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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Troisième concert de la série Pollini Perspectives à la salle Pleyel, Paris.

Pollini face au Jack Quartet
© Julien Mignot

Un public de fans assiste religieusement à chaque récital du pianiste italien Maurizio Pollini. Vendredi dernier, dans un Pleyel bondé, le musicien parut en méforme physique avant de gagner le clavier. Cela ne l’a pas empêché de mettre en perspective un Beethoven sensuel face à la musique d’Helmut Lachenmann jouée par le Jack Quartet.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 18/01/2013
Nicole DUAULT
 



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  • La confrontation, dans un même concert, d’un compositeur classique et de contemporains : tel est le concept que développe Pollini depuis des années sous le titre de Pollini Perspectives. En 2011, il avait associé des sonates de Beethoven à des pièces de Manzoni et Stockhausen.

    Pour ce concert du 18 janvier, il met en perspective l’Allemand Helmut Lachenmann, né en 1935, avec Beethoven dont il avait prévu d’interpréter deux œuvres de la maturité, les Sonates n° 28 et 29. Fatigué, le pianiste a renoncé et préféré des œuvres de jeunesse, la Quatrième Sonate, puis la Huitième, qu’il avait « plus dans les doigts ».

    En traversant le plateau d’un pas hésitant, le public qui emplit Pleyel ressent la méforme physique du pianiste de 71 ans. Devant l’instrument qui porte en lettres blanches sa signature plus visible que la marque Steinway, il paraît pourtant transfiguré.

    Chantonnant tout au long de l’exécution de la Quatrième Sonate, Pollini fait ressortir les structures, les contrastes et la fluidité de cette ample pièce de trente minutes. De la Pathétique, il donne ensuite une interprétation à la fois lumineuse, intériorisée et théâtrale, tout à fait exemplaire par son jeu aérien et sensuel.

    Un frémissement parcourt également le quatuor à cordes Grido, écrit par Helmut Lachenmann (76 ans) en 2001 pour l’ensemble des Arditi. Cette œuvre est sans concession, complexe, pleine de murmures, d’ombres et d’étonnants coups d’archets frottés contre le corps des instruments. C’est au jeune ensemble Jack Quartet que Pollini a confié cette exécution.

    Les Jack sont encore peu connus en France. Ils sont venus en 2011 aux Flâneries de Reims et en septembre 2012 au festival Musica de Strasbourg. Spécialistes de musique contemporaine et notamment de Xenakis dont ils ont gravé l’œuvre entier, ils se sont rencontrés à l’Eastman School of music de Rochester et ont travaillé avec le Kronos Quartet. Leur virtuosité explosive impose les subtilités délicates et difficiles de Lachenmann.

    Un quatrième concert du cycle Pollini Perspectives aura lieu le 18 mars avec les trois dernières sonates de Beethoven confrontées à une œuvre créée spécialement pour Maurizio Pollini par le compositeur Salvatore Sciarrino.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 18/01/2013
    Nicole DUAULT

    Troisième concert de la série Pollini Perspectives à la salle Pleyel, Paris.
    Helmut Lachenmann (*1935)
    Quatuor à cordes n° 3, « Grido »
    Jack Quartet
    Ari Streisfeld, violon I
    Christopher Otto, violon II
    John Pickford, alto
    Kevin Mc Farland, violoncelle
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n° 4 op. 7
    Sonate pour piano n° 8 op. 13 « Pathétique »
    Maurizio Pollini, piano

     


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