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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Concert Wagner du Chœur et de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Marek Janowski à la salle Pleyel, Paris.

Wagner en gloire

Magnifique concert en ce début d’année pour célébrer l’anniversaire de la naissance de Richard Wagner il y a deux siècles. Sous la direction de Marek Janowski, un chef qui connaît chaque phrase de l’œuvre du compositeur allemand, le programme bénéficie d’un enchaînement savamment choisi et d’une interprétation envoûtante.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 04/01/2013
Claude HELLEU
 



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  • Tempête. Mer en folie. Sonneries des cuivres dominant les rafales. Decrescendo et mystère d’un appel émergeant des flots. Voiles gonflées, mer soulevée, cordes galvanisées, le navire du Hollandais volant condamné à l’errance pour avoir défié Dieu s’approche.

    Marek Janowski et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, tous pupitres survoltés, nous emportent dans l’ouragan qui l’amène. Il ne saurait y avoir plus dynamique ouverture à l’année du bicentenaire de la naissance de Richard Wagner, plus magnifique ouverture à son premier concert que cette ouverture du Vaisseau fantôme.

    Murmure des violons. Sonorités magiques. Atmosphère émerveillée du prélude de l’acte I de Lohengrin, ce mystérieux chevalier tombé du ciel, aussi romanesque et tourmenté que son prédécesseur dans son errance hantée mais de toute autre manière – encore que leur quête de l’amour cherche pareillement la femme capable de ne pas se soucier de leur passé.

    Maître des crescendos et decrescendos du compositeur, de son lyrisme ici presque immatériel, Marek Janowski guide de sa main infaillible l’orchestre dont il a soutenu la progression de 1984 à 2000. Enchaînement de ce Prélude à celui de l’acte III, celui-ci triomphal. Marche nuptiale aux sonorités cuivrées dominées par les cors.

    Le Chœur de Radio France exalte l’amour et le bonheur du couple charmant. Effusion amoureuse de Lohengrin et de sa jeune épousée, loin du monde, dans une paix profonde, seuls tous deux. Stephen Gould, le nez sur sa partition, la voix peu homogène, n’a pas la présence d’Annette Dasch.

    Celle-ci, timbre chaud et voix précise, est Elsa, jouant un rôle qu’elle sait par cœur et maîtrise naturellement, aussi bien dans ses effusions que dans l’affrontement qui peu à peu nait de sa curiosité. Le déséquilibre des interprètes se résorbe alors quelque peu. Jusqu’au long silence de la partition quand le bonheur s’avère impossible… Silence si bellement habité que pas un bruit ne s’entend dans une salle Pleyel comble.

    Autre ouverture après l’entracte, celle de Tannhäuser. Évasion au Venusberg. Mysticisme vaincu par la sensualité. Orgie lumineuse de l’orchestre. La gestique sobre et intensive, Marek Janowski nous enivre de ses éclats, de ses couleurs, de ses évocations lascives…

    Huysmans l’a justement écrit, « les volutes des nuées prennent des formes tourmentées de hanches et palpitent avec d’élastiques gonflements de gorge… des appels de stridentes lubricités, des élans d’au-delà charnel jaillissent de l’orchestre… » Voix de femmes au loin, harpe enchanteresse, l’audace de cette musique émerveille jusqu’à son dernier soupir.

    Et c’est de Tristan et Isolde le prélude et la Mort d’Isolde. L’an dernier, à la tête de son orchestre berlinois, le Rundfunk-Sinnfonieorchester Berlin, le chef allemand, grand Wagnérien entre tous, en avait donné une interprétation inoubliable avec Nina Stemme.

    Avec le Philharmonique et Violeta Urmana, l’émotion ce soir se renouvelle teintée d’un léger regret que la soprano soit seulement parfaite quand elle se lève et chante parmi les cordes un feu demeuré doux, un transport demeuré calme.

    Autour de la soprano, c’est Marek Janowski qui insuffle à ses musiciens cette prodigieuse montée d’intensité du désir à la mort et l’extase, sans que jamais faiblisse le souffle de l’immense inspiration à tout jamais ouverte sur l’infini.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 04/01/2013
    Claude HELLEU

    Concert Wagner du Chœur et de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Marek Janowski à la salle Pleyel, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Le Vaisseau fantôme, ouverture
    Lohengrin, prélude à l’acte I, prélude et scènes 1 et 2 de l’acte III
    Annette Dasch, soprano
    Stephen Gould, ténor
    Tannhäuser, ouverture et Venusberg
    Version de Paris
    Tristan et Isolde, prélude et Mort d’Isolde
    Violetta Urmana, soprano
    Chœur de Radio France
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Marek Janowski

     


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