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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Eliahu Inbal, avec la participation du violoncelliste Marc Coppey à la salle Pleyel, Paris.

Ampleur visionnaire

La Deuxième Symphonie d’Anton Bruckner se révèle dans toute son ampleur sous la direction d’Eliahu Inbal, maître d’un Orchestre philharmonique de Radio France voué à la projection inspirée de l’œuvre monumentale. Marc Coppey avait auparavant donné au Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar les couleurs d’un lyrisme éloquent.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 14/12/2012
Claude HELLEU
 



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  • Elle n’est pas la plus célèbre. Rarement programmée en concert, la Symphonie n° 2 d’Anton Bruckner ne bénéficie pas non plus d’enregistrements aussi nombreux que ses sœurs. À la tête de l’Orchestre philharmonique de Radio France, Eliahu Inbal nous convie à une découverte de même fascinante pour ceux qui la connaissaient et l’entendent alors dans son interprétation.

    Habitée du Moderato d’ouverture au Finale qui en exalte des réminiscences, l’œuvre déroule ce soir une trajectoire évidente. Une heure d’écoute sans faille répond aux critiques de ses longueurs, devenues richesses aux multiples nuances sous la baguette d’un chef dont la connaissance des grandes symphonies ne cesse d’approfondir l’exigence.

    Sous sa direction, l’inspiration de Bruckner, profane ou sacrée, prend une dimension visionnaire. Dès les premières mesures, les violoncelles expriment la gravité d’un questionnement auquel participent la trompette puis les bois. Un crescendo fulgurant nous saisit avant une première pause qui n’est en rien une rupture, et toutes les pauses de l’immense symphonie seront de même des respirations nécessaires à l’envergure d’un souffle épique hors du commun.

    Le cor solo du Philharmonique y tient une place particulièrement remarquable, héros dont la voix s’impose au fil des mouvements. Basson de même expressif, clarinette émouvante, cuivres clairs servent la méditation de l’Adagio porté par des cordes qui ne cessent de perfectionner leur homogénéité – pupitres de cordes glorifiés par Bruckner dans une citation du Benedictus de sa Messe en fa mineur, intermède d’une calme douceur.

    Envol du Scherzo, rythmes terriens, chant des altos, rejoints par les seconds violons, les clarinettes, les violoncelles. Le geste économe et précis, Eliahu Inbal mène fusion et contrastes charnels. Energique, impétueuse, la vitalité est don du Ciel.

    Finale d’une clarté lumineuse. L’Ostinato y interpelle et grise l’auditeur, les attaques rompent des silences emplis d’harmonies. Cavalcade et crescendo de l’orchestre galvanisé par son chef fusionnent vers l’apothéose de cette aventure magnifiquement vécue, tracée d’une ligne sans rature aux pleins et déliés superbement calligraphiés.

    Le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar n’est pas non plus une œuvre des plus populaires. Grâce à Marc Coppey, nous pénétrons son lyrisme dès les premiers accords d’un Adagio aux couleurs automnales. L’amplitude du phrasé, sa rectitude et l’agilité de l’archet ressuscitent les évocations souriantes mais disparues d’un homme chargé de souvenirs, aux sourires et regrets teintés d’une mélancolie que n’alourdit pas le moindre excès d’expressivité.

    Dense et condensée, celle-ci compense la désolation du deuxième mouvement, ô combien Lento. De tout son talent, le soliste plonge dans sa grisaille pour en éclairer les ombres. La plénitude de sa sonorité mêle tendresse et tristesse pour le meilleur de la première dans un troisième mouvement à nouveau Adagio.

    Le rythme d’un mouvement perpétuel venu alléger une gravité devenue pessimisme malgré quelques sursauts et rébellions sobrement soulignés, l’énergie d’un Allegro final aux élans combatifs, finalement triomphants et abruptement conclus, déroulent leurs épisodes romanesques également loin de toute complaisance sentimentale.

    Accompagné d’un chef attentif à la prépondérance de son soliste, Marc Coppey aura serti au plus près de son émotion l’âme tourmentée de ce concerto.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 14/12/2012
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Eliahu Inbal, avec la participation du violoncelliste Marc Coppey à la salle Pleyel, Paris.
    Edward Elgar (1857-1934)
    Concerto pour violoncelle en mi mineur op. 85
    Marc Coppey, violoncelle
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 2 en ut mineur
    Version de 1877, édition Nowak
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Eliahu Inbal

     


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