théâtrale affirmée, elle emporte désormais l'adhésion et le public de sourire, d'éclater de rire, car s'il y a des scènes d'une cruauté rare, il y en a d'autres désopilantes.

    Renée Fleming renoue avec les Donna Anna du passé, avec sa ligne de chant incomparable. Marina Mescheriakova est hystérique à faire pleurer de rire, mais n'en chante pas moins bien. René Pape, en Leporello, lui fait une cour de faux grand seigneur qui ne manque pas de sel. Et pour couronner le tout, Ferruccio Furlanetto trompe son monde avec une aisance d'Italien roublard. Tout est conséquent : on retrouve toutes les stars du néo-réalisme. Et Mozart n'y perd rien.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 14/08/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Don Giovanni au Festival de Salzbourg
    Don Giovanni de W.A. Mozart

    Direction musicale : Valery Gergiev
    Mise en scène : Luca Ronconi
    Décors : Margherita Palli
    Costumes : Marianne Glittenberg
    Chorégraphie : Giuseppe Frigeni

    Avec Ferruccio Furlanetto (Don Giovanni), Robert Lloyd (le Commandeur), Renée Fleming (Donna Anna), Marina Mescheriakova (Donna Elvira), Sophie Koch (Zerline), Charles Workman (Ottavio), René Pape (Leporello), Detlef Roth (Masetto).

     


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